On peut constituer un erouv ou une association de ruelle avec toutes sortes d’aliments sauf l’eau et le sel. Tout aliment peut être acheté avec l’argent de la seconde dîme sauf eau et sel. Celui qui fait vœu de s’abstenir de nourriture reste autorisé à l’eau et au sel. On peut constituer un erouv pour un nazir avec du vin et pour un Israélite avec de la terouma ; Symmaque exige pour l’Israélite des produits profanes. Pour un prêtre, l’erouv peut être placé dans un beit peras ; Rabbi Yehouda permet même un cimetière, parce que le prêtre peut techniquement demeurer à l’extérieur et accéder à la nourriture selon le dispositif envisagé.
Mishnah · Moed · Eruvin
Mishnah Eruvin — chapitre 3
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.
On peut faire un erouv avec du demai, avec une première dîme dont la terouma a été prise, avec une seconde dîme ou un bien consacré déjà rachetés ; un prêtre peut utiliser hallah ou terouma. On ne peut pas utiliser du tevel, une première dîme dont la terouma n’a pas été prise, ni seconde dîme ou bien consacré non rachetés. Celui qui envoie son erouv par un sourd-muet, une personne juridiquement incapable, un mineur ou quelqu’un qui ne reconnaît pas l’institution de l’erouv n’a pas constitué d’erouv ; s’il leur demande de le remettre à une personne apte qui le recevra, l’erouv est valable.
Si l’erouv est placé dans un arbre à plus de dix palmes du sol, il n’est pas valable ; en dessous de dix, il l’est. Placé dans une fosse, même profonde de cent coudées, il est valable. Placé au sommet d’un roseau ou d’une perche détachés du sol puis plantés, même à cent coudées de hauteur, il est valable. Placé dans une armoire dont la clé a été perdue, il reste valable ; Rabbi Eliezer dit que si l’on ne sait pas où se trouve la clé, il ne l’est pas.
Si l’erouv a roulé hors de la limite sabbatique, a été enseveli sous un éboulement, brûlé, ou, s’il était de terouma, est devenu impur : si cela arrive avant la nuit, l’erouv n’est pas valable ; si cela arrive après l’entrée du sabbat, il reste valable. En cas de doute, Rabbi Meïr et Rabbi Yehouda placent la personne dans une situation intermédiaire restrictive, « comme un ânier-chamelier » tiré dans deux directions. Rabbi Yossi et Rabbi Shimon disent qu’un erouv douteux est valable. Rabbi Yossi rapporte qu’Avtolmos témoigna au nom de cinq anciens qu’un erouv douteux est valide.
Une personne peut conditionner son erouv : « Si des troupes étrangères viennent de l’est, mon erouv est à l’ouest ; si elles viennent de l’ouest, il est à l’est ; si elles viennent des deux côtés, j’irai du côté que je choisirai ; si elles ne viennent d’aucun côté, je reste comme les gens de ma ville. » De même : « Si un sage vient de l’est, mon erouv est à l’est ; s’il vient de l’ouest, à l’ouest ; s’il vient des deux côtés, j’irai où je voudrai ; s’il ne vient ni d’un côté ni de l’autre, je reste comme les gens de ma ville. » Rabbi Yehouda dit : si l’un des sages est son maître, il va vers lui ; si les deux sont ses maîtres, il choisit.
Rabbi Eliezer dit : lorsqu’un jour de fête est adjacent au sabbat, avant ou après, une personne peut préparer deux erouv distincts et dire : « Le premier jour, mon erouv est à l’est et le second à l’ouest », ou inversement ; ou encore « le premier jour j’utilise l’erouv, le second je suis comme les gens de ma ville », ou inversement. Les sages disent : soit l’erouv vaut dans une seule direction, soit pas du tout ; soit il vaut pour les deux jours, soit pour aucun. On l’apporte le premier jour, reste près de lui jusqu’à la nuit puis le rapporte ; le second jour on recommence et on peut ensuite le manger. S’il a été mangé le premier jour, il vaut pour le premier mais non pour le second. Rabbi Eliezer leur dit : vous reconnaissez donc que les deux jours sont deux saintetés distinctes.
Rabbi Yehouda dit : à Rosh Hashana, lorsqu’on craignait que le mois précédent soit déclaré intercalaire et que la fête dure deux jours, on pouvait préparer deux erouv et conditionner leur direction séparément pour chacun des jours, ou n’en utiliser qu’un des deux jours. Les sages ne lui donnèrent pas leur accord.
Rabbi Yehouda dit encore : une personne peut faire une condition sur une corbeille de fruits lors du premier jour de fête et la consommer le second. De même, un œuf pondu le premier jour peut être mangé le second. Les sages ne lui donnèrent pas leur accord.
Rabbi Dosa ben Harkinas dit : celui qui dirige la prière à Rosh Hashana dit : « Seigneur notre Dieu, fortifie-nous en ce jour de nouvelle lune, si c’est aujourd’hui ou si c’est demain. » Le lendemain : « si c’est aujourd’hui ou si c’était hier ». Les sages ne lui donnèrent pas leur accord.
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