Un bœuf encorne une vache, et son fœtus est retrouvé à côté d’elle ; on ignore si elle avait mis bas avant d’être encornée ou seulement après. Le propriétaire du bœuf paie la moitié du dommage pour la vache et le quart du dommage pour le fœtus. De même, une vache encorne un bœuf et son veau est retrouvé à côté d’elle ; si l’on ignore si elle avait mis bas avant ou après le dommage, la moitié du dommage est payée sur la valeur de la vache et le quart sur celle du veau.
Mishnah · Nezikin · Bava Kamma
Mishnah Bava Kamma — chapitre 5
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Provenance : texte hébreu de la Mishnah via Wikisource hébraïque, copie figée le 18 septembre 2026. La page source et ses conditions de réutilisation restent la référence de provenance. Aucune traduction moderne n’a servi de pivot.
Un potier fait entrer ses poteries dans la cour d’un propriétaire sans autorisation. Si l’animal du propriétaire les brise, le propriétaire est exempt ; si l’animal se blesse avec elles, le potier est responsable. S’il les a introduites avec autorisation, le propriétaire de la cour est responsable. Il en va de même pour des fruits : s’ils sont introduits sans autorisation et que l’animal du propriétaire les mange, celui-ci est exempt ; si l’animal se blesse à cause d’eux, le propriétaire des fruits est responsable. S’ils ont été introduits avec autorisation, le propriétaire de la cour est responsable.
Un homme introduit son bœuf sans autorisation dans la cour d’autrui. Si le bœuf du propriétaire de la cour l’encorne, ou si son chien le mord, le propriétaire de la cour est exempt. Si le bœuf introduit encorne celui du propriétaire, son maître est responsable. S’il tombe dans la citerne et en gâte l’eau, son maître est responsable. Si le père ou le fils du propriétaire se trouvait dans la citerne et que le bœuf cause sa mort, son maître paie le qopher. Si le bœuf a été introduit avec autorisation, le propriétaire de la cour est responsable. Rabbi dit : dans tous ces cas, il n’est responsable que s’il a expressément accepté d’en assurer la garde.
Un bœuf voulait frapper un autre bœuf, mais frappe une femme enceinte et provoque la perte de l’enfant : son propriétaire est exempt de la valeur des fœtus. Un homme qui voulait frapper son prochain mais frappe une femme enceinte et provoque la perte de l’enfant paie la valeur des fœtus. Comment cette valeur est-elle évaluée ? On estime la différence de valeur de la femme avant et après l’accouchement. Rabban Shimon ben Gamliel objecte : selon cette méthode, une femme vaudrait davantage après avoir accouché. Il faut plutôt estimer la valeur des fœtus eux-mêmes et la verser au mari ; s’il n’y a pas de mari, à ses héritiers. Si la femme était une esclave qui a ensuite été affranchie, ou une convertie sans héritiers concernés par ce droit, il y a exemption.
Celui qui creuse une fosse dans son domaine privé et l’ouvre sur le domaine public, ou qui la creuse dans le domaine public et l’ouvre sur son domaine privé, ou encore qui la creuse dans son domaine privé et l’ouvre sur le domaine privé d’un autre, est responsable. Celui qui creuse une fosse dans le domaine public et qu’un bœuf ou un âne y tombe et meurt est responsable. La même règle vaut pour une fosse, un puits étroit, une grotte, une tranchée ou une cavité. Pourquoi l’Écriture parle-t-elle alors d’une « fosse » ? De même qu’une fosse ayant une profondeur suffisante pour tuer mesure dix téfahim, toute excavation d’au moins dix téfahim engage la responsabilité pour la mort. Si elle est moins profonde et qu’un bœuf ou un âne y tombe et meurt, le responsable est exempt pour la mort ; s’il est seulement blessé, il est responsable.
Une fosse appartient à deux associés. Le premier passe près d’elle sans la couvrir, puis le second fait de même : le second est responsable. Si le premier l’a couverte, puis que le second la trouve découverte et ne la couvre pas, le second est responsable. Si elle a été correctement couverte et qu’un bœuf ou un âne y tombe et meurt, il y a exemption ; si elle n’a pas été correctement couverte, il y a responsabilité. Si l’animal tombe en avant à cause du bruit du creusement, le responsable de la fosse est tenu ; s’il tombe en arrière à cause de ce bruit, il est exempt. Si un bœuf avec son équipement tombe dans la fosse et que l’équipement se brise, ou un âne avec son chargement et que celui-ci se déchire, le responsable paie pour l’animal mais non pour les objets. Si un bœuf sourd, désorienté ou jeune tombe dedans, il est responsable. Si un garçon, une fille, un esclave ou une servante y tombe, il est exempt.
Le même droit vaut pour un bœuf et pour tout autre animal domestique en ce qui concerne la chute dans une fosse, l’interdiction de s’approcher du mont Sinaï, le paiement du double par un voleur, la restitution d’un objet perdu, le déchargement d’un animal, l’interdiction de le museler, les mélanges interdits et le shabbat. Il en va de même des animaux sauvages et des oiseaux. Pourquoi l’Écriture dit-elle donc « un bœuf ou un âne » ? Parce qu’elle parle du cas ordinaire.
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