Une personne ne creuse pas une fosse, un puits étroit, une cave, un canal d’eau ou un bassin de blanchisseur à proximité de l’ouvrage de son voisin sans laisser trois téfahim depuis le mur voisin et sans enduire de chaux. On éloigne également de trois téfahim du mur voisin les résidus d’olives, le fumier, le sel, la chaux et les pierres, avec enduit de chaux. Les semences, le labour et l’urine sont éloignés de trois téfahim. Les meules sont éloignées de trois téfahim depuis la meule inférieure, soit quatre depuis la supérieure ; le four est éloigné de trois téfahim depuis sa base, soit quatre depuis son bord.
Mishnah · Nezikin · Bava Batra
Mishnah Bava Batra — chapitre 2
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Provenance : texte hébreu de la Mishnah via Wikisource hébraïque, copie figée le 18 septembre 2026. La page source et ses conditions de réutilisation restent la référence de provenance. Aucune traduction moderne n’a servi de pivot.
On ne place pas un four dans une maison à moins qu’il y ait quatre coudées de hauteur libre au-dessus. S’il est installé à l’étage, il faut sous lui une couche de trois téfahim ; pour un petit foyer, un téfah. Si le feu cause malgré tout un dommage, l’auteur paie. Rabbi Shimon dit : ces distances n’ont été fixées que pour que, si elles sont respectées, celui qui cause néanmoins un dommage soit exempt de payer.
On n’ouvre pas une boulangerie, un atelier de teinturier ni une étable sous le grenier de son voisin. Pour le vin stocké au-dessus, les sages ont permis la boutique, mais pas l’étable. Dans une cour commune, un voisin peut s’opposer à l’ouverture d’une boutique en disant : « Je ne peux pas dormir à cause du bruit de ceux qui entrent et sortent. » Un artisan peut fabriquer ses objets chez lui puis sortir les vendre au marché ; son voisin ne peut pas s’opposer au bruit normal de son marteau, de sa meule ou des enfants venant apprendre.
Celui qui a son mur proche du mur de son voisin ne construit pas un autre mur contre celui-ci sans laisser quatre coudées. Il laisse aussi quatre coudées autour des fenêtres, au-dessus, au-dessous et en face, afin de ne pas les priver d’usage ou de lumière et de préserver l’intimité.
On éloigne une échelle d’un pigeonnier de quatre coudées afin qu’une mangouste ou martre ne puisse sauter vers les oiseaux. On éloigne un mur d’une gouttière de quatre coudées afin de permettre au propriétaire de dresser son échelle pour l’entretenir. On éloigne un pigeonnier de la ville de cinquante coudées. On n’en établit pas non plus dans son domaine sans disposer de cinquante coudées de terrain dans chaque direction. Rabbi Yehouda exige un espace de quatre kor correspondant à la distance normale de vol du pigeon. Celui qui achète un pigeonnier déjà établi, même avec une surface bien plus petite, le conserve dans son état acquis.
Un jeune pigeon trouvé dans un rayon de cinquante coudées d’un pigeonnier appartient au propriétaire de ce pigeonnier. Au-delà de cinquante coudées, il appartient au trouveur. S’il est trouvé entre deux pigeonniers, il appartient au plus proche ; à égale distance, les deux propriétaires partagent.
On éloigne un arbre de la ville de vingt-cinq coudées ; un caroubier ou un sycomore, de cinquante. Abba Shaoul dit : tout arbre non fruitier, cinquante. Si la ville existait avant l’arbre, on coupe l’arbre sans indemnité. Si l’arbre existait avant la ville, on le coupe mais son propriétaire reçoit une indemnité. En cas de doute sur lequel existait d’abord, on coupe sans indemnité.
On éloigne une aire de battage permanente de la ville de cinquante coudées. On n’en établit pas dans son propre terrain sans disposer de cinquante coudées dans chaque direction, et on l’éloigne suffisamment des plantations et du terrain labouré de son voisin pour éviter les dommages causés par la poussière ou les débris.
On éloigne de la ville de cinquante coudées les cadavres, les cimetières et une tannerie. Une tannerie ne doit être installée qu’à l’est de la ville selon le premier avis. Rabbi Aqiva dit qu’elle peut être installée dans toute direction sauf à l’ouest, à condition de respecter cinquante coudées.
On éloigne un bassin de rouissage de légumes, les poireaux des oignons, et la moutarde des abeilles, lorsqu’ils se nuisent mutuellement. Rabbi Yossi permet le cas de la moutarde près des abeilles.
On éloigne un arbre d’une fosse de vingt-cinq coudées, et un caroubier ou sycomore de cinquante, que l’arbre soit plus haut ou sur le côté. Si la fosse était là la première, le propriétaire de l’arbre coupe et reçoit une indemnité. Si l’arbre était là le premier, il ne coupe pas. En cas de doute, il ne coupe pas. Rabbi Yossi dit : même si la fosse existait avant, il ne coupe pas, car l’un creuse dans son propre terrain et l’autre plante dans son propre terrain.
On ne plante pas un arbre près du champ de son voisin sans laisser quatre coudées, qu’il s’agisse de vignes ou d’un autre arbre. S’il y a une clôture entre les deux, chacun peut planter jusqu’à la clôture de son côté. Si des racines pénètrent dans le champ voisin, le voisin peut les couper jusqu’à une profondeur de trois téfahim afin qu’elles n’entravent pas la charrue. S’il creuse une fosse, un puits étroit ou une cave, il peut couper les racines aussi profondément que nécessaire ; le bois des racines lui appartient.
Un arbre penche sur le champ du voisin : celui-ci peut couper ce qui gêne le passage de la charrue jusqu’à la hauteur de l’aiguillon. Pour un caroubier ou un sycomore, il peut couper à la verticale de la limite. Dans un champ irrigué, il peut couper à la verticale tout arbre qui fait obstacle. Abba Shaoul dit : tout arbre non fruitier est coupé à la verticale.
Un arbre penche sur le domaine public : son propriétaire coupe suffisamment pour qu’un chameau et son cavalier puissent passer. Rabbi Yehouda dit : assez pour un chameau chargé de lin ou de fagots. Rabbi Shimon dit : on coupe tout ce qui dépasse à la verticale, à cause du risque lié à l’impureté transportée ou cachée sous les branches.
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