Des copropriétaires qui souhaitent établir une séparation dans leur cour construisent le mur au milieu. Là où l’usage est de bâtir en pierres brutes, pierres taillées, briques crues épaisses ou briques ordinaires, on suit l’usage local. Pour un mur en pierres brutes, chacun fournit trois téfahim de largeur ; en pierres taillées, deux téfahim et demi ; en briques épaisses, deux téfahim ; en briques ordinaires, un téfah et demi. Par conséquent, si le mur tombe, l’emplacement et les pierres appartiennent aux deux.
Mishnah · Nezikin · Bava Batra
Mishnah Bava Batra — chapitre 1
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Provenance : texte hébreu de la Mishnah via Wikisource hébraïque, copie figée le 18 septembre 2026. La page source et ses conditions de réutilisation restent la référence de provenance. Aucune traduction moderne n’a servi de pivot.
Il en va de même d’un jardin : là où l’usage est de clôturer, on peut contraindre le copropriétaire à participer. Mais dans une plaine où l’usage est de ne pas clôturer, on ne peut pas l’y contraindre. Celui qui veut néanmoins clôturer se retire à l’intérieur de son propre terrain, construit et place un signe extérieur montrant que le mur est à lui ; s’il tombe, l’emplacement et les pierres lui appartiennent. Si les deux ont décidé ensemble de construire, ils bâtissent au milieu et placent un signe des deux côtés ; le mur et son emplacement appartiennent alors aux deux.
Quelqu’un entoure le terrain de son prochain sur trois côtés et construit successivement les trois clôtures : on ne contraint pas le voisin à participer aux frais. Rabbi Yossi dit : s’il se lève ensuite et clôt lui-même le quatrième côté, on lui impute alors sa part dans l’ensemble des clôtures.
Le mur séparant deux cours s’effondre : on peut contraindre chacun à le reconstruire jusqu’à quatre coudées de hauteur. Celui qui affirme avoir déjà payé sa part est présumé avoir payé, jusqu’à preuve du contraire. Au-delà de quatre coudées, on ne peut pas l’y contraindre. Mais s’il construit contre ce mur un autre mur montrant qu’il veut profiter de la partie supérieure, même s’il n’a pas encore posé de plafond, on lui impute alors sa part dans tout le mur. Pour cette partie supérieure, il est présumé ne pas avoir payé jusqu’à ce qu’il prouve le contraire.
Les habitants d’une cour peuvent contraindre chacun à participer à la construction d’un portail d’entrée et d’une porte. Rabban Shimon ben Gamliel dit que toutes les cours ne justifient pas nécessairement un portail. Les habitants d’une ville peuvent aussi contraindre chacun à participer à la construction d’une muraille, de portes et d’une barre. Rabban Shimon ben Gamliel dit que toutes les villes ne justifient pas une muraille. Combien de temps faut-il habiter dans une ville pour être considéré comme un habitant de la ville ? Douze mois. Mais celui qui y achète une maison d’habitation est immédiatement considéré comme habitant.
On ne partage pas une cour entre copropriétaires à moins qu’il reste au moins quatre coudées à chacun. On ne partage pas un champ s’il ne reste pas neuf qab de surface à chacun ; Rabbi Yehouda dit neuf demi-qab. On ne partage pas un jardin s’il ne reste pas un demi-qab à chacun ; Rabbi Aqiva dit un quart de qab. On ne partage pas un grand salon, une salle, un pigeonnier, un vêtement, des bains ou un pressoir à huile à moins que chacun puisse conserver un usage normal de sa part. Règle générale : si après division chaque part conserve le nom et l’usage de l’objet initial, on peut contraindre au partage ; sinon, non. Cela vaut lorsque l’un des deux ne veut pas partager. Si les deux le veulent, ils peuvent partager même en dessous de ces seuils. Les Écritures saintes, toutefois, ne sont pas matériellement partagées même si les deux le souhaitent.
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