Mishnah · Nezikin · Avodah Zarah

Mishnah Avodah Zarah — chapitre 3

Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.

S0 · édition évolutive10 mishnayotHébreu · français

Provenance : texte hébreu de la Mishnah via Wikisource hébraïque, copie figée le 19 septembre 2026. Aucune traduction moderne n’a servi de pivot.

Avodah Zarah 3,1
כל הצלמים אסורים, מפני שהן נעבדין פעם אחת בשנה, דברי רבי מאיר. וחכמים אומרים, אינו אסור אלא כל שיש בידו מקל או צפור או כדור. רבן שמעון בן גמליאל אומר, כל שיש בידו כל דבר.

Rabbi Meïr interdit toutes les statues, parce qu’il suppose qu’elles font l’objet d’un culte au moins une fois par an. Les sages ne les interdisent que lorsqu’elles portent des attributs cultuels précis, tels qu’un bâton, un oiseau ou un globe. Rabban Shimon ben Gamliel élargit à toute statue tenant un objet.

Avodah Zarah 3,2
המוצא שברי צלמים, הרי אלו מותרים. מצא תבנית יד או תבנית רגל, הרי אלו אסורים, מפני שכיוצא בהן נעבד.

Celui qui trouve des fragments de statues peut en tirer bénéfice selon le premier avis. En revanche, une représentation isolée d’une main ou d’un pied est interdite, parce que des formes de ce type peuvent elles-mêmes avoir été adorées.

Avodah Zarah 3,3
המוצא כלים ועליהם צורת חמה, צורת לבנה, צורת דרקון , יוליכם לים המלח. רבן שמעון בן גמליאל אומר, שעל המכובדין, אסורים. שעל המבוזין, מותרין. רבי יוסי אומר, שוחק וזורה לרוח או מטיל לים . אמרו לו, אף הוא נעשה זבל , שנאמר (דברים יג יח) ולא ידבק בידך מאומה מן החרם.

Un ustensile portant une image du soleil, de la lune ou d’un dragon doit être jeté à la mer Morte selon le premier avis. Rabban Shimon ben Gamliel distingue les représentations placées sur des objets honorifiques, interdites, de celles placées sur des objets dégradants, permises. Rabbi Yossi permet de broyer l’objet et de disperser la poussière au vent ou dans la mer ; les sages objectent que cette poussière peut devenir engrais, ce qui constituerait encore un bénéfice de l’objet interdit.

Avodah Zarah 3,4
שאל פרוקלוס בן פלוספוס את רבן גמליאל בעכו, שהיה רוחץ במרחץ של אפרודיטי, אמר לו, כתוב בתורתכם, ולא ידבק בידך מאומה מן החרם, מפני מה אתה רוחץ במרחץ של אפרודיטי. אמר לו, אין משיבין במרחץ. וכשיצא אמר לו, אני לא באתי בגבולה, היא באת בגבולי . אין אומרים נעשה מרחץ לאפרודיטי נוי, אלא אומרים, נעשה אפרודיטי נוי למרחץ. דבר אחר, אם נותנין לך ממון הרבה, אי אתה נכנס לעבודה זרה שלך ערום ובעל קרי ומשתין בפניה, וזו עומדת על פי הביב וכל העם משתינין לפניה. לא נאמר, אלא אלהיהם (דברים יב ב). את שנוהג בו משום אלוה, אסור. ואת שאינו נוהג בו משום אלוה, מותר.

Proklos fils de Philosophos interrogea Rabban Gamliel à Acco lorsqu’il le vit se baigner dans les bains d’Aphrodite : comment pouvait-il profiter d’un lieu portant une idole alors que la Torah interdit tout bénéfice de l’anathème ? Rabban Gamliel refusa de répondre dans les bains, puis expliqua à la sortie : « Je ne suis pas entré dans son domaine ; c’est elle qui est entrée dans le mien. On ne dit pas que le bain a été fait comme ornement pour Aphrodite, mais qu’Aphrodite a été faite comme ornement pour le bain. » Il ajouta que l’attitude ordinaire des baigneurs, nus et urinant devant la statue placée près de l’égout, montre qu’elle n’y est pas traitée comme divinité. La Torah interdit ce qui est effectivement traité comme dieu.

Avodah Zarah 3,5
הגוים העובדים את ההרים ואת הגבעות, הן מותרים ומה שעליהם אסורים, שנאמר, (דברים ז כה) לא תחמוד כסף וזהב עליהם ולקחת. רבי יוסי הגלילי אומר, (דברים יב ב) אלהיהם על ההרים, ולא ההרים אלהיהם. אלהיהם על הגבעות, ולא הגבעות אלהיהם. ומפני מה אשרה אסורה, מפני שיש בה תפיסת ידי אדם, וכל שיש בה תפיסת ידי אדם אסור. אמר רבי עקיבא, אני אובין ואדון לפניך. כל מקום שאתה מוצא הר גבוה וגבעה נשאה ועץ רענן, דע שיש שם עבודה זרה.

Lorsque des non-Juifs adorent des montagnes ou collines, les terrains naturels eux-mêmes restent permis mais ce qui a été placé sur eux pour le culte est interdit. Rabbi Yossi le Galiléen lit : « leurs dieux sur les montagnes », non « les montagnes sont leurs dieux ». Une asherah est interdite parce qu’elle porte l’intervention humaine ; tout ce qui a été façonné par une action humaine pour le culte est interdit. Rabbi Aqiva ajoute qu’un haut lieu, une colline élevée ou un arbre verdoyant est un indice fréquent de la présence d’un culte idolâtre dans le paysage antique.

Avodah Zarah 3,6
מי שהיה ביתו סמוך לבית עבודה זרה ונפל, אסור לבנותו. כיצד יעשה, כונס בתוך שלו [ ארבע אמות ] ובונה. היה שלו ושל עבודה זרה, נדון מחצה על מחצה. אבניו עציו ועפרו, מטמאין כשרץ, שנאמר (דברים ז כו) שקץ תשקצנו. רבי עקיבא אומר, כנדה , שנאמר (ישעיה ל כב) תזרם כמו דוה צא תאמר לו. מה נדה מטמאה במשא, אף עבודה זרה מטמאה במשא.

Si la maison d’un Juif est contiguë à un temple idolâtre et que le mur commun tombe, il ne reconstruit pas directement sur la limite : il se retire dans son propre terrain avant de bâtir. Si le mur appartenait aux deux, l’espace est partagé. Les pierres, bois et poussières de la partie idolâtre reçoivent un statut d’impureté comparable à celui d’un reptile selon le premier avis ; Rabbi Aqiva les compare à l’impureté de la niddah, notamment pour la transmission par portage.

Avodah Zarah 3,7
שלשה בתים הן. בית שבנוי מתחלה לעבודה זרה, הרי זה אסור. סיידו וכיירו לעבודה זרה וחידש, נוטל מה שחידש. הכניס לתוכה עבודה זרה והוציאה, הרי זה מותר. שלש אבנים הן. אבן שחצבה מתחלה לבימוס, הרי זו אסורה. סיידה וכיירה לשם עבודה זרה [ וחידש ], נוטל מה שחידש. העמיד עליה עבודה זרה וסילקה, הרי זו מותרת. שלש אשרות הן. אילן שנטעו מתחלה לשם עבודה זרה, הרי זה אסור. גידעו ופסלו לשם עבודה זרה והחליף, נוטל מה שהחליף. העמיד תחתיו עבודה זרה וביטלה , הרי זה מותר. איזו היא אשרה, כל שיש תחתיה עבודה זרה. רבי שמעון אומר, כל שעובדין אותה. ומעשה בצידון באילן שהיו עובדין אותו, ומצאו תחתיו גל. אמר להן רבי שמעון, בדקו את הגל הזה, ובדקוהו ומצאו בו צורה. אמר להן, הואיל ולצורה הן עובדין, נתיר להן את האילן.

Trois catégories sont distinguées pour une maison, une pierre et une asherah. Une maison construite dès l’origine pour l’idolâtrie est interdite ; si elle a seulement été enduite ou décorée pour ce culte, on retire l’ajout ; si une idole y a été introduite puis retirée, la maison redevient permise. Même logique pour une pierre taillée comme autel ou seulement modifiée, et pour un arbre planté dès l’origine pour le culte ou seulement taillé et transformé. Rabbi Shimon définit l’asherah comme l’arbre lui-même adoré. Il raconte un cas à Sidon où l’on découvrit sous un arbre une construction contenant une image : comme le culte visait l’image et non l’arbre, il permit l’arbre.

Avodah Zarah 3,8
לא ישב בצלה . ואם ישב, טהור. ולא יעבור תחתיה. ואם עבר, טמא . היתה גוזלת את הרבים ועבר תחתיה, טהור. וזורעים תחתיה ירקות בימות הגשמים אבל לא בימות החמה. והחזרין, לא בימות החמה ולא בימות הגשמים . רבי יוסי אומר, אף לא ירקות בימות הגשמים, מפני שהנמייה נושרת עליהן והוה להן לזבל.

On ne doit pas s’asseoir à l’ombre d’une asherah ; celui qui le fait reste néanmoins pur. On ne passe pas sous ses branches, car on reçoit alors l’impureté définie par le traité ; si l’arbre empiète sur une voie publique et qu’on passe dessous faute d’alternative, on reste pur. On peut planter certains légumes sous l’arbre pendant la saison des pluies selon le premier avis mais non l’été ; les laitues sont interdites toute l’année. Rabbi Yossi interdit même les légumes en saison des pluies, parce que les feuilles tombées servent d’engrais.

Avodah Zarah 3,9
נטל ממנה עצים, אסורים בהנאה. הסיק בהן את התנור, אם חדש, יותץ. ואם ישן, יוצן. אפה בו את הפת, אסורה בהנאה. נתערבה באחרות, כולן אסורות בהנאה. רבי אליעזר אומר, יוליך הנאה לים המלח. אמרו לו, אין פדיון לעבודה זרה. נטל הימנה כרכור, אסור בהנאה. ארג בו את הבגד, הבגד אסור בהנאה. נתערב באחרים ואחרים באחרים, כולן אסורין בהנאה. רבי אליעזר אומר, יוליך הנאה לים המלח. אמרו לו, אין פדיון לעבודה זרה.

Le bois pris d’une asherah est interdit à tout bénéfice. Si on chauffe un four neuf avec ce bois, le four doit être détruit ; un four ancien est refroidi. Le pain cuit grâce à ce bois est interdit, et s’il est mélangé à d’autres pains, tous le deviennent selon le premier avis. Rabbi Éliézer permet de jeter à la mer Morte la valeur correspondant au bénéfice interdit ; les sages répondent qu’il n’existe pas de rachat pour l’idolâtrie. Même discussion pour une navette faite de ce bois et le vêtement tissé avec elle.

Avodah Zarah 3,10
כיצד מבטלה. קירסם, וזירד, נטל ממנה מקל או שרביט, אפילו עלה, הרי זו בטלה. שפייה לצורכה, אסורה. שלא לצורכה, מותרת.

Comment une asherah ou un objet cultuel peut-il être annulé par son propriétaire non-juif ? S’il en coupe, taille ou enlève une branche, une baguette ou même une feuille d’une manière exprimant le mépris ou l’abandon du culte, l’objet est annulé. S’il la taille pour l’entretenir ou l’embellir, elle reste interdite ; s’il le fait sans intérêt pour elle, elle peut devenir permise selon les conditions du texte.

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