Sophonie
IntroductionSophonie 3
Analyse du texte source · restitution Philologique
Mora’ah est généralement rattaché à m-r-h, « se rebeller » ; nige’alah, « souillée » ; hayyonah, probablement participe de y-n-h, « opprimer ». Les trois qualificatifs sont volontairement abrupts.
Shama‘ beqol : « écouter / obéir à la voix ». Musar : correction, discipline, instruction. Qarav ’el : s’approcher, avec nuance cultuelle ou relationnelle.
Lo garmu labboqer est difficile : garam peut signifier « ronger les os ». Le sens contextuel : les loups ne laissent rien à consommer au matin.
Poḥazim : « impétueux / frivoles / téméraires ». Ḥamasu Torah : litt. « ils ont fait violence à la Torah », c.-à-d. l’ont déformée ou violée.
Babboqer babboqer : répétition distributive, « chaque matin ». Lo ne‘dar : « il ne manque / n’est pas absent ». Le dernier membre oppose la constance divine à l’insensibilité morale.
Pinnôtam : « leurs angles / tours d’angle ». Nitsdu : « ont été dévastées / prises » ; la série de formules privatives insiste sur le vide total.
Hishkimu hishḥitu : « ils se sont levés tôt, ils ont corrompu », idiome de zèle. La syntaxe de kol ’asher paqadti ‘aleha est condensée et peut se rattacher au jugement annoncé.
Le‘ad peut être vocalisé « pour témoignage » ou rapproché de ‘ad, « butin ». Les versions anciennes divergent. La structure principale — rassemblement des nations pour le jugement — est claire.
Safa berurah : « lèvre pure », langue purifiée. Shekhem ’eḥad, litt. « une seule épaule », idiome de coopération unanime.
‘Ataray : « mes suppliants / adorateurs ». Bat-putsay : litt. « fille de mes dispersés », construction difficile, peut-être collectif féminin désignant la diaspora.
‘Alizei ga’awatekh : « ceux qui exultent de ton orgueil ». Lo tosifi legavhah : « tu ne continueras plus à t’élever ».
‘Ani wadal : « humble / affligé et faible / pauvre ». Ḥasah beshem : « chercher refuge dans le nom ».
Leshon tarmit : « langue de tromperie ». Meḥarid : participe « celui qui fait trembler / effraie », formule de sécurité.
Ranni, hari‘u, simḥi, ‘alzi : quatre impératifs successifs, produisant une montée jubilatoire.
Hesir mishpatayikh : « il a écarté tes jugements / sentences ». Pinnah ’oyvekh : « il a tourné / déblayé ton ennemi ». La présence royale divine fonde l’absence de crainte.
’Al-yirpu yadayikh : « que tes mains ne deviennent pas lâches », idiome de découragement.
Yaḥarish be’ahavato : MT, « il se taira / gardera silence dans son amour ». Certaines traditions et corrections proposent une idée de renouvellement, mais elle n’est pas la lecture consonantique la plus directe du MT.
Nuge mimmo‘ed est obscur : probablement « affligés loin de la fête / assemblée ». La suite mêle pronoms et peut se comprendre de plusieurs manières ; toute restitution continue exige une décision prudente.
Haṣṣole‘ah et hanniddaḥah : « la boiteuse » et « la chassée / dispersée », vocabulaire pastoral collectif. Beqol-ha’arets boshtam est syntaxiquement serré : « dans toute la terre de leur honte ».
Beshûvi ’et-shevûteikhem : formule idiomatique « lorsque je restaurerai votre sort / ramènerai vos captifs ». Le double « en ce temps-là » donne une clausule solennelle au livre.