Siracide
IntroductionSiracide 23
Nuances du texte source · restitution Déployée
La prière prolonge directement 22,27 : le sage demande une protection divine contre sa propre parole.
La demande n’est pas d’éviter toute correction mais au contraire d’être corrigé intérieurement avant que la faute grandisse.
La prière reconnaît l’effet cumulatif du péché non repris.
La prière passe de la langue au regard, autre lieu biblique de désir et d’orgueil.
Demande de maîtrise intérieure, préalable aux comportements extérieurs.
Que la gourmandise et le désir sexuel ne me dominent pas ; ne me livre pas à une âme sans honte.
La prière personnelle devient instruction communautaire.
La parole retourne contre celui qui l’emploie sans maîtrise.
N’habitue pas ta bouche aux serments et ne prends pas l’habitude de prononcer le nom du Saint.
Comme un serviteur constamment interrogé et battu porte toujours des marques, celui qui jure sans cesse et invoque le Nom ne restera pas pur de péché.
Le serment expose à plusieurs niveaux de responsabilité : erreur, négligence, mensonge délibéré.
Il existe une manière de parler revêtue de mort : qu’elle ne se trouve pas dans l’héritage de Jacob. Les fidèles doivent rester loin de telles paroles.
N’habitue pas ta bouche à la vulgarité : elle contient des paroles de péché.
La mémoire des parents protège contre l’ivresse du prestige social.
Une habitude verbale non corrigée se durcit avec le temps.
Formule numérique introduisant une série sur la passion sexuelle.
Le feu désigne un désir devenu auto-entretenu et destructeur.
Le péché secret repose sur une fausse théologie de l’invisibilité déjà réfutée en 16,17.
Il ne craint que le regard des hommes. Il oublie que les yeux du Seigneur sont dix mille fois plus lumineux que le soleil : ils voient toutes les voies humaines et pénètrent les lieux les plus cachés.
La connaissance divine n’est pas réaction tardive mais antérieure et permanente.
Contraste entre secret recherché et publicité du jugement.
Il en va de même de la femme qui quitte son mari et lui donne un héritier conçu d’un autre homme.
Elle a d’abord désobéi à la Loi du Très-Haut ; ensuite elle a trompé son mari ; enfin elle a commis l’adultère et donné naissance aux enfants d’un autre.
La sanction sociale antique touche la femme et la légitimité de la descendance.
Métaphore généalogique de la racine et des branches.
Dans une culture d’honneur, réputation et mémoire forment une sanction durable.
Alors ceux qui restent comprendront que rien ne vaut la crainte du Seigneur et que rien n’est plus doux que l’attention à ses commandements.