Psaumes
IntroductionPsaumes 90
Analyse du texte source · restitution Philologique
Prière de Moïse, homme de Dieu. Seigneur, tu as été pour nous une demeure de génération en génération.
Avant que les montagnes soient enfantées, avant que tu fasses naître la terre et le monde, depuis toujours et pour toujours, tu es Dieu.
Tu fais retourner ʾenôš jusqu’au dakkā ; et tu dis : « Revenez, fils d’Adam ! » [ʾenôš souligne l’humain fragile ; dakkā : écrasement, poussière, état broyé. Le verbe « revenir » structure les deux membres.]
Car mille ans à tes yeux sont comme le jour d’hier quand il passe, comme une veille dans la nuit.
Tu les emportes : ils sont comme un sommeil ; au matin, comme l’herbe, ils passent.
Au matin elle fleurit et passe ; le soir elle se flétrit et sèche.
Car nous sommes consumés par ta colère, et par ta fureur nous sommes épouvantés.
Tu places nos fautes devant toi, nos secrets sous la lumière de ta face.
Car tous nos jours tournent sous ton emportement ; nous achevons nos années comme un hegeh. [hegeh : murmure, souffle, soupir ; la vie s’achève comme un son qui s’évanouit.]
Les jours de nos années : soixante-dix ans ; et si par les forces, quatre-vingts ans. Leur rohab est peine et iniquité ; car cela est vite retranché, et nous nous envolons. [rohab : vigueur, fierté, éclat ; le sens précis est discuté. Le verset décrit la limite humaine sans fixer une norme biologique absolue.]
Qui connaît la puissance de ta colère et, selon la crainte qui t’est due, ton indignation ?
Apprends-nous donc à compter nos jours, afin que nous apportions un cœur de sagesse.
Reviens, YHWH ! Jusqu’à quand ? Aie compassion de tes serviteurs.
Rassasie-nous au matin de ta fidélité ; nous crierons de joie et nous nous réjouirons tous nos jours.
Réjouis-nous autant de jours que tu nous as affligés, autant d’années que nous avons vu le mal.
Que ton œuvre apparaisse à tes serviteurs, et ta splendeur sur leurs fils.
Que le noʿam d’Adonaï notre Dieu soit sur nous ; l’œuvre de nos mains, établis-la sur nous ; l’œuvre de nos mains, établis-la ! [noʿam : beauté, douceur, faveur, agrément. La répétition finale de « l’œuvre de nos mains » constitue la conclusion emphatique du psaume.]