Psaumes
IntroductionPsaumes 89
Analyse du texte source · restitution Philologique
Maskil d’Étân l’Ezrahite.
Les fidélités de YHWH, je les chanterai pour toujours ; de génération en génération, je ferai connaître ta fidélité par ma bouche.
Car j’ai dit : « Pour toujours la fidélité sera bâtie ; dans les cieux tu affermis ta vérité. »
« J’ai conclu une alliance avec mon élu ; j’ai juré à David, mon serviteur :
Pour toujours j’affermirai ta descendance et je bâtirai ton trône de génération en génération. » Sélah.
Les cieux célèbrent tes merveilles, YHWH, ta fidélité dans l’assemblée des saints.
Car qui, dans le šaḥaq, peut être comparé à YHWH ? Qui ressemble à YHWH parmi les benê ʾelim ? [šaḥaq : ciel/nuée ; benê ʾelim : fils des dieux / êtres divins. Le cadre est celui de l’assemblée céleste.]
Dieu est redouté dans le conseil des saints, grand et redoutable au-dessus de tous ceux qui l’entourent.
YHWH, Dieu des armées, qui est puissant comme toi, Yah ? Ta fidélité t’entoure.
Toi, tu domines l’orgueil de la mer ; quand ses vagues se soulèvent, toi, tu les apaises.
Toi, tu as broyé Rahab comme un transpercé ; par le bras de ta force, tu as dispersé tes ennemis. [Rahab combine langage mythique du monstre marin et valeur symbolique possible pour l’Égypte.]
À toi les cieux, à toi aussi la terre ; le monde et tout ce qu’il contient, toi, tu les as fondés.
Le nord et le sud, toi, tu les as créés ; le Thabor et l’Hermon crient de joie en ton nom.
À toi un bras plein de puissance ; ta main est forte, ta droite élevée.
Justice et jugement sont la base de ton trône ; fidélité et vérité marchent devant ta face.
Heureux le peuple qui connaît l’acclamation ! YHWH, il marche dans la lumière de ta face.
En ton nom il exulte tout le jour, et par ta justice il est élevé.
Car tu es la splendeur de leur force, et par ta faveur notre corne s’élève. [Ketiv : « tu élèves notre corne » ; qeré : « notre corne s’élève ». La Lecture suit le qeré ; le ketiv rend Dieu sujet explicite.]
Car notre bouclier appartient à YHWH, et notre roi au Saint d’Israël.
Alors tu as parlé en vision à tes fidèles ; tu as dit : « J’ai placé le secours sur un vaillant ; j’ai élevé un élu du milieu du peuple.
J’ai trouvé David, mon serviteur ; de mon huile sainte je l’ai oint.
Ma main sera ferme avec lui, et mon bras le fortifiera.
L’ennemi ne n-š-ʾ pas sur lui ; et le fils d’iniquité ne l’opprimera pas. [n-š-ʾ est rare ici : extorquer, imposer tribut ou tromper ont été proposés.]
J’écraserai devant lui ses adversaires et je frapperai ceux qui le haïssent.
Ma fidélité et mon amour seront avec lui, et par mon nom sa corne sera élevée.
Je placerai sa main sur la mer et sa droite sur les fleuves.
Lui m’appellera : “Tu es mon père, mon Dieu et le rocher de mon salut.”
Moi aussi, je ferai de lui le premier-né, le plus élevé des rois de la terre.
Pour toujours je lui garderai mon ḥesed ; et mon alliance sera fidèle pour lui. [Ketiv/qeré sur le verbe ; le ḥesed royal est explicitement lié à la permanence de l’alliance.]
Je placerai sa descendance pour toujours, et son trône comme les jours des cieux.
Si ses fils abandonnent ma loi et ne marchent pas selon mes jugements,
s’ils profanent mes prescriptions et ne gardent pas mes commandements,
je visiterai leur révolte avec le bâton et leur faute avec des coups.
Mais je ne retirerai pas de lui ma fidélité et je ne trahirai pas ma vérité.
Je ne profanerai pas mon alliance et ne changerai pas ce qui est sorti de mes lèvres.
Une fois j’ai juré par ma sainteté : jamais je ne mentirai à David.
Sa descendance sera pour toujours, et son trône comme le soleil devant moi,
comme la lune, établie pour toujours, témoin fidèle dans la nuée. Sélah.
Mais toi, tu as rejeté et refusé ; tu t’es emporté contre ton māšîaḥ. [māšîaḥ : oint royal. Le contraste est volontaire avec les promesses d’alliance précédentes.]
Tu as répudié l’alliance de ton serviteur ; tu as profané à terre son diadème.
Tu as fait brèche dans toutes ses clôtures ; tu as mis ses forteresses en ruine.
Tous les passants du chemin l’ont pillé ; il est devenu un outrage pour ses voisins.
Tu as élevé la droite de ses adversaires ; tu as réjoui tous ses ennemis.
Tu as même fait revenir le ṣûr de son épée et ne l’as pas fait tenir dans le combat. [ṣûr est difficile ici : tranchant/force de l’épée, ou autre analyse ; ne pas confondre automatiquement avec « rocher ».]
Tu as fait cesser son ṭohar et précipité son trône à terre. [ṭohar : pureté, éclat, splendeur. Dans le contexte royal, la perte d’éclat répond à l’abaissement du trône.]
Tu as abrégé les jours de sa jeunesse ; tu l’as enveloppé de honte. Sélah.
Jusqu’à quand, YHWH ? Te cacheras-tu pour toujours ? Ta fureur brûlera-t-elle comme un feu ?
Souviens-toi : moi, quel est mon ḥeled ? Pour quel šāwʾ as-tu créé tous les fils d’Adam ? [ḥeled : durée de vie / temps d’existence ; šāwʾ : vide, vanité, néant trompeur. La question porte sur la brièveté humaine.]
Quel homme vivra sans voir la mort ? Qui délivrera son être de la main du Shéol ? Sélah.
Où sont tes fidélités d’autrefois, Seigneur, que tu as jurées à David dans ta vérité ?
Souviens-toi, Seigneur, de l’outrage de tes serviteurs, de tous ces peuples nombreux que je porte dans mon sein.
Tes ennemis ont outragé, YHWH, ils ont outragé les traces / talons de ton māšîaḥ. [L’expression « traces/talons » du māšîaḥ est inhabituelle : elle peut désigner ses pas, son parcours ou sa suite.]
Béni soit YHWH pour toujours ! Amen, amen !