Job
IntroductionJob 3
Édition évolutive · en cours de révision · non validée S5 · reformulation contrôlée pour saisir immédiatement le sens discursif · restitution Paraphrase
Après ces sept jours de silence, Job ouvrit enfin la bouche et maudit le jour de sa naissance.
Il prit la parole :
« Que disparaisse le jour où je suis né, ⏎ et la nuit qui annonça : “Un garçon a été conçu !”
Que ce jour devienne ténèbres ; ⏎ que Dieu, d’en haut, ne s’en préoccupe plus ; ⏎ qu’aucune lumière ne l’éclaire.
Que l’obscurité et l’ombre de mort le reprennent ; ⏎ qu’une nuée s’installe sur lui ; ⏎ que les ténèbres du jour le remplissent d’effroi.
Que l’obscurité s’empare de cette nuit ; ⏎ qu’elle soit retranchée des jours de l’année ⏎ et ne compte plus parmi les mois.
Oui, que cette nuit reste stérile ; ⏎ qu’aucun cri de joie ne s’y fasse entendre.
Que ceux qui savent maudire les jours la maudissent, ⏎ ceux qui prétendent pouvoir éveiller Léviathan.
Que les étoiles de son crépuscule s’éteignent ; ⏎ qu’elle attende vainement la lumière ⏎ et ne voie jamais s’ouvrir les paupières de l’aurore.
Car cette nuit n’a pas fermé le sein qui me portait ⏎ et ne m’a pas épargné la souffrance.
Pourquoi ne suis-je pas mort dans le ventre ? ⏎ Pourquoi n’ai-je pas expiré dès ma naissance ?
Pourquoi des genoux m’ont-ils accueilli ? ⏎ Pourquoi des seins m’ont-ils nourri ?
Car maintenant je serais couché dans le calme ; ⏎ je dormirais et connaîtrais enfin le repos,
avec les rois et les conseillers de la terre ⏎ qui se construisirent de grandes demeures aujourd’hui en ruines,
ou avec les princes qui possédaient de l’or ⏎ et remplissaient leurs maisons d’argent.
Ou bien je n’existerais pas, comme un enfant mort avant de naître, ⏎ comme ces petits qui n’ont jamais vu la lumière.
Là, les méchants cessent enfin leur agitation ; ⏎ là reposent ceux dont les forces sont épuisées.
Les prisonniers y sont tranquilles ensemble ; ⏎ ils n’entendent plus les cris de l’oppresseur.
Petits et grands y sont réunis ; ⏎ l’esclave y est libéré de son maître.
Pourquoi la lumière est-elle donnée à celui qui souffre, ⏎ et la vie à ceux dont l’âme est amère,
à ceux qui attendent la mort et ne la voient pas venir, ⏎ qui la recherchent plus ardemment que des trésors,
qui exulteraient de joie ⏎ s’ils trouvaient enfin la tombe ?
Pourquoi la vie est-elle donnée à l’homme dont le chemin est devenu invisible, ⏎ à celui que Dieu a enfermé comme derrière une clôture ?
Mes soupirs arrivent avant même ma nourriture, ⏎ mes gémissements se répandent comme de l’eau.
Ce qui me terrifiait m’est arrivé ; ⏎ ce que je redoutais est venu sur moi.
Je n’ai plus ni paix, ni calme, ni repos ; ⏎ seul le trouble est venu. »