Job
IntroductionJob 19
Édition évolutive · en cours de révision · non validée S5 · reformulation contrôlée pour saisir immédiatement le sens discursif · restitution Paraphrase
Job répondit :
« Jusqu’à quand allez-vous tourmenter mon âme ⏎ et m’écraser sous vos paroles ?
Voilà déjà bien des fois que vous m’humiliez ; ⏎ vous n’éprouvez même plus de honte à me maltraiter.
Et même si j’avais réellement commis une erreur, ⏎ cette erreur resterait mon affaire.
Mais si vous voulez absolument vous grandir contre moi ⏎ et utiliser mon humiliation comme preuve de ma faute,
sachez au moins ceci : je ressens que c’est Dieu qui m’a fait tort ⏎ et qui a refermé son filet autour de moi.
Je crie : “Violence !”, mais personne ne me répond ; ⏎ j’appelle à la justice, et elle ne vient pas.
Il a muré mon chemin pour m’empêcher de passer ⏎ et répandu les ténèbres sur mes sentiers.
Il m’a dépouillé de ma gloire ⏎ et retiré la couronne de ma tête.
Il m’a démoli de tous côtés, et je m’en vais ; ⏎ il a arraché mon espérance comme on déracine un arbre.
Sa colère s’est allumée contre moi ; ⏎ il me compte maintenant parmi ses ennemis.
Ses troupes arrivent ensemble ; ⏎ elles construisent leur rampe d’assaut contre moi ⏎ et dressent leur camp autour de ma tente.
Il a éloigné de moi mes frères ; ⏎ ceux qui me connaissaient sont devenus comme des étrangers.
Mes proches ne viennent plus ; ⏎ mes amis intimes m’ont oublié.
Les gens de ma maison et mes servantes me regardent comme un étranger ; ⏎ je suis devenu pour eux un inconnu.
J’appelle mon serviteur, et il ne répond même plus ; ⏎ je dois le supplier de ma propre bouche.
Mon haleine répugne à ma femme ; ⏎ ceux qui sont de ma propre chair me trouvent insupportable.
Même les jeunes garçons me méprisent ; ⏎ si je me lève, ils parlent contre moi.
Tous mes proches compagnons m’ont en horreur ; ⏎ ceux que j’aimais se sont retournés contre moi.
Mes os collent à ma peau et à ma chair ; ⏎ je n’ai échappé qu’avec la peau de mes dents.
Ayez pitié de moi, mes amis, ayez pitié ! ⏎ Car la main de Dieu m’a frappé.
Pourquoi me poursuivez-vous comme Dieu semble me poursuivre ? ⏎ Pourquoi n’êtes-vous jamais rassasiés de ma chair ?
Ah ! si seulement mes paroles pouvaient être mises par écrit, ⏎ inscrites pour durer dans un livre !
Si seulement elles pouvaient être gravées pour toujours dans le roc, ⏎ avec un stylet de fer et du plomb !
Mais je sais, moi, que mon go’el est vivant — celui qui prendra en charge ma cause et mon droit — ⏎ et qu’en dernier il se lèvera sur la poussière.
Après que cette peau aura été détruite, ⏎ depuis ma chair je contemplerai Dieu.
C’est moi-même qui le contemplerai pour moi ; ⏎ mes propres yeux le verront, et non ceux d’un étranger. ⏎ Tout mon être se consume dans cette attente.
Si vous vous dites : “Comment allons-nous encore le poursuivre ? ⏎ La racine du problème est en lui”,
alors craignez vous-mêmes l’épée, ⏎ car la colère peut conduire à des fautes dignes de l’épée ; ⏎ sachez donc qu’il existe un jugement. »