Jérémie
IntroductionJérémie 31
Analyse du texte source · restitution Philologique
Formule d’alliance généralisée à `kol-mishpeḥot Yisrael`, toutes les familles d’Israël.
Syntaxe difficile du dernier membre ; `haloakh lehargi‘o Yisrael` peut signifier aller pour donner repos à Israël / Israël allant vers le repos.
`ahavat ‘olam` : amour durable/éternel ; `mashakhti ḥesed` peut être compris « attirer par fidélité » ou « prolonger le ḥesed ».
Le double `‘od`, « encore », martèle la reprise de la vie ordinaire et festive.
`ḥillelu` peut renvoyer à l’usage profane autorisé du fruit après les années prescrites ; d’où « en jouir / en manger ».
`notsrim` peut signifier gardiens/guetteurs. Leur appel depuis Éphraïm vers Sion symbolise le rapprochement Nord-Sud.
`tsahalu` : acclamer/pousser un cri sonore ; `she’erit Yisrael` : reste d’Israël.
L’énumération souligne l’inclusivité du retour : ceux que le trajet rendrait normalement vulnérables ne sont pas laissés derrière.
`bekhi / taḥanunim` : pleurs et supplications. La paternité divine culmine dans `Efrayim bekhori`, « Éphraïm mon premier-né ».
Le parallélisme `mezareh / yeqabbetz` oppose disperser et rassembler ; le berger ajoute la dimension de protection.
`ga’al` : racheter comme proche-rédempteur ; `pada` : délivrer/racheter. Deux verbes de libération se renforcent.
`gan raweh` : jardin saturé/abondamment arrosé ; image de vitalité restaurée.
Le verbe `hafakh` (« retourner/changer ») exprime le renversement structurel du deuil en joie.
`deshen` : graisse, abondance, particulièrement liée aux portions cultuelles.
Rama est associé au territoire de Benjamin et au rassemblement des déportés ; Rachel devient figure maternelle collective.
`yesh sakhar lif‘ullatekh` : « il y a un salaire pour ton œuvre ». La métaphore du travail de Rachel est énigmatique mais mène à la promesse de retour.
`tiqwah le’aḥaritekh` : espérance pour ton avenir/issue ; formule proche de 29:11 mais adressée ici à Rachel.
`hashiveni we’ashuvah` : « fais-moi revenir et je reviendrai ». Le même verbe désigne l’action divine et la réponse humaine.
`hivvad‘i` peut signifier après avoir été instruit / après avoir pris connaissance. Le geste de frapper la cuisse marque regret et deuil.
`hamu me‘ay` : « mes entrailles grondent/frémissent », anthropopathisme viscéral de compassion. `raḥem araḥamennu` : emphatique « avoir compassion, j’aurai compassion ».
Dresse pour toi des `tsiyyunim`, repères, et des `tamrurim`, poteaux/signaux ; « mets ton cœur au chemin » signifie garder précisément la route du retour. Reviens, vierge d’Israël, vers tes villes.
`neqevah tesovev gever` signifie littéralement « une femme/femelle entourera un homme ». L’expression demeure énigmatique ; la Philologique conserve cette indétermination sans lui imposer une interprétation.
`beshivi et-shevutam` : « quand je ferai revenir leur retour / rétablirai leur destinée ». `neweh tsedeq` : demeure/pâturage de justice ; `har haqqodesh` : montagne de sainteté.
`ikkarim` : cultivateurs/laboureurs ; `nase‘u ba‘eder` : ceux qui se déplacent avec le troupeau, donc pasteurs nomades ou semi-nomades.
`nefesh ‘ayefah` : personne/âme épuisée, assoiffée ou fatiguée ; `nefesh da’avah` : âme languissante, dépérissante. Le parallélisme exprime le rassasiement complet.
`‘al-zot heqitsoti` : « sur/à cause de cela je me suis réveillé ». Le verset marque une transition onirique ; `‘arev` signifie doux/agréable.
`zera‘ adam wezera‘ behemah` : « semence d’humain et semence de bête ». La métaphore agricole décrit le repeuplement de la terre.
Le verbe `shaqad`, « veiller », reprend le programme de 1:12. Les verbes d’arrachement et de destruction sont renversés par `livnot welinto‘a`, « bâtir et planter ».
Proverbe de responsabilité transgénérationnelle : `boser` = raisin vert/acide ; `tiqhenah` = dents agacées/émoussées par l’acidité.
Le v.30 répond au proverbe du v.29 par la responsabilité personnelle : `ish ba‘awono yamut`, « chacun mourra dans/pour sa faute ».
`berit ḥadashah` : « alliance nouvelle ». `karat berit`, littéralement « trancher une alliance », est l’idiome hébreu de conclusion d’alliance.
`hemah heferu et-beriti` : « eux ont rompu mon alliance ». `we’anokhi ba‘alti bam` peut signifier « j’étais maître/époux sur eux » ; l’ambivalence conjugale reste possible.
`Torati beqirbam ... ‘al-libbam ekhtavennah` : « ma Torah au-dedans d’eux ... sur leur cœur je l’écrirai ». Le texte déplace l’instruction de l’extériorité vers l’intériorité sans abolir le terme `torah`.
`yada‘ oti`, « me connaître », est universalisé à tout le peuple. `salaḥti la‘awonam` : « je pardonnerai leur iniquité » ; `lo ezkor ‘od` : « je ne me souviendrai plus » du péché.
`ḥuqqot yareaḥ wekhokhavim` : « prescriptions/ordonnances de la lune et des étoiles ». L’ordre cosmique sert ici de garantie à la permanence d’Israël.
Condition irréelle ou rhétorique : la permanence de `zera‘ Yisrael`, descendance d’Israël, est comparée à la stabilité des `ḥuqqot`, ordonnances cosmiques.
Deux impossibilités cosmologiques encadrent la promesse : mesurer les cieux et sonder les `mosede erets`, fondements de la terre. Elles fonctionnent comme garantie rhétorique de non-rejet total.
La reconstruction est décrite par des repères topographiques précis : tour de Hananel et porte de l’Angle. Le texte passe de l’alliance à la géographie urbaine.
`qaw hammiddah` : cordeau de mesure. Gareb et Goa sont des repères topographiques dont la localisation exacte reste discutée.
`ha‘emeq happəgarim wehaddeshen` : vallée des cadavres et des cendres grasses. Le lieu impur du jugement est intégré à l’espace `qodesh laYHWH`, « saint pour YHWH » ; finale : plus d’arrachement ni de démolition.