Jérémie

Introduction

Jérémie 22

Nuances du texte source · restitution Déployée

Le SEIGNEUR envoie Jérémie directement au palais royal de Juda afin d’y porter un oracle adressé à l’exercice même du pouvoir.

L’adresse vise le roi comme détenteur du trône davidique, mais elle inclut également sa cour et le peuple qui fréquente le palais : la responsabilité royale est publique.

La première obligation du roi est judiciaire et sociale : rendre le droit, protéger celui qu’on dépouille, ne pas exploiter les plus vulnérables — étranger, orphelin, veuve — et empêcher le sang innocent d’être versé.

Si vous accomplissez réellement cela, des rois de la lignée de David continueront d’entrer par les portes de ce palais, montés sur des chars et des chevaux, avec leurs serviteurs et leur peuple.

Le privilège royal ne protège donc pas le palais : le SEIGNEUR jure par lui-même qu’en cas de refus d’écouter, la maison royale sera détruite.

Même ce que le SEIGNEUR compare à Galaad et au sommet du Liban — images de beauté, hauteur et richesse forestière — peut être transformé en désert si la maison royale persiste dans l’injustice.

Je mettrai à part contre toi des destructeurs, chacun avec ses armes ; ils abattront tes plus beaux cèdres et les jetteront au feu.

La ruine de Jérusalem deviendra si visible qu’elle suscitera l’interrogation internationale : les passants chercheront à comprendre la raison d’un tel jugement.

L’explication de la catastrophe est donnée en termes d’alliance : abandon du SEIGNEUR, culte et service d’autres dieux.

Ne pleurez pas celui qui est mort ; pleurez plutôt celui qui part en exil, car il ne reviendra plus et ne reverra pas son pays natal.

Ainsi parle le SEIGNEUR au sujet de Shalloum, fils de Josias, roi de Juda, qui régna après son père et qui a quitté ce lieu : il n’y reviendra plus.

La sentence est définitive : Shalloum mourra dans le lieu de son exil sans revoir la terre de Juda.

Malheur à celui qui se bâtit une maison par l’injustice et des chambres hautes sans droit, qui fait travailler son prochain sans salaire et refuse de lui payer son travail.

Le roi poursuit un programme architectural ostentatoire : vastes pièces hautes, fenêtres, revêtement de cèdre et peinture rouge ; le texte contraste ce luxe avec l’injustice dénoncée au verset précédent.

La royauté ne se mesure pas au luxe des bâtiments : Josias, père de Joïaqim, menait une vie normale mais sa vraie qualité royale consistait à pratiquer droit et justice.

Il rendait justice au pauvre et à l’indigent, et cela allait bien. N’est-ce pas précisément ainsi que l’on me connaît ? — déclaration du SEIGNEUR.

Joïaqim incarne l’inverse de cette connaissance de Dieu : son désir est orienté vers le profit personnel, au prix du sang innocent, de l’oppression et de la violence.

Le roi injuste sera privé même des lamentations funéraires habituelles : aucune plainte familiale ou royale ne marquera dignement sa mort.

La déchéance royale est totale : Joïaqim est promis à un traitement de cadavre sans honneur, comparé à celui d’un animal traîné et rejeté hors de la ville.

Jérusalem est invitée ironiquement à crier depuis les hauteurs vers tous les horizons : les puissances étrangères sur lesquelles elle comptait comme sur des « amants » ont elles-mêmes été brisées.

Le refus n’est pas né de la crise : lorsque Juda vivait encore dans la tranquillité, il choisissait déjà de ne pas écouter ; l’exil révèle une attitude ancienne.

Les responsables qui « paissaient » Juda seront dispersés comme par le vent, tandis que ses alliés étrangers seront eux-mêmes déportés ; toute stratégie de sécurité s’effondre.

La résidence royale, ornée de cèdre au point d’être comparée au Liban, ne protégera pas Jérusalem : l’angoisse la saisira comme les douleurs incontrôlables d’un accouchement.

Même le symbole suprême de proximité et d’autorité royale ne protège pas Konias : quand il serait comparable au sceau porté à la main droite du SEIGNEUR, il en serait arraché.

Konias sera livré précisément à la puissance qu’il redoute : le roi de Babylone et les Chaldéens qui cherchent sa vie.

Le roi et sa mère, figure importante de la cour, seront arrachés au pays de leur naissance et mourront en terre étrangère.

Le désir du retour subsistera, mais il ne sera pas exaucé : Konias et sa mère mourront loin de Juda.

Konias serait-il devenu un vase méprisé et brisé, un objet dont personne ne veut ? Pourquoi lui et sa descendance sont-ils jetés dans un pays qu’ils ne connaissaient pas ?

La triple interpellation donne à la sentence suivante une portée solennelle et universelle : la terre elle-même est appelée comme témoin.

Ainsi parle le SEIGNEUR : « Inscrivez cet homme comme privé de descendance pour la royauté, comme un homme qui ne réussira pas durant ses jours ; aucun homme issu de sa descendance ne réussira à s’asseoir sur le trône de David et à régner encore sur Juda. »

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