Isaïe
IntroductionIsaïe 5
Analyse du texte source · restitution Philologique
Qeren ben-shamen est litt. « corne, fils de graisse », image d’un coteau particulièrement fertile. Yedid/dod entretient le vocabulaire du bien-aimé.
Soreq désigne un cépage de qualité. Be’ushim est péjoratif : raisins puants, mauvais ou sauvages, opposés aux ‘anavim attendus.
Les deux vocatifs sont au singulier collectif dans l’hébreu. L’appel judiciaire prépare l’identification du v.7.
La répétition quasi exacte du vocabulaire du v.2 transforme le constat agricole en chef d’accusation.
Mesukkah est la haie protectrice ; gader, le mur. Le passage de la protection à l’exposition est central.
Batah est une friche/désolation. Shamir washayit, « ronce et épine », devient un couple récurrent chez Isaïe.
Jeux sonores majeurs : mishpat/mispaḥ (« droit / effusion de sang ») et tsedaqah/tse‘aqah (« justice / cri »). Aucun équivalent français ne les reproduit pleinement.
Higgîa‘ / yaqrîvu décrivent littéralement le rapprochement de maison et champ. La cible est une concentration foncière qui élimine l’espace d’autrui.
La formule ’im-lo’ introduit ici un serment elliptique : « sûrement / certainement ». L’hébreu conserve l’effet solennel de l’oracle.
Tsemed est une surface travaillable par un attelage ; bath mesure le liquide. Un homer vaut dix éphas : la semence ne rend donc ici qu’environ un dixième de son volume.
Shekar désigne une boisson fermentée forte distincte du yayin, le vin. Yadliqem, « les enflamme », joue sur la chaleur de l’ivresse.
Po‘al / ma‘aseh, « œuvre / ouvrage », forment une paire. La cécité est interprétative : ils voient la fête, non l’action de Dieu.
Khevodo, litt. « sa gloire », peut désigner son élite. Mete ra‘av est une expression abrupte, litt. « hommes de famine ».
Nafshah, « son âme/être », prend ici le sens figuré de gorge/appétit. She’ol reste le nom hébreu du séjour des morts, non une doctrine ultérieure de l’enfer.
Adam / ’ish forment un parallélisme général. La répétition de la racine sh-p-l relie l’abaissement humain au contraste avec YHWH.
Niqdash, nifal de q-d-sh, signifie « être reconnu/manifester comme saint ». Mishpat et tsedaqah reprennent le couple du v.7.
Ḥorvot meḥim est difficile. Meḥim est souvent rapproché de « gras / prospères » ; le texte évoque probablement leurs domaines ruinés.
Ḥavlei hashaw’ : « cordes de vanité/fausseté ». ‘Avot ha‘agalah désigne de grosses cordes ou traits de chariot.
Yemaher yaḥishah juxtapose deux verbes de hâte. ‘Atsat Qedosh Yisra’el est le « dessein/conseil du Saint d’Israël ».
La construction répétée samim X le-Y produit une série d’inversions catégorielles. Ra‘ / tov, ḥoshekh / ’or, mar / matoq structurent le verset.
Be‘einehem / neged penehem redouble l’idée d’un discernement refermé sur soi.
Gibborim / ’anshei-ḥayil sont normalement des termes de valeur guerrière ; leur emploi pour l’ivresse crée une satire.
Matsdiqei rasha‘ signifie « ceux qui déclarent juste/acquittent le méchant ». Shoḥad est un présent corrupteur.
Leshon ’esh, « langue de feu », est une métaphore du front de flamme. Torah signifie instruction. Le couple racine/fleur exprime la destruction totale.
Kas-suḥah est rare et peut désigner débris, balayures ou quelque chose jeté dans les rues. « Sa main encore étendue » devient un refrain littéraire important.
Nes est un signal/étendard de rassemblement. Sharaq, « siffler », figure un appel à distance. Le référent collectif passe facilement du pluriel au singulier.
Le collectif de la nation est décrit au singulier. La chaîne de négations crée une impression de discipline inexorable.
Darukh signifie « tendu/bandé » pour l’arc. Tsar, « silex », insiste sur la dureté des sabots.
Lavi’ et kefirim distinguent lion adulte/lionne et jeunes lions. Matzil est celui qui arrache ou délivre une proie.
Tsar wa’or est textuellement difficile ; la ponctuation massorétique permet diverses analyses. La finale conserve prudemment l’opposition détresse/lumière obscurcie.