Ézéchiel
IntroductionÉzéchiel 3
Nuances du texte source · restitution Déployée
Il me dit : « Fils d’homme, mange ce que tu trouves ici ; mange ce rouleau, puis va parler à la maison d’Israël. » — La séquence manger → aller → parler lie réception et mission.
J’ouvris la bouche, et il me fit manger ce rouleau.
Il me dit : « Fils d’homme, nourris ton ventre et remplis tes entrailles de ce rouleau que je te donne. » Je le mangeai, et dans ma bouche il fut doux comme du miel. — La douceur du rouleau contraste avec les lamentations de 2,10.
Il me dit : « Fils d’homme, va vers la maison d’Israël et parle-leur avec mes paroles.
Car tu n’es pas envoyé vers un peuple au langage obscur et à la langue difficile, mais vers la maison d’Israël ; — « profond de lèvre » et « lourd de langue » désignent une langue étrangère difficile à comprendre.
ni vers de nombreux peuples au langage obscur et à la langue difficile, dont tu ne comprendrais pas les paroles. Si je t’envoyais vers eux, eux t’écouteraient ! — Le contraste est ironique : l’obstacle d’Israël n’est pas linguistique mais volontaire.
Mais la maison d’Israël ne voudra pas t’écouter, parce qu’elle ne veut pas m’écouter ; car toute la maison d’Israël a le front dur et le cœur obstiné. — ḥizqê-meṣaḥ : durs de front, image d’obstination.
Voici, je rends ton visage aussi dur que leur visage et ton front aussi dur que leur front.
Je rends ton front comme du diamant, plus dur que le silex. Ne les crains pas et ne sois pas terrifié devant eux, car ils sont une maison rebelle. — shamir désigne une matière extrêmement dure, souvent diamant/émeri ; ṣor = silex.
Il me dit : « Fils d’homme, toutes mes paroles que je te dirai, reçois-les dans ton cœur et écoute-les de tes oreilles.
Va vers les exilés, vers les fils de ton peuple ; parle-leur et dis-leur : “Ainsi parle le Seigneur DIEU”, qu’ils écoutent ou qu’ils refusent. »
Alors l’esprit me souleva, et j’entendis derrière moi un grand fracas : « Bénie soit la gloire du SEIGNEUR depuis le lieu où elle demeure ! » — barukh kevod-YHWH mimeqomo : formule acclamatoire difficile ; « depuis son lieu » est conservé.
J’entendis le bruit des ailes des êtres vivants se heurtant l’une contre l’autre, le bruit des roues à côté d’eux, et le bruit d’un grand fracas.
L’esprit me souleva et m’emporta. J’allai amer, dans la fureur de mon esprit, tandis que la main du SEIGNEUR pesait fortement sur moi. — ḥamat ruḥi : chaleur/fureur de mon esprit ; la réaction du prophète est intense.
J’arrivai chez les exilés à Tel-Abib, ceux qui habitaient près du fleuve Kebar. Là où ils habitaient, je restai assis parmi eux, frappé de stupeur, pendant sept jours. — mashmim : dévasté, stupéfait, sidéré.
Au bout de sept jours, la parole du SEIGNEUR me fut adressée :
« Fils d’homme, je t’établis comme guetteur pour la maison d’Israël. Quand tu entendras une parole de ma bouche, tu les avertiras de ma part. — ṣofeh : guetteur/sentinelle ; motif repris en Éz 33.
Si je dis au méchant : “Tu mourras certainement”, et que tu ne l’avertisses pas, si tu ne parles pas pour l’avertir de sa conduite mauvaise afin de le faire vivre, ce méchant mourra dans sa faute, mais son sang, je le réclamerai de ta main. — « réclamer le sang de ta main » exprime la responsabilité du guetteur pour l’avertissement.
Mais si tu avertis le méchant et qu’il ne se détourne pas de sa méchanceté ni de sa conduite mauvaise, il mourra dans sa faute, mais toi, tu auras délivré ta vie. — nefesh = ici vie/personne.
Si un juste se détourne de sa justice et commet l’injustice, et que je place devant lui un obstacle, il mourra. Si tu ne l’as pas averti, il mourra dans son péché et les actes justes qu’il avait accomplis ne seront plus rappelés ; mais son sang, je le réclamerai de ta main. — mikshol : obstacle/pierre d’achoppement.
Mais si tu avertis le juste pour que le juste ne pèche pas, et qu’il ne pèche pas, il vivra certainement parce qu’il s’est laissé avertir ; et toi, tu auras délivré ta vie. »
Là, la main du SEIGNEUR fut sur moi. Il me dit : « Lève-toi, sors dans la vallée, et là je te parlerai. »
Je me levai et sortis dans la vallée : voici que la gloire du SEIGNEUR se tenait là, semblable à la gloire que j’avais vue près du fleuve Kebar. Je tombai face contre terre.
Alors l’esprit entra en moi, me fit tenir debout sur mes pieds et me parla. Il me dit : « Va, enferme-toi dans ta maison.
Et toi, fils d’homme, voici qu’on mettra sur toi des cordes et qu’on t’en liera ; tu ne sortiras pas au milieu d’eux. — Le sujet est impersonnel ; l’identité de ceux qui lient n’est pas explicitée.
Je ferai coller ta langue à ton palais : tu seras muet et tu ne seras plus pour eux un homme qui reprend, car ils sont une maison rebelle.
Mais lorsque je te parlerai, j’ouvrirai ta bouche, et tu leur diras : “Ainsi parle le Seigneur DIEU.” Celui qui veut écouter, qu’il écoute ; celui qui refuse, qu’il refuse, car ils sont une maison rebelle. » — Le mutisme prophétique trouve son terme narratif annoncé en Éz 24,27 et 33,22.