Ézéchiel
IntroductionÉzéchiel 1
Nuances du texte source · restitution Déployée
La trentième année, au quatrième mois, le cinquième jour du mois, alors que j’étais parmi les exilés près du fleuve Kebar, les cieux s’ouvrirent et je vis des visions de Dieu. — La référence de la « trentième année » n’est pas explicitée par le texte ; Kebar est le canal de déportation babylonien.
Le cinquième jour du mois — c’était la cinquième année de l’exil du roi Yekonia — — Le verset synchronise la vision avec l’exil de Yoyakîn/Yekonia, 597 av. n.è.
la parole du SEIGNEUR fut réellement adressée à Ézéchiel, fils de Bouzi, le prêtre, au pays des Chaldéens, près du fleuve Kebar ; là, la main du SEIGNEUR fut sur lui. — hayoh hayah intensifie l’événement de parole ; « main de YHWH » désigne la saisie prophétique.
Je regardai : voici qu’un vent de tempête venait du nord, un grand nuage, un feu jaillissant, entouré d’une clarté ; et au milieu du feu quelque chose brillait comme du métal incandescent. — ḥashmal est un terme rare, traditionnellement rendu par électrum/métal brillant ; son sens exact demeure incertain.
Au milieu apparaissait la forme de quatre êtres vivants ; leur aspect ressemblait à celui d’un être humain. — ḥayyot, « vivants/êtres vivants », sera identifié aux chérubins en Éz 10,20.
Chacun avait quatre faces et chacun quatre ailes.
Leurs jambes étaient droites ; la plante de leurs pieds ressemblait au sabot d’un veau et étincelait comme du bronze poli. — Le mot pour « poli/brillant » est incertain dans le détail ; l’image souligne l’éclat métallique.
Sous leurs ailes, sur leurs quatre côtés, ils avaient des mains humaines. Tous les quatre avaient leurs faces et leurs ailes.
Leurs ailes se joignaient l’une à l’autre. Ils ne se détournaient pas en avançant : chacun allait droit devant lui. — « femme vers sa sœur » est l’idiome hébreu pour « l’une à l’autre ».
Voici l’aspect de leurs faces : chacun avait une face d’homme ; tous les quatre avaient, à droite, une face de lion, à gauche une face de taureau, et tous les quatre une face d’aigle.
Leurs faces étaient ainsi, et leurs ailes déployées vers le haut : chacun avait deux ailes jointes à celles d’un autre, et deux qui couvraient son corps.
Chacun allait droit devant lui ; ils allaient là où l’esprit voulait aller, sans se détourner en avançant. — ruaḥ peut désigner vent, souffle ou esprit ; le contexte devient moteur de la vision.
L’aspect des êtres vivants ressemblait à des braises ardentes, à l’apparence de torches ; le feu circulait entre les êtres vivants, éclatant, et du feu sortaient des éclairs.
Les êtres vivants allaient et revenaient, semblables à l’éclair. — Le verbe décrit un mouvement extrêmement rapide d’aller-retour.
Je regardai les êtres vivants : voici qu’il y avait une roue sur la terre, à côté des êtres vivants, pour chacune de leurs quatre faces.
L’aspect et la structure des roues brillaient comme la chrysolithe. Toutes les quatre avaient la même forme ; leur aspect et leur structure étaient comme si une roue se trouvait au milieu d’une autre roue. — tarshish peut désigner une pierre précieuse, souvent identifiée à la chrysolithe ou au béryl.
Quand elles avançaient, elles allaient vers leurs quatre côtés ; elles ne se détournaient pas en avançant.
Leurs jantes étaient hautes et redoutables ; les jantes des quatre roues étaient pleines d’yeux tout autour. — gabbim désigne les jantes/circonférences ; les « yeux » expriment la vision omnidirectionnelle.
Quand les êtres vivants avançaient, les roues avançaient à côté d’eux ; et quand les êtres vivants s’élevaient au-dessus de la terre, les roues s’élevaient.
Là où l’esprit voulait aller, ils allaient ; les roues s’élevaient avec eux, car l’esprit de l’être vivant était dans les roues. — Le singulier ḥayyah peut avoir valeur collective : « l’être vivant / les vivants ».
Quand ils avançaient, elles avançaient ; quand ils s’arrêtaient, elles s’arrêtaient ; quand ils s’élevaient au-dessus de la terre, les roues s’élevaient avec eux, car l’esprit de l’être vivant était dans les roues.
Au-dessus des têtes des êtres vivants apparaissait une étendue, semblable à un cristal impressionnant, déployée au-dessus de leurs têtes. — raqiaʿ est l’« étendue/firmament » ; qeraḥ signifie glace/cristal.
Sous l’étendue, leurs ailes étaient droites l’une vers l’autre ; chacun en avait deux couvrant son corps d’un côté et deux le couvrant de l’autre.
J’entendis le bruit de leurs ailes quand ils avançaient : comme le bruit de grandes eaux, comme la voix du Puissant ; un bruit de tumulte, comme celui d’une armée. Quand ils s’arrêtaient, ils abaissaient leurs ailes. — Shaddaï est un titre divin traditionnellement rendu « Tout-Puissant » ; ici l’accent est acoustique et théophanique.
Une voix se fit entendre au-dessus de l’étendue qui était au-dessus de leurs têtes. Quand ils s’arrêtaient, ils abaissaient leurs ailes.
Au-dessus de l’étendue qui était au-dessus de leurs têtes, il y avait comme l’apparence d’une pierre de saphir, semblable à un trône ; et sur cette forme de trône, tout en haut, une forme ayant l’apparence d’un homme. — Le texte accumule les comparatifs « comme / ressemblance » pour préserver la distance entre vision et réalité divine.
Je vis comme l’éclat d’un métal incandescent, comme du feu enfermé tout autour, depuis ce qui semblait être ses reins vers le haut ; et depuis ce qui semblait être ses reins vers le bas, je vis comme du feu, entouré d’une clarté. — ḥashmal revient du v.4 ; la syntaxe de « feu maison/enveloppant » est difficile.
Comme l’aspect de l’arc qui apparaît dans la nuée un jour de pluie, tel était l’aspect de la clarté tout autour. C’était l’aspect de la ressemblance de la gloire du SEIGNEUR. À cette vue, je tombai face contre terre, et j’entendis la voix de quelqu’un qui parlait. — kavod YHWH, « gloire de YHWH », désigne ici la manifestation divine ; même à son sommet, la vision reste décrite comme « apparence de ressemblance ».