Ecclésiaste
IntroductionEcclésiaste 9
Édition évolutive · en cours de révision · non validée S5 · reformulation contrôlée pour saisir immédiatement le sens discursif · restitution Paraphrase
J’ai réfléchi à tout cela et compris que les justes, les sages et leurs actions sont entre les mains de Dieu. L’être humain ne sait pas d’avance si l’amour ou la haine l’attend : tout reste devant lui.
Un même événement finit par atteindre tous les humains : juste et méchant, pur et impur, celui qui offre des sacrifices et celui qui n’en offre pas, celui qui respecte son serment et celui qui le prend à la légère.
Voilà l’un des maux de la vie sous le soleil : tous rencontrent finalement le même sort. Pendant leur vie, le cœur humain peut se remplir de mal et de folie, puis tous rejoignent les morts.
Tant qu’un homme appartient encore au monde des vivants, une espérance demeure : mieux vaut même un chien vivant qu’un lion mort.
Les vivants savent au moins qu’ils mourront ; les morts n’ont plus de connaissance ni de récompense dans ce monde, et leur souvenir finit par s’effacer.
Leurs amours, leurs haines et leurs jalousies appartiennent désormais au passé ; ils ne participent plus à ce qui se fait sous le soleil.
Alors va : mange ton pain avec joie et bois ton vin d’un cœur heureux ; reçois la vie présente comme un bien que Dieu te permet de goûter.
Que tes vêtements expriment la fête plutôt que le deuil et que l’huile parfumée ne manque pas sur ta tête.
Goûte la vie avec la femme que tu aimes pendant tous les jours fugaces qui te sont donnés sous le soleil. Voilà ta part au milieu de la vie et du travail auquel tu te consacres.
Tout ce que ta main peut accomplir, fais-le maintenant avec toute ta force ; dans le Shéol vers lequel tu vas, il n’y a plus d’activité, de projet, de connaissance ou de sagesse permettant d’agir.
J’ai encore vu que la victoire ne revient pas toujours au plus rapide, ni la bataille au plus fort, ni la nourriture au plus sage, ni la richesse au plus intelligent, ni la faveur au plus instruit : temps et imprévu atteignent chacun.
L’être humain ignore le moment où le malheur le surprendra. Comme des poissons capturés dans un mauvais filet ou des oiseaux pris au piège, les humains peuvent être saisis soudainement par l’adversité.
J’ai vu sous le soleil un exemple de sagesse qui m’a profondément marqué.
Une petite ville peu peuplée fut assiégée par un grand roi qui construisit contre elle de puissants ouvrages de siège.
Il s’y trouvait un homme pauvre mais sage ; sa sagesse permit de sauver la ville, mais ensuite personne ne se souvint de lui.
J’en ai conclu que la sagesse vaut mieux que la force ; pourtant la sagesse d’un pauvre peut être méprisée et ses paroles ignorées.
Des paroles sages entendues dans le calme valent mieux que les cris d’un dirigeant au milieu des insensés.
La sagesse vaut mieux que les armes de guerre ; mais un seul homme qui agit mal peut détruire beaucoup de bien.