Deutéronome

Introduction

Deutéronome 28

Analyse du texte source · restitution Philologique

Shamoa‘ tishma‘ est l’infinitif absolu suivi du verbe : « écouter, tu écouteras », emphase conditionnelle.

Ouvasu ‘alekha wehissigukha : les bénédictions « viendront sur toi et t’atteindront » ; cette formule sera inversée en malédiction aux v. 15 et 45.

Ville et champ forment un mérisme couvrant l’espace de vie entier.

Shegar ’alafekha et ‘ashtarot tsonekha sont des termes pastoraux pour la progéniture des bovins et du petit bétail.

Tene’ et mishe’eret : corbeille et pétrin/auge à pâte, deux images du ravitaillement quotidien.

Entrée et sortie forment un mérisme couvrant l’ensemble des déplacements et activités.

Un chemin contre sept chemins oppose l’unité de l’attaque à la dispersion totale de la fuite ; le chiffre sept a ici une force rhétorique.

Asamekha désigne les greniers/réserves ; mishlaḥ yad est l’entreprise ou activité de la main.

YHWH « établira » Israël comme ‘am qadosh ; la sainteté est liée ici à la fidélité d’alliance.

« Le nom de YHWH est appelé sur toi » exprime l’appartenance publique à YHWH.

Le triple « fruit » — ventre, bétail, sol — reprend le langage de fécondité de l’alliance.

’Otsaro hattov, « son bon trésor », est apposé aux cieux d’où vient la pluie ; prêt et absence d’emprunt expriment la prospérité.

« Tête et non queue », « en haut et non en bas » sont deux couples de renversement de statut.

Droite/gauche est le mérisme classique de l’écart interdit ; la finale vise explicitement le service d’autres dieux.

La protase négative répond au v. 1 ; les malédictions « viennent et atteignent » comme les bénédictions du v. 2.

Ville et champ reprennent en négatif le v. 3.

Corbeille et pétrin reprennent en négatif le v. 5.

La malédiction inverse la fécondité du v. 4.

Entrée et sortie reprennent en négatif le v. 6.

Me’erah, mehoumah, mig‘eret sont trois termes distincts : malédiction, confusion et réprimande.

Dabaq, « s’attacher », est appliqué à la peste : image d’un fléau qui ne lâche plus sa victime.

La série des affections et fléaux contient plusieurs lexèmes médicaux et agricoles anciens dont l’identification précise demeure incertaine.

Ciel de bronze et terre de fer constituent une image hyperbolique de sécheresse et d’improductivité.

La pluie est remplacée par poussière et poudre : inversion ironique du « bon trésor » céleste du v. 12.

Zeva‘ah est un terme rare : épouvante, tremblement, objet de consternation.

L’absence de maḥarid, « personne qui fasse fuir », achève l’image de l’exposition sans protection du cadavre.

Le qeré massorétique lit teḥorim, « tumeurs », là où le ketiv consonantique présente une autre forme.

Shigga‘on, ‘iwwaron et timhon levav : folie, aveuglement et stupeur/égarement du cœur.

Le tâtonnement à midi transpose l’aveuglement en image sociale : incapacité d’agir et absence de moshia‘, sauveteur.

Le qeré massorétique euphémise le verbe sexuel ; la séquence femme–maison–vigne inverse les exemptions heureuses de Dt 20,5–7.

Les trois pertes — bœuf, âne, petit bétail — culminent de nouveau par « il n’y aura pas de sauveteur ».

Khalot ‘enayim exprime les yeux qui s’épuisent/se consument d’attente ; « ta main » désigne ici la capacité d’agir.

‘Ashuq et ratsuts forment une paire : opprimé et écrasé/broyé continuellement.

Meshugga‘ décrit la folie provoquée par ce que les yeux voient ; le jugement passe par l’expérience elle-même.

Sheḥin est une affection cutanée/ulcéreuse ; la formule plante du pied–sommet de la tête indique la totalité du corps.

L’exil inclut « le roi que tu établiras sur toi », écho direct à la législation royale de Dt 17.

Shammah, mashal, sheninah : stupeur, proverbe et raillerie ; l’identité collective devient objet de discours parmi les peuples.

Arbeh est la sauterelle/criquet ; abondance des semailles et petitesse de la récolte forment le contraste.

Tola‘at, « ver », détruit le produit de la vigne ; planter et travailler n’aboutissent plus à la jouissance du fruit.

Le verbe appliqué aux olives décrit leur chute/perte avant l’usage de l’huile.

Les enfants « ne seront pas à toi » parce qu’ils iront en captivité : perte familiale formulée comme dépossession.

Tselatsal est un ravageur au nom probablement onomatopéique ; son identification zoologique précise est incertaine.

Le ger s’élève tandis qu’Israël descend : renversement social explicite.

Le couple prêteur/emprunteur et tête/queue inverse exactement les bénédictions des v. 12–13.

La triple progression « viendront, poursuivront, atteindront » intensifie la formule du v. 15 et répond au v. 2.

’Ot et mofet, « signe et prodige », vocabulaire habituellement positif de l’Exode, deviennent ici signes du jugement.

Besimḥah ouv-touv levav : « avec joie et avec bonté/bonheur de cœur » ; le défaut reproché porte sur la manière de servir dans l’abondance.

Le « joug de fer » condense la servitude imposée par l’ennemi et fait écho au vocabulaire d’esclavage.

Yid’eh hannesher décrit un rapace qui fond rapidement ; nesher ne permet pas toujours une identification zoologique stricte.

‘Az panim signifie « dur de face/visage », idiome d’insensibilité et d’absence de considération.

Grain, vin nouveau et huile forment la triade agricole ; la consommation ennemie inverse les bénédictions de fécondité.

Les murailles « dans lesquelles tu te confiais » deviennent précisément l’objet qui s’effondre sous le siège.

Le « fruit de ton ventre » reprend le vocabulaire de bénédiction du v. 4 dans une inversion extrême liée au siège.

Rakh we‘anog, délicat et raffiné, devient « mauvais d’œil » envers les plus proches ; l’expression marque une avarice née de la famine.

La formule « il ne lui restera rien » explique le refus de partager jusque dans l’horreur du siège.

La description accumule les signes de délicatesse extrême afin de mesurer le renversement produit par la famine.

Shilyatah désigne ce qui sort lors de l’accouchement, souvent compris comme délivre/placenta ; le verset poursuit sans atténuation l’image de famine extrême.

Hashem hannikhbad wehannora, « le nom glorieux et redoutable », est immédiatement identifié à YHWH ton Dieu.

Hifla’ YHWH et-makkotekha : YHWH rendra les plaies « extraordinaires » ; la racine pl’ marque ce qui dépasse l’ordinaire.

Les « maladies d’Égypte » réapparaissent : l’Exode protecteur est narrativement inversé en retour des fléaux.

Sefer hattorah hazzot, « livre/rouleau de cette Torah », fonctionne ici comme référence écrite au corpus de malédiction.

Le « petit nombre » inverse la comparaison antérieure avec les étoiles des cieux.

La formule attribuant à YHWH le fait de « se réjouir » de détruire est rhétoriquement dure ; la traduction la conserve sans atténuation.

La dispersion « d’une extrémité de la terre à l’autre » universalise l’exil et se combine au service d’autres dieux.

Lev ragaz, kilayon ‘enayim, de’avon nefesh : cœur agité, épuisement des yeux, défaillance de la vie intérieure.

Ḥayyeykha telu’im, « ta vie suspendue », exprime une existence tenue dans l’incertitude permanente.

Mi-yitten est une formule optative : « si seulement ». Matin et soir deviennent objets d’un désir de fuite réciproque.

Hitmakartem est réfléchi : « vous vous mettrez/vendrez vous-mêmes » comme esclaves ; le retour en Égypte inverse l’Exode.

Ce verset appartient à Dt 28 dans la versification hébraïque OSHB/WLC, mais correspond souvent à 29,1 dans les versifications chrétiennes.

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