Deutéronome
IntroductionDeutéronome 26
Nuances du texte source · restitution Déployée
Lorsque tu seras entré dans le pays que le SEIGNEUR ton Dieu te donne en héritage, que tu en auras pris possession et que tu y habiteras, [La séquence entrer–posséder–habiter ouvre le rite des prémices comme acte de réception du don territorial.]
tu prendras des prémices de tout fruit du sol que tu feras venir de ton pays que le SEIGNEUR ton Dieu te donne, tu les mettras dans une corbeille et tu iras au lieu que le SEIGNEUR ton Dieu choisira pour y faire demeurer son nom. [Reshit : commencement/prémices ; tene’ : corbeille, panier.]
Tu viendras vers le prêtre qui sera en ces jours-là et tu lui diras : « Je déclare aujourd’hui au SEIGNEUR ton Dieu que je suis entré dans le pays que le SEIGNEUR a juré à nos pères de nous donner. »
Le prêtre prendra la corbeille de ta main et la déposera devant l’autel du SEIGNEUR ton Dieu. [Le geste précède la confession historique des v. 5-10.]
Tu prendras la parole et diras devant le SEIGNEUR ton Dieu : « Araméen errant était mon père. Il descendit en Égypte et y séjourna peu nombreux ; là, il devint une nation grande, puissante et nombreuse.
Les Égyptiens nous firent du mal, nous humilièrent et mirent sur nous un dur service. [Les trois verbes décrivent oppression, humiliation et travail forcé.]
Nous avons crié vers le SEIGNEUR, Dieu de nos pères ; le SEIGNEUR a entendu notre voix et a vu notre misère, notre peine et notre oppression. [‘Oni, ‘amal, laḥats : misère/affliction, labeur pénible, pression/oppression.]
Le SEIGNEUR nous a fait sortir d’Égypte par une main forte, par un bras étendu, par une grande terreur, par des signes et par des prodiges. [Formule exodique cumulative, conservée sans réduction.]
Il nous a fait venir vers ce lieu et nous a donné ce pays, un pays ruisselant de lait et de miel. [La confession relie directement Exode, arrivée et don de la terre.]
« Et maintenant, voici que j’ai apporté les prémices du fruit du sol que tu m’as donné, SEIGNEUR. » Tu les déposeras devant le SEIGNEUR ton Dieu et tu te prosterneras devant le SEIGNEUR ton Dieu. [Le don des prémices répond au don préalable de la terre.]
Tu te réjouiras de tout le bien que le SEIGNEUR ton Dieu t’a donné, à toi et à ta maison, toi, le lévite et le ger qui est au milieu de toi. [La joie cultuelle inclut explicitement le lévite et le ger.]
Lorsque tu auras achevé de prélever toute la dîme de ta récolte, la troisième année, l’année de la dîme, et que tu l’auras donnée au lévite, au ger, à l’orphelin et à la veuve, et qu’ils auront mangé dans tes portes et se seront rassasiés, [La « troisième année » reprend la dîme locale de Dt 14,28-29.]
tu diras devant le SEIGNEUR ton Dieu : « J’ai ôté de la maison ce qui est saint et je l’ai aussi donné au lévite, au ger, à l’orphelin et à la veuve, selon tout ton commandement que tu m’as ordonné. Je n’ai pas transgressé tes commandements et je n’ai pas oublié. [Ha-qodesh désigne ici la part consacrée de la dîme.]
Je n’en ai pas mangé dans mon deuil, je n’en ai rien ôté dans l’impureté et je n’en ai rien donné à un mort. J’ai écouté la voix du SEIGNEUR mon Dieu ; j’ai fait selon tout ce que tu m’as ordonné. [Be’oni est ici « dans mon deuil/affliction » ; « donner à un mort » peut renvoyer à des usages funéraires sans qu’ils soient précisés.]
Regarde depuis ta demeure sainte, depuis les cieux, et bénis ton peuple Israël et le sol que tu nous as donné, comme tu l’as juré à nos pères, pays ruisselant de lait et de miel. [Le rite s’achève par une demande de bénédiction sur peuple et terre.]
Aujourd’hui, le SEIGNEUR ton Dieu t’ordonne de mettre en pratique ces prescriptions et ces jugements ; tu les garderas et les feras de tout ton cœur et de toute ta vie. [Le langage de totalité — cœur et nefesh — clôt le corpus de prescriptions.]
Aujourd’hui, tu as fait déclarer au SEIGNEUR qu’il sera pour toi Dieu, que tu marcheras dans ses voies, garderas ses prescriptions, ses commandements et ses jugements, et écouteras sa voix.
Et le SEIGNEUR t’a fait déclarer aujourd’hui comme son peuple de propriété particulière, ainsi qu’il te l’a dit, et pour garder tous ses commandements, [Segullah : propriété précieuse/particulière ; le parallélisme avec v. 17 exprime une reconnaissance réciproque de l’alliance.]
et pour te placer très haut au-dessus de toutes les nations qu’il a faites, pour louange, pour nom et pour splendeur, et pour que tu sois un peuple saint pour le SEIGNEUR ton Dieu, comme il l’a dit. [Tehillah, shem, tif’eret : louange, nom/réputation, splendeur/honneur.]