Deutéronome
IntroductionDeutéronome 24
Nuances du texte source · restitution Déployée
Lorsqu’un homme prend une femme et devient son mari, s’il arrive qu’elle ne trouve plus faveur à ses yeux parce qu’il a trouvé chez elle une chose indécente, qu’il lui écrive un acte de rupture, le mette dans sa main et la renvoie de sa maison, [Le v. 1 ouvre une longue condition qui se poursuit jusqu’au v. 4 ; sefer keritut est un « document de rupture/divorce » ; ‘erwat davar reste volontairement indéterminé.]
qu’elle sorte de sa maison, s’en aille et devienne la femme d’un autre homme, [Le remariage est posé comme élément de la condition, non comme prescription autonome.]
et si le dernier mari la hait, lui écrit un acte de rupture, le met dans sa main et la renvoie de sa maison, ou si le dernier mari qui l’avait prise pour femme meurt,
son premier mari, qui l’avait renvoyée, ne pourra pas revenir la prendre pour femme après qu’elle a été rendue impure, car c’est une abomination devant le SEIGNEUR. Tu ne feras pas pécher le pays que le SEIGNEUR ton Dieu te donne en héritage. [Huttama’ah, « elle a été rendue impure », décrit son statut après le remariage relativement au premier mari ; la clause principale de 24,1-4 est l’interdiction de retour au premier mariage.]
Lorsqu’un homme aura pris une femme nouvelle, il ne sortira pas à l’armée et aucune charge ne passera sur lui. Il sera libre pour sa maison pendant une année et réjouira la femme qu’il a prise. [Naqi, « libre/exempt », marque une exemption publique ; simmaḥ est causatif : « rendre joyeuse » son épouse.]
On ne prendra pas en gage les deux meules, ni même la meule supérieure, car ce serait prendre la vie en gage. [Reḥayim warakhev désigne les éléments du moulin domestique ; nefesh, « vie », souligne qu’un outil vital de subsistance ne peut servir de garantie.]
Si l’on trouve un homme volant une personne parmi ses frères, les fils d’Israël, qu’il l’ait traité comme marchandise et vendu, ce voleur mourra. Tu élimineras le mal du milieu de toi. [Ganav nefesh, littéralement « voler une personne/vie », est le rapt ; hit‘ammer signifie exploiter ou traiter en marchandise/esclave.]
Prends garde, concernant une atteinte de tsaraat, à garder avec grand soin et à agir selon tout ce que les prêtres lévites vous enseigneront ; vous veillerez à faire comme je le leur ai ordonné.
Souviens-toi de ce que le SEIGNEUR ton Dieu a fait à Miryam sur le chemin, à votre sortie d’Égypte. [L’allusion renvoie à Nombres 12 et sert d’exemple mémoriel associé à tsara‘at.]
Lorsque tu prêteras à ton prochain quelque chose en prêt, tu n’entreras pas dans sa maison pour saisir son gage. [Le créancier ne peut pénétrer dans la maison du débiteur pour choisir ou prendre de force la garantie.]
Tu te tiendras dehors, et l’homme dont tu es créancier fera sortir vers toi le gage dehors. [La règle protège l’espace domestique et laisse au débiteur la maîtrise de ce qu’il remet comme garantie.]
Et si c’est un homme pauvre, tu ne te coucheras pas avec son gage. [Lo tishkav ba‘avoto, littéralement « tu ne te coucheras pas avec son gage », signifie ne pas le conserver pour la nuit.]
Rendre, tu lui rendras son gage lorsque le soleil se couchera ; il se couchera dans son vêtement et te bénira, et cela sera pour toi justice devant le SEIGNEUR ton Dieu. [Tsedaqah désigne ici une conduite reconnue comme juste dans le cadre de l’alliance et du droit social.]
Tu n’opprimeras pas un salarié pauvre et nécessiteux, qu’il soit de tes frères ou de ton ger qui est dans ton pays, dans tes portes. [‘Ashaq signifie retenir/exploiter injustement, notamment ici par non-paiement du salaire.]
Le jour même tu lui donneras son salaire ; le soleil ne se couchera pas dessus, car il est pauvre et vers ce salaire il porte sa vie. Qu’il ne crie pas contre toi vers le SEIGNEUR et qu’il n’y ait pas en toi péché. [« Vers lui il porte sa nefesh » signifie qu’il dépend vitalement de ce salaire ; le paiement doit donc être immédiat.]
Les pères ne seront pas mis à mort à cause des fils, et les fils ne seront pas mis à mort à cause des pères ; chacun sera mis à mort pour son péché. [Il s’agit d’une règle de responsabilité pénale individuelle dans le cadre judiciaire, non d’une formulation exhaustive sur toute conséquence intergénérationnelle.]
Tu ne détourneras pas le jugement du ger ni de l’orphelin, et tu ne prendras pas en gage le vêtement d’une veuve.
Tu te souviendras que tu as été esclave en Égypte et que le SEIGNEUR ton Dieu t’a racheté de là. C’est pourquoi je t’ordonne de faire cette chose. [La mémoire de l’esclavage fonde l’éthique de protection du vulnérable.]
Lorsque tu moissonneras ta moisson dans ton champ et que tu oublieras une gerbe dans le champ, tu ne retourneras pas la prendre ; elle sera pour le ger, l’orphelin et la veuve, afin que le SEIGNEUR ton Dieu te bénisse dans toute œuvre de tes mains. [La glanure n’est pas décrite comme charité facultative mais comme renoncement obligatoire à une partie de la récolte.]
Lorsque tu battras ton olivier, tu ne repasseras pas après toi ; ce qui reste sera pour le ger, l’orphelin et la veuve. [Tefa’er est rare ; le sens contextuel est ne pas repasser soigneusement sur l’arbre pour récupérer les olives restantes.]
Lorsque tu vendangeras ta vigne, tu ne grappilleras pas après toi ; ce qui reste sera pour le ger, l’orphelin et la veuve. [‘Olelel désigne la seconde collecte des grappes restantes après vendange.]
Tu te souviendras que tu as été esclave au pays d’Égypte. C’est pourquoi je t’ordonne de faire cette chose. [Le chapitre s’achève comme le v. 18 : la mémoire de l’esclavage motive le droit social.]