4 Maccabées

Introduction

4 Maccabées 16

Édition évolutive · en cours de révision · non validée S5 · reformulation contrôlée pour saisir immédiatement le sens discursif · restitution Paraphrase

L’exemple de cette mère âgée qui a vu mourir ses sept fils sans renier sa fidélité démontre, selon l’auteur, que la raison formée par la piété peut dominer les passions les plus puissantes.

La démonstration ne repose plus seulement sur des hommes : cette femme a elle aussi affronté les pires supplices sans céder.

Aucun danger extérieur n’égale ici, pour l’auteur, le feu intérieur de l’amour maternel : voir souffrir ses sept fils était pour elle une épreuve plus violente encore.

Sa fidélité à Dieu lui permit de ne pas être gouvernée par l’intensité de ses sentiments maternels.

Mais si cette mère, malgré son amour pour ses fils, avait laissé la peur l’emporter, elle se serait lamentée sur eux et aurait pu leur parler ainsi :

« Quelle détresse ! J’ai donné naissance à sept fils, et tous m’ont été enlevés.

Tout ce que j’ai enduré pour les porter, les nourrir et les faire grandir semblerait désormais avoir été inutile.

Les douleurs de leur naissance et tous les efforts de leur éducation pourraient lui paraître anéantis par leur mort.

Elle aurait pu pleurer aussi l’avenir familial disparu : aucun petit-enfant à voir, aucune joie de grand-mère à connaître.

Celle qui avait une grande famille se retrouverait seule, veuve et submergée de deuil.

Elle n’aurait même plus un fils pour accomplir envers elle les derniers devoirs funéraires. »

Or elle ne prononça pas ces plaintes : elle n’essaya pas de sauver leur vie au prix de leur fidélité, et elle ne considéra pas leur mort comme une défaite.

Sa résolution est décrite comme inflexible : elle voit leur fidélité jusque dans la mort comme une nouvelle naissance, cette fois pour l’immortalité.

Ô mère, soldat de Dieu par ta piété ! Malgré ton âge, ton endurance a vaincu le tyran, et tu t’es montrée plus forte qu’un homme par tes actes et tes paroles.

Au moment de l’arrestation, alors qu’elle assistait au supplice d’Éléazar, elle encouragea ses fils dans leur propre langue :

« Mes fils, le combat qui vous attend est digne de vous : restez fermes pour notre peuple et pour la Loi reçue de nos pères.

Éléazar, malgré son âge, a enduré la souffrance par fidélité ; vous qui êtes jeunes, ne laissez donc pas les supplices vous effrayer.

Votre vie elle-même est un don de Dieu : c’est de lui que vous avez reçu d’exister et de participer à ce monde.

Puisque votre vie vient de Dieu, votre fidélité envers lui doit demeurer même lorsque cette fidélité coûte la souffrance.

Souvenez-vous d’Abraham et d’Isaac : l’un était prêt à offrir son fils à Dieu, et l’autre ne recula pas lorsque l’épreuve arriva.

Daniel et les trois jeunes gens ont eux aussi affronté la mort plutôt que d’abandonner leur fidélité à Dieu.

Ayez la même confiance en Dieu : ne laissez pas la souffrance vous détourner de lui.

Connaître véritablement la piété implique, selon elle, de rester ferme lorsque la fidélité est éprouvée. »

Ainsi elle les encouragea un par un à préférer la mort à la violation du commandement divin.

Leur espérance était que la mort subie par fidélité ne les retranchait pas de Dieu : les patriarches eux-mêmes étaient pour eux le modèle de cette vie auprès de Dieu.

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