4 Maccabées
Introduction4 Maccabées 13
Édition évolutive · en cours de révision · non validée S5 · reformulation contrôlée pour saisir immédiatement le sens discursif · restitution Paraphrase
Les sept frères ont accepté jusqu’à la mort plutôt que de céder : leur conduite manifeste donc, selon l’auteur, que la raison façonnée par la piété peut gouverner les passions.
S’ils avaient été esclaves de leurs passions et avaient mangé des aliments impurs, nous aurions dit qu’elles les avaient vaincus.
Mais il n’en fut rien : par le raisonnement que Dieu approuve, ils ont dominé leurs passions.
On ne peut ignorer la suprématie de leur intelligence : ils ont vaincu à la fois les passions et les souffrances.
Comment ne pas reconnaître chez eux la maîtrise des passions par un juste raisonnement, puisqu’ils n’ont pas reculé devant les douleurs du feu ?
De même que les tours avancées d’un port brisent la menace des vagues et rendent l’entrée calme aux navires,
Ainsi le raisonnement de ces sept jeunes hommes fut comme sept tours fortifiant le port de la piété ; il résista à la tempête des passions et la vainquit.
Ils formaient comme un chœur sacré de piété et s’encourageaient les uns les autres en disant :
« Restons unis jusque dans la mort pour la Loi. Souvenons-nous des trois jeunes gens qui, avant nous, n’ont pas cédé devant la fournaise.
Ne soyons pas lâches lorsqu’il s’agit de manifester notre piété. »
L’un disait : « Courage, frère ! » Un autre : « Tiens bon avec noblesse ! »
« N’oubliez pas de quelle lignée nous venons : Isaac lui-même s’était remis entre les mains de son père lorsque sa fidélité à Dieu fut éprouvée. »
Et tous, se regardant avec des visages lumineux et pleins de courage, se disaient : « Consacrons-nous de tout notre cœur à Dieu, qui nous a donné la vie, et mettons nos corps au service de la garde de la Loi.
Ne craignons pas celui qui paraît pouvoir tuer.
Car le véritable combat concerne l’âme, et un péril de tourment éternel attend ceux qui transgressent le commandement de Dieu.
Armons-nous donc de cette maîtrise des passions que donne le raisonnement divin.
Si nous mourons ainsi, Abraham, Isaac et Jacob nous accueilleront, et tous nos pères nous loueront. »
Et chaque fois qu’un frère était arraché aux autres, ceux qui restaient lui disaient : « Ne nous couvre pas de honte, frère ; ne sois pas infidèle à nos frères morts avant nous. »
Vous connaissez les liens de la fraternité, que la providence divine et toute sage distribue aux enfants par leurs pères et plante déjà dans le sein maternel.
Dans ce même sein, les frères ont demeuré un temps semblable, ont été formés ensemble, ont grandi du même sang et ont été conduits à maturité dans une même vie.
Nés après des temps semblables, ils ont bu aux mêmes sources de lait ; de ces mêmes embrassements se nourrissent des âmes attachées à leurs frères.
Cet amour grandit encore par la vie commune, l’habitude quotidienne, toute l’éducation reçue ensemble et notre exercice dans la Loi de Dieu.
Ainsi formée dans la compassion, leur affection fraternelle rendait les sept frères encore plus sensibles les uns aux autres.
Instruits par la même Loi, exercés aux mêmes vertus et élevés ensemble dans une vie juste, ils s’aimaient d’autant plus.
Leur même zèle pour ce qui est noble et bon renforçait leur bienveillance mutuelle et leur concorde.
Et la piété elle-même rendait leur amour fraternel encore plus précieux à leurs yeux.
Pourtant, malgré tout ce que la nature, la vie commune et la vertu ajoutaient à cet amour, ceux qui restaient supportèrent, par piété, de voir leurs frères maltraités et torturés jusqu’à la mort.