2 Samuel

Introduction

2 Samuel 22

Nuances du texte source · restitution Déployée

David adressa au SEIGNEUR les paroles de ce chant, le jour où le SEIGNEUR l’eut délivré de la main de tous ses ennemis et de la main de Saül.

« Le SEIGNEUR [YHWH] est mon rocher [sela‘], ma forteresse [metsudah] et mon libérateur. »

« Mon Dieu, mon roc [tsur]… la corne de mon salut [qeren yish‘i : image de force/victoire], ma haute retraite [misgav], mon refuge. »

J’invoque le SEIGNEUR, digne de louange, et je suis sauvé de mes ennemis.

« Les vagues de la mort [mishbere-mawet] m’avaient entouré ; les torrents de Bélial [naḥale beliyya‘al : torrents de destruction/chaos] m’avaient épouvanté. »

« Les liens du Shéol [ḥevle She’ol] m’avaient cerné ; les pièges de la mort m’avaient devancé. »

Dans ma détresse, j’invoquai le SEIGNEUR ; vers mon Dieu je criai. De son temple il entendit ma voix, et mon cri parvint à ses oreilles.

Le poème décrit une théophanie cosmique : terre et fondements des cieux tremblent sous la colère divine.

« Une fumée monta dans sa narine [be’appo] » : `’af` signifie narine et, par extension, colère ; le poème exploite l’image corporelle.

Il inclina les cieux et descendit ; une épaisse nuée était sous ses pieds.

« Il chevaucha un chérubin [keruv]… sur les ailes du vent [ruaḥ]. »

`ḥashrat mayim ‘ave sheḥaqim` : masse/obscurité d’eaux, nuages épais ; syntaxe poétique dense.

De l’éclat devant lui jaillirent des charbons de feu.

Du ciel le SEIGNEUR tonna ; le Très-Haut fit entendre sa voix.

Il lança ses flèches et les dispersa, l’éclair, et il les mit en déroute.

« Les lits de la mer [’afiqe yam] apparurent… au souffle [nishmat ruaḥ] de ses narines. »

Il tendit la main d’en haut, il me saisit ; il me retira des eaux profondes.

Il me délivra de mon ennemi puissant, de ceux qui me haïssaient, car ils étaient plus forts que moi.

Ils m’avaient devancé au jour de mon malheur, mais le SEIGNEUR fut mon appui.

« Il me fit sortir au large [lammerḥav]… car il prit plaisir en moi [ḥafets bi]. »

`tsidqati` = ma justice/rectitude ; `bor yaday` = pureté/netteté de mes mains.

Car j’ai gardé les voies du SEIGNEUR et je ne me suis pas rendu coupable envers mon Dieu.

Tous ses jugements étaient devant moi, et je ne me suis pas détourné de ses prescriptions.

`tamim` : intègre, entier, sans défaut ; le poème parle ici de fidélité vécue, non d’une abstraction métaphysique.

Le SEIGNEUR m’a rendu selon ma justice, selon ma pureté devant ses yeux.

Jeu de parallélisme sur `ḥasid / titḥassad` et `tamim / tittammam` : tu te montres fidèle avec le fidèle, intègre avec l’intègre.

« Avec le tortueux tu te montres tortueux/habile [‘iqqesh / tittappal] » : formulation volontairement paradoxale, évoquant l’adaptation de Dieu à la perversité humaine.

Tu sauves le peuple humilié, mais tes yeux abaissent les hautains.

« Tu es ma lampe [ner], SEIGNEUR [YHWH]. »

Avec toi je cours contre une troupe ; avec mon Dieu je franchis une muraille.

« La parole [’imrat] du SEIGNEUR [YHWH] est éprouvée [tserufah : affinée au feu]. »

Car qui est Dieu, sinon le SEIGNEUR ? Qui est un roc, sinon notre Dieu ?

Texte difficile : `wayyatter tamim darki` peut se comprendre « il rend ma voie libre/intègre ». Lecture prudente conservée.

Il rend mes pieds pareils à ceux des biches et me fait tenir sur mes hauteurs.

« Mes bras bandent / font plier un arc de bronze [qeshet neḥushah]. »

`wa‘anotkha tarbeni` : litt. « ton abaissement / ta réponse me grandit » ; texte parallèle au Ps 18 légèrement différent. Traduction conservatrice.

Tu élargis le chemin sous mes pas, et mes chevilles ne chancellent pas.

Je poursuis mes ennemis et je les détruis ; je ne reviens pas avant de les avoir achevés.

Je les achève, je les frappe, ils ne se relèvent plus ; ils tombent sous mes pieds.

Tu me ceins de force pour le combat ; tu fais plier sous moi ceux qui se dressent contre moi.

Tu me livres le dos de mes ennemis ; ceux qui me haïssent, je les réduis au silence.

Ils regardent autour d’eux, mais personne ne sauve ; ils crient vers le SEIGNEUR, mais il ne leur répond pas.

Images militaires hyperboliques : poussière de la terre, boue des rues, écrasement/piétinement.

« Tu me gardes comme tête des nations [rosh goyim]. »

`yitkaḥashu-li` : se soumettre à contrecœur / feindre l’obéissance ; le sens n’est pas nécessairement une loyauté sincère.

`yaḥgeru` est difficile : trembler/sortir en boitant de leurs retranchements. Déployée garde l’idée de sortie craintive.

Le SEIGNEUR est vivant ! Béni soit mon roc ! Qu’il soit exalté, le Dieu, roc de mon salut,

le Dieu qui m’accorde les vengeances et qui fait descendre les peuples sous moi,

qui me fait sortir de chez mes ennemis. Tu m’élèves au-dessus de ceux qui se dressent contre moi ; tu me délivres de l’homme violent.

C’est pourquoi je te célébrerai parmi les nations, SEIGNEUR, et je chanterai ton nom.

`migdol / magdil yeshu‘ot malko` : “tour de délivrances” ou “il magnifie les délivrances de son roi” selon lecture/tradition ; le sens général est l’ampleur du salut accordé au roi. `ḥesed` envers son oint [mashiaḥ].

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