2 Rois 8

Analyse du texte source · restitution Philologique

Et Élisée parla à la femme dont il avait fait vivre le fils : « Lève-toi et va, toi et ta maison, et séjourne où tu séjourneras, car YHWH a appelé la famine, et elle vient aussi vers la terre sept ans. » [`qara’ YHWH lara‘av` : YHWH « appelle » la famine. La femme est identifiée par le miracle de 2 R 4.]

Et la femme se leva et fit selon la parole de l’homme de l’Elohim ; elle alla, elle et sa maison, et séjourna dans la terre des Philistins sept ans. [Le récit souligne l’obéissance immédiate à la parole prophétique.]

Et il arriva, au bout de sept ans, que la femme revint de la terre des Philistins ; elle sortit pour `lits‘oq` vers le roi au sujet de sa maison et de son champ. [`lits‘oq el-hammelekh` : crier/faire appel au roi pour obtenir restitution.]

Et le roi parlait vers Guéhazi, `na‘ar` de l’homme de l’Elohim : « Raconte-moi donc toutes les `gedolot` qu’Élisée a faites. » [`gedolot` : « grandes choses », actes remarquables/miracles.]

Et il arriva, lui racontant au roi comment il avait fait vivre le mort : voici la femme dont il avait fait vivre le fils, criant vers le roi au sujet de sa maison et de son champ. [La coïncidence narrative met la femme elle-même devant le roi au moment précis où son histoire est racontée.]

Le roi questionna la femme et elle lui raconta ; il lui donna un `saris` : « Fais revenir tout ce qui est à elle et tout le produit du champ depuis le jour où elle a quitté la terre jusqu’à maintenant. » [`hashév` : faire revenir/restituer ; la restitution inclut les produits accumulés du champ.]

Et Élisée vint à Damas ; Ben-Hadad, roi d’Aram, était malade, et on lui déclara : « L’homme de l’Elohim est venu jusqu’ici. » [Transition du cycle de la Shounamite au changement dynastique araméen.]

Le roi dit à Hazaël : « Prends dans ta main une `minḥah`… et `darashta` YHWH d’auprès de lui : Est-ce que je vivrai de cette maladie ? » [`minḥah` désigne ici un présent/offrande diplomatique. `ha’eḥyeh meḥoli zeh` : litt. « vivrai-je de cette maladie ? »]

Hazaël alla à sa rencontre, prit `minḥah` dans sa main, tout le bon de Damas, charge de quarante chameaux… « Ton fils Ben-Hadad… Est-ce que je vivrai de cette maladie ? » [« Ton fils » est formule diplomatique de déférence ; le présent est décrit comme `kol-touv Dammeseq`, tout le meilleur de Damas.]

Élisée lui dit : « Va, dis-lui : `ḥayoh tiḥyeh` ; mais YHWH m’a montré que `mot yamut`. » [Le MT présente une tension entre `ḥayoh tiḥyeh` (« vivre, tu vivras ») et `mot yamut` (« mourir, il mourra »). Un qere/ketiv touche aussi la négation/pronom dans « dis-lui ». La traduction conserve la tension au lieu de l’harmoniser.]

Il établit sa face et la posa jusqu’à `bosh`, puis l’homme de l’Elohim pleura. [`wayya‘amed et-panaw wayyasem ‘ad-bosh` est difficile : regard fixé/maintenu « jusqu’à la gêne/honte ». Le sujet est généralement compris comme Élisée.]

Il dit : « Car j’ai su le mal que tu feras aux fils d’Israël : leurs forteresses tu enverras dans le feu, leurs jeunes gens tu tueras par l’épée, leurs petits tu briseras, leurs enceintes tu fendras. » [Le verset énumère explicitement des violences de guerre extrêmes. La traduction les rapporte sans les édulcorer ni les transformer en prescription.]

Hazaël dit : « Car quoi, ton serviteur, le chien, qu’il fasse cette `davar haggadol` ? » Élisée dit : « YHWH m’a montré toi, roi sur Aram. » [« Le chien » est auto-abaissement rhétorique ; `haddavar haggadol` qualifie ici l’énormité de l’action, non sa valeur morale positive.]

Il alla d’auprès d’Élisée… « Il m’a dit : `ḥayoh tiḥyeh`. » [Hazaël ne rapporte que la première partie de l’oracle du v. 10 et omet l’annonce de la mort.]

Et il arriva le lendemain : il prit le `makhber`, le trempa dans les eaux et l’étendit sur sa face ; il mourut, et Hazaël régna à sa place. [`makhber` est une couverture/étoffe épaisse. Le geste entraîne directement la mort dans la narration ; Hazaël succède immédiatement au roi.]

Et dans la cinquième année de Joram fils d’Achab, roi d’Israël, et Josaphat roi de Juda, régna Joram fils de Josaphat, roi de Juda. [La syntaxe du synchronisme est difficile et touche les questions de corégence ; Étude conserve la formulation sans reconstruire une chronologie supplémentaire.]

Fils de trente-deux ans il était à son règne, et huit ans il régna à Jérusalem. [Formule annalistique : âge à l’accession et durée du règne.]

Il marcha dans le chemin des rois d’Israël, comme fit la maison d’Achab, car une fille d’Achab fut pour lui comme femme ; il fit le mal aux yeux de YHWH. [Le mariage avec la maison d’Achab est donné par le narrateur comme contexte de l’évaluation cultuelle de Joram.]

Et YHWH ne voulut pas détruire Juda, à cause de David son serviteur, comme il lui avait dit de lui donner un `nir`, à ses fils, tous les jours. [`nir` : lampe, image de continuité dynastique davidique.]

En ses jours Édom se révolta de dessous la main de Juda et ils firent régner sur eux un roi. [`pasha‘ mittaḥat yad Yehudah` : rompre la sujétion « de dessous la main » de Juda.]

Joram passa vers Tsaïr, et tout le char avec lui ; lui se leva la nuit et frappa Édom qui l’entourait et les chefs du char ; le peuple fuit vers ses tentes. [Le verset est syntaxiquement comprimé et la localisation `Tsa‘ir` est discutée ; le résultat militaire n’annule pas la révolte, comme le montre le v. 22.]

Et Édom se révolta de dessous la main de Juda jusqu’à ce jour ; alors Libna se révolta en ce temps-là. [La formule « jusqu’à ce jour » appartient au point de vue du narrateur.]

Et le reste des paroles de Joram et tout ce qu’il fit, n’est-ce pas écrit sur le livre des paroles des jours des rois de Juda ? [Formule annalistique renvoyant au livre des chroniques des rois de Juda.]

Joram se coucha avec ses pères, fut enseveli avec ses pères dans la Cité de David, et Ochozias son fils régna à sa place. [Formule de succession royale : mort, ensevelissement et accession du fils.]

Dans la douzième année de Joram fils d’Achab, roi d’Israël, régna Ochozias fils de Joram, roi de Juda. [Synchronisme annalistique entre le règne d’Israël et celui de Juda.]

Fils de vingt-deux ans Ochozias était à son règne, et une année il régna à Jérusalem ; nom de sa mère : Athalie, `bat ‘Omri`, roi d’Israël. [Le texte appelle Athalie `bat ‘Omri`; `bat` peut fonctionner généalogiquement au sens de fille/descendante. La traduction ne corrige pas la formulation du MT.]

Il marcha dans le chemin de la maison d’Achab et fit le mal aux yeux de YHWH, comme la maison d’Achab, car `ḥatan bet-Aḥ’av` il était. [`ḥatan bet-Aḥ’av` : apparenté par mariage/gendre de la maison d’Achab.]

Il alla avec Joram fils d’Achab à la guerre avec Hazaël, roi d’Aram, à Ramoth-Galaad ; Aram frappa Joram. [Le récit conduit directement aux événements du chapitre 9.]

Le roi Joram revint pour `lehitrappe’` à Yizréel des coups que les Araméens lui avaient frappés à Rama… et Ochozias fils de Joram, roi de Juda, descendit voir Joram fils d’Achab à Yizréel, car malade il était. [`lehitrappe’` : se faire guérir/soigner. La présence simultanée des deux rois à Yizréel prépare le coup d’État de Jéhu.]

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