2 Rois 7

Analyse du texte source · restitution Philologique

Élisée dit : « Écoutez la parole de YHWH : ainsi parle YHWH : comme cette heure demain, une `se’ah` de fleur de farine pour un `sheqel`, et deux `se’atayim` d’orge pour un `sheqel`, à la porte de Samarie. » [Les prix annoncés inversent brutalement ceux du siège en 6,25. `se’ah` est une mesure de capacité ; le `sheqel` est ici unité monétaire/pondérale.]

Et le `shalish` sur la main duquel le roi s’appuyait répondit : « Voici YHWH faisant `arubboth` dans les cieux : cette parole serait-elle ? » Il dit : « Voici, tu vois de tes yeux, et de là tu ne mangeras pas. » [`arubboth bashshamayim` : ouvertures/fenêtres des cieux. L’oracle oppose « voir de tes yeux » et « ne pas en manger ».]

Et quatre hommes étaient `metsora‘im` à l’ouverture de la porte ; ils dirent chacun à son compagnon : « Quoi, nous sommes assis ici jusqu’à ce que nous mourions ? » [`metsora‘im` : personnes atteintes de ṣara‘at ; leur position à l’entrée de la porte les place en marge de la ville assiégée.]

« Et maintenant, allez, `wenippelah` vers le camp d’Aram : s’ils nous font vivre, nous vivrons ; et s’ils nous font mourir, nous mourrons. » [`wenippelah el-maḥaneh Aram` : litt. « tombons vers le camp d’Aram », idiome pour se rendre/passer à l’ennemi.]

Ils se levèrent dans le `neshef` pour venir au camp d’Aram ; ils vinrent jusqu’à l’extrémité du camp, et voici, aucun homme là. [`neshef` peut désigner crépuscule du soir ou de l’aube ; ici le contexte nocturne favorise le soir.]

Et `Adonai` fit entendre au camp d’Aram `qol` de char, `qol` de cheval, `qol` d’une grande armée ; ils dirent : « Voici, le roi d’Israël a loué contre nous les rois des Hittites et les rois d’Égypte. » [Le texte attribue la panique à un phénomène auditif produit par `Adonai` : « voix/bruit de chars, de chevaux, d’une grande armée ». Leur interprétation est erronée mais décisive.]

Ils se levèrent et fuirent dans le `neshef`; ils abandonnèrent leurs tentes, chevaux, ânes, le camp comme il était, et fuirent vers leur `nefesh`. [`el-nafsham` : ils fuient « vers/pour leur nefesh », c’est-à-dire pour sauver leur vie.]

Et ces `metsora‘im` vinrent jusqu’à l’extrémité du camp… ils mangèrent, burent, portèrent de là argent, or et vêtements, allèrent et cachèrent ; ils revinrent… [La répétition de « prendre / aller / cacher / revenir » décrit d’abord une appropriation privée avant le retournement moral du v. 9.]

Ils dirent chacun à son compagnon : « Pas ainsi nous faisons. Ce jour-ci est `yom besorah`, et nous nous taisons ; si nous attendons jusqu’à la lumière du matin, `oumetsa’anu ‘awon`. » [`yom besorah` : « jour de bonne nouvelle ». `oumetsa’anu ‘awon` : litt. « une faute/culpabilité nous trouvera ».]

Ils vinrent et appelèrent les gardiens de la porte… « aucun homme là et pas de `qol adam`; seulement le cheval lié, l’âne lié, et les tentes comme elles sont. » [Le silence absolu du camp confirme matériellement le récit des quatre hommes.]

Et les portiers appelèrent, et ils déclarèrent à la maison du roi, vers l’intérieur. [Transition narrative brève de la porte vers le palais.]

Le roi se leva la nuit… « Ils sont sortis du camp pour se cacher dans le champ… nous les saisirons vivants et vers la ville nous viendrons. » [Le roi interprète le camp vide comme stratagème ; le récit maintient ainsi le suspense malgré l’information donnée au lecteur au v. 6.]

Un de ses serviteurs répondit : « Qu’ils prennent donc cinq des chevaux restants… les voici comme toute la multitude d’Israël restante… comme toute la multitude d’Israël qui est achevée ; envoyons et voyons. » [La phrase hébraïque est redondante et textuellement difficile ; son sens pratique est clair : risquer quelques chevaux ne change guère la situation d’une population condamnée par la famine.]

Ils prirent deux chars de chevaux, et le roi envoya derrière le camp d’Aram : « Allez et voyez. » [La mission suit la trace du camp en fuite vers le Jourdain.]

Ils allèrent derrière eux jusqu’au Jourdain ; voici, tout le chemin plein de vêtements et de `kelim` qu’Aram avait jetés `beḥofzam`. [`beḥofzam` : dans leur hâte/panique. Les objets abandonnés matérialisent la fuite précipitée.]

Le peuple sortit et pilla le camp d’Aram ; une `se’ah` de fleur de farine fut pour un `sheqel`, et deux `se’atayim` d’orge pour un `sheqel`, selon la parole de YHWH. [Accomplissement verbal de l’annonce de 7,1.]

Et le roi préposa sur la porte le `shalish` sur la main duquel il s’appuyait ; le peuple le piétina dans la porte et il mourut, comme avait parlé l’homme de l’Elohim. [La mort accomplit la seconde partie de 7,2 : il voit l’abondance mais n’en mange pas.]

Et il arriva comme avait parlé l’homme de l’Elohim au roi : « Deux `se’atayim` d’orge pour un `sheqel`, et une `se’ah` de fleur de farine pour un `sheqel`… » [Le narrateur reprend l’oracle pour souligner sa réalisation exacte.]

Le `shalish` répondit… « YHWH faisant `arubboth` dans les cieux, serait-ce comme cette parole ? » — « Voici, tu vois de tes yeux, et de là tu ne mangeras pas. » [Reprise presque mot pour mot de 7,2.]

Et il lui fut ainsi ; le peuple le piétina dans la porte et il mourut. [Clôture par formule d’accomplissement sans ajout interprétatif.]

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