2 Rois
Introduction2 Rois 1
Analyse du texte source · restitution Philologique
Et Moab se révolta contre Israël après la mort d’Achab. [`pasha‘ be` : se révolter contre, rompre une relation de sujétion.]
Ochozias tomba par le `sevakha` de sa chambre haute qui était à Samarie, et il fut malade ; il envoya des messagers pour `darash` par Baal-Zeboub, dieu d’Éqron : « Est-ce que je vivrai de cette maladie ? » [`darash be` : consulter/interroger une divinité.]
Et le messager de YHWH parla à Élie le Tishbite : « Lève-toi, monte à la rencontre des messagers du roi de Samarie et parle-leur : Est-ce faute qu’il n’y ait pas d’Elohim en Israël que vous allez `darash` par Baal-Zeboub, dieu d’Éqron ? [La question est emphatique : `ha-mibbeli ein Elohim be-Yisrael` — « Est-ce faute qu’il n’y ait pas de Dieu en Israël ? » L’accusation porte moins sur la recherche d’un pronostic que sur le recours à Baal-Zeboub.]
« Et maintenant, ainsi parle YHWH : le lit sur lequel tu es monté, tu n’en descendras pas, car `mot tamut`. » Et Élie alla. [`mot tamut` est l’infinitif absolu suivi du verbe : « mourir, tu mourras », tournure emphatique de certitude.]
Et les messagers revinrent vers lui, et il leur dit : « Qu’est-ce donc que vous êtes revenus ? » [Le retour immédiat des messagers montre que la mission vers Éqron a été interrompue avant son accomplissement.]
Et ils lui dirent : « Un homme est monté à notre rencontre… Ainsi parle YHWH : est-ce faute qu’il n’y ait pas d’Elohim en Israël que toi tu envoies `darash` par Baal-Zeboub, dieu d’Éqron ?… `mot tamut`. » [Le message répète presque mot pour mot l’oracle des vv. 3–4, avec passage du pluriel au singulier pour viser directement le roi.]
Et il leur parla : « Quel était le `mishpat` de l’homme qui est monté à votre rencontre et vous a parlé de ces paroles ? » [`mah mishpat ha-ish` signifie littéralement « quel était le caractère/la manière/l’aspect de l’homme ? » ; il s’agit d’un signalement permettant l’identification.]
Ils dirent : « Un homme `ba‘al se‘ar`, et une ceinture de peau ceinte à ses reins. » Il dit : « C’est Élie le Tishbite. » [`’ish ba‘al se‘ar` peut décrire un homme velu ou un homme vêtu d’un vêtement de poil ; le texte ne tranche pas explicitement. La ceinture de cuir complète le signalement.]
Et il envoya vers lui un `sar ḥamishshim` et ses cinquante ; il monta vers lui, et voici, il était assis au sommet de la montagne : « Homme de l’Elohim, le roi a parlé : Descends ! » [`śar ḥamishshim` désigne un officier commandant cinquante hommes. Le titre « homme de Dieu » est ici placé dans une injonction royale, ce qui prépare l’épreuve d’autorité.]
Élie répondit au `sar ḥamishshim` : « Et si homme de l’Elohim je suis, qu’un feu descende des cieux et te mange, toi et tes cinquante. » Et un feu descendit des cieux et le mangea, lui et ses cinquante. [La formule conditionnelle « si je suis homme de Dieu » répond directement au titre du v. 9 ; le feu céleste fonctionne dans le récit comme validation de l’autorité prophétique.]
Et il recommença et envoya vers lui un autre `sar ḥamishshim` et ses cinquante… « Homme de l’Elohim, ainsi a parlé le roi : vite, descends ! » [Le second ordre renforce le premier par `meherah`, « vite », accentuant l’opposition entre commandement royal et parole prophétique.]
Élie répondit : « Si homme de l’Elohim je suis, qu’un feu descende des cieux et te mange, toi et tes cinquante. » Et un feu d’Elohim descendit des cieux et le mangea, lui et ses cinquante. [Le MT précise cette fois `’esh Elohim`, « feu de Dieu », là où le v. 10 avait simplement « feu du ciel ».]
Et il recommença, envoya un troisième `sar ḥamishshim` et ses cinquante ; il plia ses genoux devant Élie et lui demanda grâce : « Homme de l’Elohim, que ma `nefesh` et la `nefesh` de ces cinquante tes serviteurs soient précieuses à tes yeux. » [Le troisième chef change entièrement de posture : `wayyitḥannen`, « il implora la faveur », et `tiqar-na nafshi`, « que ma nefesh soit précieuse ».]
« Voici, le feu est descendu des cieux et a mangé les deux premiers chefs des cinquante et leurs cinquante ; maintenant que ma `nefesh` soit précieuse à tes yeux. » [La répétition de `tiqar nafshi` au singulier recentre la scène sur la demande personnelle du troisième officier.]
Et le messager de YHWH parla à Élie : « Descends avec lui ; ne crains pas de sa face. » Il se leva et descendit avec lui vers le roi. [Le récit autorise explicitement Élie à descendre : ce n’est pas l’ordre royal qui le contraint, mais la parole du messager de YHWH.]
Et il lui parla : « Ainsi parle YHWH : parce que tu as envoyé des messagers pour `darash` par Baal-Zeboub, dieu d’Éqron — est-ce faute qu’il n’y ait pas d’Elohim en Israël pour `darash` dans sa parole ? — le lit sur lequel tu es monté, tu n’en descendras pas, car `mot tamut`. » [Le v. 16 reformule l’accusation en ajoutant `lidrosh bidvaro`, « pour consulter dans/au sujet de sa parole » : l’alternative à Baal-Zeboub est la parole du Dieu d’Israël.]
Et il mourut selon la parole de YHWH qu’Élie avait parlée ; Yehoram régna à sa place, dans la deuxième année de Yehoram fils de Josaphat, roi de Juda, car il n’avait pas de fils. [Le synchronisme royal emploie deux rois nommés Joram/Yehoram ; la traduction maintient le contexte dynastique pour éviter la confusion.]
Et le reste des paroles d’Ochozias, ce qu’il fit, n’est-il pas écrit sur le livre des paroles des jours des rois d’Israël ? [Formule annalistique standard de clôture du règne.]