Testament de Ruben
DossierTestament de Ruben 3
Lecture personnelle fluide · restitution Lecture · Texte ancien versifié · S2 · statut canonique distinct
Aux sept facultés s’ajoute le sommeil, comme une sortie de l’activité ordinaire de la nature et comme une image anticipée de la mort.
Mais aux facultés humaines se mêlent aussi des forces d’égarement.
La première conduit à l’inconduite sexuelle ; la deuxième à l’avidité insatiable du ventre.
La troisième alimente la querelle et l’amertume ; la quatrième pousse à rechercher l’approbation et à user d’artifices pour se rendre attirant.
La cinquième nourrit l’orgueil ; la sixième est celle du mensonge, qui invente des accusations et des paroles fausses contre les proches.
La septième conduit à l’injustice, au vol et à l’avidité ; elle se joint volontiers aux autres égarements et agit par la tromperie.
Le sommeil lui-même peut alors devenir le lieu de l’égarement et des images trompeuses.
Voilà comment un jeune homme peut se perdre : son intelligence se couvre d’obscurité, il ne reconnaît plus la vérité, ne cherche plus la Loi de Dieu et n’écoute plus les avertissements de ses pères.
Mes enfants, aimez donc la vérité : elle vous gardera. Écoutez ce que Ruben, votre père, vous dit.
Ne nourrissez pas votre désir en fixant la beauté d’une femme ; ne recherchez pas les situations ambiguës avec une femme mariée et ne vous immiscez pas dans l’intimité d’autrui.
Moi-même, si je n’avais aperçu Bilha alors qu’elle se baignait à l’écart, je ne serais pas tombé dans la faute qui a marqué ma vie.
Mais mon esprit resta prisonnier de l’image de sa nudité ; je perdis le repos jusqu’au jour où je commis cet acte honteux.
Notre père Jacob était alors parti voir Isaac, son propre père, à Gader, près d’Éphrata et de Bethléem. Bilha avait bu ; elle dormait dans sa chambre, découverte.
J’entrai, la vis nue et commis l’impiété. Je la laissai endormie et sortis.
Mais un ange de Dieu fit connaître ma faute à mon père. Jacob revint, se lamenta à mon sujet et cessa désormais de s’unir à Bilha.