Pasteur d’Hermas
DossierPasteur d’Hermas 15
Lecture personnelle fluide · restitution Lecture · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
« Ôte de toi la tristesse, dit le Pasteur, car elle est sœur de la double pensée et de l’irritation. »
Hermas s’étonne : « Comment peut-elle être leur sœur ? » Le Pasteur répond que, dans sa vision spirituelle, la tristesse est dangereuse parce qu’elle peut corrompre l’être humain et repousser l’Esprit saint.
Hermas demande comment elle peut à la fois repousser et sauver.
Le Pasteur compare l’être humain absorbé par les affaires, les richesses et les préoccupations du monde à une bonne vigne abandonnée aux ronces : son intelligence se dessèche. Celui qui cherche Dieu et la vérité, au contraire, comprend plus vite parce que son cœur demeure tourné vers le Seigneur.
« Écoute maintenant comment la tristesse repousse l’Esprit et peut aussi conduire au salut.
Quand l’homme partagé entreprend quelque chose et échoue à cause de son hésitation, la tristesse entre en lui et l’accable.
Mais lorsque quelqu’un s’est emporté, puis s’attriste de son acte mauvais et se repent, cette tristesse semble avoir une fonction de salut.
Pourtant les deux situations attristent l’esprit : l’une parce que l’action a échoué, l’autre parce qu’un mal a été commis.
Ôte donc de toi la tristesse qui enferme et n’étouffe pas l’esprit donné par Dieu.
Revêts plutôt la joie, qui trouve grâce devant Dieu : l’homme joyeux fait le bien, pense le bien et ne se laisse pas dominer par la tristesse.
L’homme enfermé dans la tristesse voit sa prière elle-même alourdie ; comme du vinaigre mélangé au vin en change le goût, la tristesse mélangée à l’élan de prière en altère la liberté.
Purifie-toi donc de cette tristesse mauvaise et revêts toute joie ; ainsi tu vivras pour Dieu. »