Joseph et Aséneth
DossierJoseph et Aséneth 29
Nuances du texte source · restitution Déployée · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Le fils de Pharaon se releva du sol, se redressa et cracha du sang par la bouche, car le sang de sa tempe avait coulé jusque dans sa bouche.
Benjamin, qui l’a frappé avec une pierre et ne porte pas d’épée personnelle, s’empare maintenant de celle du prince.
Son intention est de terminer le combat en tuant l’ennemi blessé. Lévi intervient immédiatement et reformule le principe éthique qui traverse toute la conclusion : craindre Dieu interdit de rendre le mal pour le mal. Il précise ici ce que cela signifie dans une situation de victoire : ne pas piétiner celui qui est déjà tombé et ne pas pousser la défaite d’un ennemi jusqu’à son exécution.
Lévi propose même l’inverse de l’achèvement : traiter la blessure. Il imagine qu’un ennemi sauvé peut devenir un ami et que la relation avec Pharaon peut être préservée.
Cette parole devient acte de soin. Lévi relève celui qui avait participé au complot, lave le sang, applique un bandage, le remet sur son cheval et le reconduit chez son père.
Il ne cache pas ensuite les événements : il les raconte à Pharaon.
La réaction du roi place Lévi dans une position d’honneur extraordinaire puisqu’il se prosterne jusqu’à terre devant lui.
Cependant, le refus de tuer le prince ne signifie pas qu’il guérisse : la blessure de Benjamin entraîne sa mort trois jours plus tard.
Pharaon perd ainsi son premier-né et s’affaiblit sous le poids du deuil.
Pharaon mourut à l’âge de cent neuf ans et laissa son diadème à Joseph.
Joseph exerce alors la royauté pendant quarante-huit ans, mais ne fonde pas une dynastie personnelle : il remet ensuite le pouvoir au petit-fils de Pharaon et prend envers lui une place paternelle. La conclusion transforme ainsi le conflit de succession en restitution du royaume.