4 Esdras
Dossier4 Esdras 3
Analyse du texte source · restitution Philologique · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Source : noyau de 4 Esdras (3–14) · latin critique · OCP / Weber
La trentième année de la ruine de la ville, j’étais à Babylone, moi Salathiel qui suis aussi Esdras ; et, couché sur mon lit, je fus troublé, et mes pensées montaient sur mon cœur.
Car je vis la désolation de Sion et l’abondance de ceux qui habitaient Babylone.
Et mon esprit fut très agité, et je commençai à parler au Très-Haut des paroles craintives.
Et je dis : « Ô Seigneur dominateur, tu as dit dès le commencement, lorsque tu as planté la terre, toi seul, et tu as commandé à la poussière ;
et elle donna Adam, corps mort ; mais lui aussi était l’ouvrage de tes mains, et tu insufflas en lui un esprit de vie, et il devint vivant devant toi.
Et tu l’introduisis au paradis que ta droite avait planté avant que la terre ne survienne.
Et à celui-ci tu donnas un seul de tes commandements ; il le transgressa, et aussitôt tu établis sur lui la mort et sur ses générations. Et naquirent de lui nations et tribus, peuples et parentés sans nombre.
Et chaque nation marcha dans sa volonté, et elles agirent impiément devant toi et méprisèrent tes préceptes, et tu ne les empêchas pas.
De nouveau, en son temps, tu fis venir le déluge sur les habitants de l’âge et tu les fis périr.
Et il leur advint un seul sort : comme à Adam la mort, ainsi à eux le déluge.
Mais tu laissas d’entre eux un seul, Noé avec sa maison ; de lui, tous les justes.
Et il arriva, lorsqu’ils commencèrent à se multiplier, ceux qui habitaient sur la terre, qu’ils multiplièrent fils, peuples et nombreuses nations, et recommencèrent à faire l’impiété plus que les premiers.
Et lorsqu’ils faisaient l’iniquité devant toi, tu t’en choisis un, dont le nom était Abraham.
Et tu l’aimas et lui montras seul, secrètement de nuit, la fin des temps.
Et tu disposas avec lui une alliance éternelle et dis que jamais tu n’abandonnerais sa semence. Et tu lui donnas Isaac ; à Isaac tu donnas Jacob et Ésaü.
Et tu séparas Jacob pour toi ; Ésaü, tu le séparas ; et Jacob devint une grande multitude.
Et lorsque tu fis sortir sa semence d’Égypte, tu les conduisis sur le mont Sinaï.
Et tu inclinas les cieux, établis la terre, ébranlas le monde, fis trembler les abîmes et troubla l’âge.
Et ta gloire passa par quatre portes, feu, tremblement de terre, souffle et gel, afin de donner la Loi à la semence de Jacob et la commandement à la génération d’Israël.
Et tu n’enlevas pas d’eux le cœur mauvais, afin que ta Loi fasse en eux du fruit.
Car le premier Adam, portant le cœur mauvais, transgressa et fut vaincu, ainsi que tous ceux qui naquirent de lui.
Et une infirmité permanente fut établie : la Loi était dans le cœur du peuple avec la racine mauvaise ; ce qui était bon partit, et le mal demeura.
Et les temps passèrent et les années furent accomplies, et tu te suscitas un serviteur nommé David.
Et tu lui dis de bâtir une ville à ton nom et de t’y offrir des oblations tirées de ce qui est à toi.
Et cela fut fait pendant de nombreuses années ; mais les habitants de la ville s’égarèrent.
Ils firent en tout comme Adam et toutes ses générations, car eux aussi possédaient un cœur mauvais.
Et tu livras ta ville aux mains de tes ennemis.
Alors je dis dans mon cœur : “Ceux qui habitent Babylone font-ils mieux, pour qu’elle domine Sion ?”
Car lorsque je vins ici, je vis des impiétés sans nombre, et mon âme vit beaucoup de transgresseurs en cette trentième année, et mon cœur défaillit.
Parce que je vis comment tu supportes ceux qui pèchent, comment tu as épargné ceux qui agissent impiément, détruit ton peuple, préservé tes ennemis, et tu n’as pas montré §31 à personne comment cette voie doit être abandonnée. Babylone agit-elle mieux que Sion ?
Ou une autre nation t’a-t-elle connu hors d’Israël ? Ou quelles tribus ont cru à tes alliances comme celles de Jacob, §33 dont la récompense n’est pas apparue et dont le labeur n’a pas porté de fruit ? Car j’ai parcouru les nations et je les ai vues prospérer et ne pas se souvenir de tes commandements.
Maintenant donc, pèse nos iniquités et celles des habitants du monde dans la balance, et l’on trouvera où penche le plateau.
Ou quand les habitants de la terre n’ont-ils pas péché devant toi ? Ou quelle nation a ainsi gardé tes commandements ?
Tu trouveras certes des hommes, nommément, qui ont gardé tes commandements, mais des nations tu n’en trouveras pas.”