2 Baruch
Dossier2 Baruch 77
Analyse du texte source · restitution Philologique · Texte ancien versifié · S3 · statut canonique distinct
Moi, Baruch, je partis de là et revins vers le peuple. Je les rassemblai tous, du plus grand au plus petit, et je leur dis :
« Écoutez, fils d’Israël. Voyez combien peu d’entre vous subsistent parmi les douze tribus d’Israël.
À vous et à vos pères, le Seigneur a donné une Loi au-dessus de tous les peuples.
Mais parce que vos frères ont transgressé les commandements du Très-Haut, il a fait venir le châtiment sur vous comme sur eux : il n’a pas épargné les premiers et il a livré les derniers eux aussi à la captivité, sans leur laisser de reste.
Et voici que vous êtes ici avec moi.
Si donc vous rendez droites vos voies, vous ne partirez pas comme vos frères sont partis; au contraire, eux viendront vers vous.
Car celui que vous servez est miséricordieux; celui en qui vous espérez est plein de compassion; il est fidèle pour faire le bien et non le mal.
N’avez-vous pas vu ce qui est arrivé à Sion?
Pensez-vous que le lieu lui-même a péché et que c’est pour cela qu’il a été abattu? Ou que la terre a commis une faute et qu’elle a été livrée pour cette raison?
Ne savez-vous pas que c’est à cause de vous, qui avez péché, que ce qui n’avait pas péché a été abattu, et qu’à cause de ceux qui ont fait le mal, ce qui n’avait pas commis de faute a été livré aux ennemis? »
Tout le peuple me répondit : « Autant que nous le pouvons, nous nous souvenons des bienfaits que le Puissant a accomplis pour nous; quant à ceux que nous ne pouvons rappeler, lui les connaît dans sa compassion.
Mais fais ceci pour nous, ton peuple : écris aussi à nos frères de Babylone une lettre d’enseignement et un rouleau porteur d’espérance, afin de les fortifier eux aussi avant ton départ d’auprès de nous.
Car les bergers d’Israël ont disparu, les lampes qui donnaient leur lumière se sont éteintes et les sources où nous buvions ont retenu leur écoulement.
Nous avons été laissés dans les ténèbres, dans l’épaisseur de la forêt et dans la soif du désert. »
Je leur répondis : « Les bergers, les lampes et les sources nous venaient de la Loi; même si nous partons, la Loi demeure.
Si donc vous regardez vers la Loi et veillez sur la sagesse, la lampe ne manquera pas, le berger ne disparaîtra pas et la source ne tarira pas.
Cependant, comme vous me l’avez demandé, j’écrirai aussi à vos frères de Babylone et je l’enverrai par des hommes; j’écrirai de même aux neuf tribus et demie et je leur enverrai la lettre par un oiseau. »
Le vingt et unième jour du huitième mois, moi, Baruch, je vins m’asseoir sous le chêne, à l’ombre de ses branches. Personne n’était avec moi; j’étais seul.
J’écrivis ces deux lettres : l’une fut envoyée par l’aigle aux neuf tribus et demie; l’autre à ceux de Babylone par la main de trois hommes.
J’appelai l’aigle et je lui dis ces paroles :
« le Très-Haut t’a fait plus élevé que tous les oiseaux.
Va maintenant sans t’arrêter en aucun lieu; n’entre dans aucun nid et ne te pose sur aucun arbre avant d’avoir franchi l’étendue des grandes eaux de l’Euphrate. Va vers le peuple qui habite là-bas et laisse tomber devant eux cette lettre.
Souviens-toi qu’au temps du déluge Noé reçut d’une colombe le fruit de l’olivier après l’avoir envoyée hors de l’arche.
Les corbeaux eux aussi servirent Élie et lui apportèrent sa nourriture selon l’ordre qui leur avait été donné.
Salomon également, au temps de son règne, lorsqu’il voulait envoyer ou rechercher quelque chose en quelque lieu, commandait à un oiseau, et l’oiseau lui obéissait comme il le lui ordonnait.
Maintenant donc, ne tarde pas et ne te détourne ni à droite ni à gauche. Vole, va par le chemin droit et garde le commandement du Puissant comme je te l’ai dit. »