Texte hébreu de base : Torat Emet 357, diffusé en domaine public via l’API Sefaria. Traduction française originale Bible Savoy depuis l’hébreu ; les notes signalent les difficultés significatives sans transformer l’appareil en commentaire confessionnel.
Moïse reçut la Torah au Sinaï et la transmit à Josué ; Josué la transmit aux anciens, les anciens aux prophètes, et les prophètes la transmirent aux hommes de la Grande Assemblée. Ceux-ci dirent trois choses : soyez réfléchis dans le jugement ; formez de nombreux disciples ; et faites une haie autour de la Torah.
Shimon le Juste était parmi les derniers survivants de la Grande Assemblée. Il disait : le monde repose sur trois choses : sur la Torah, sur le service cultuel et sur les œuvres de bonté.
Antigonos de Sokho reçut la tradition de Shimon le Juste. Il disait : ne soyez pas comme des serviteurs qui servent le maître à condition de recevoir une récompense ; soyez plutôt comme des serviteurs qui servent le maître sans condition de recevoir une récompense. Et que la crainte du Ciel soit sur vous.
Yossé ben Yoézer de Tseréda et Yossé ben Yohanan de Jérusalem reçurent la tradition d’eux. Yossé ben Yoézer de Tseréda disait : que ta maison soit un lieu de réunion pour les sages ; couvre-toi de la poussière de leurs pieds et bois leurs paroles avec soif.
Yossé ben Yohanan de Jérusalem disait : que ta maison soit largement ouverte ; que les pauvres soient comme les gens de ta maison ; et ne multiplie pas les conversations avec la femme. Ils l’ont dit de sa propre épouse ; à plus forte raison de l’épouse d’autrui. De là les sages ont dit : tant qu’un homme multiplie les conversations avec la femme, il s’attire du mal, se détourne des paroles de Torah et finit par hériter de la Géhenne.
Note philologique. Le texte est volontairement conservé dans sa formulation ancienne et genrée. L’hébreu ha-ishah signifie ici « la femme » ; la phrase suivante précise que la maxime était dite à propos de l’épouse de l’homme. La traduction ne transforme pas cette maxime antique en prescription contemporaine.
Josué ben Perahia et Nittaï l’Arbélite reçurent la tradition d’eux. Josué ben Perahia disait : donne-toi un maître ; acquiers-toi un compagnon ; et juge toute personne du côté du mérite.
Juda ben Tabbaï et Shimon ben Shatah reçurent la tradition d’eux. Juda ben Tabbaï disait : ne te fais pas conseiller des plaideurs devant les juges. Lorsque les parties se tiennent devant toi, qu’elles soient toutes deux à tes yeux comme coupables ; lorsqu’elles quittent ta présence, qu’elles soient à tes yeux comme innocentes, dès lors qu’elles ont accepté le jugement.
Note philologique. L’expression עורכי הדיינין est difficile. Elle peut viser ceux qui arrangent les arguments devant les juges ou qui conseillent une partie. « Conseiller des plaideurs » rend ici la fonction sans imposer une institution juridique moderne.
Shimon ben Shatah disait : multiplie l’interrogatoire des témoins ; et sois prudent dans tes paroles, de peur qu’à partir d’elles ils n’apprennent à mentir.
Shemaïa et Avtalion reçurent la tradition d’eux. Shemaïa disait : aime le travail ; déteste la domination ; et ne cherche pas à te faire connaître du pouvoir.
Avtalion disait : sages, prenez garde à vos paroles, de peur que vous ne deveniez passibles d’exil et ne soyez exilés vers un lieu d’eaux mauvaises ; les disciples qui viendront après vous pourraient en boire et mourir, et le Nom du Ciel s’en trouverait profané.
Hillel et Shammaï reçurent la tradition d’eux. Hillel disait : sois parmi les disciples d’Aaron, aimant la paix et poursuivant la paix, aimant les créatures et les rapprochant de la Torah.
Il disait encore : qui étend son nom perd son nom ; qui n’ajoute pas cesse ; qui n’apprend pas mérite la mort ; et qui se sert de la couronne disparaît.
Note philologique. La maxime passe à l’araméen et repose sur plusieurs formules lapidaires et jeux de mots. La « couronne » désigne traditionnellement la Torah ou l’autorité qu’elle confère ; la traduction reste volontairement brève.
Il disait encore : si je ne suis pas pour moi, qui sera pour moi ? Mais si je ne suis que pour moi, que suis-je ? Et si ce n’est pas maintenant, quand ?
Shimon, son fils, disait : tous mes jours j’ai grandi parmi les sages, et je n’ai rien trouvé de meilleur pour le corps que le silence. Ce n’est pas l’étude qui est l’essentiel, mais l’action ; et qui multiplie les paroles amène le péché.
Rabban Shimon ben Gamliel disait : le monde subsiste sur trois choses : sur le droit, sur la vérité et sur la paix, comme il est dit : « Rendez dans vos portes des jugements de vérité et de paix. »