Le programme de jeûnes décrit jusqu’ici concerne l’absence de la première saison des pluies. Mais si les plantes se développent anormalement, on sonne immédiatement l’alarme. De même, si quarante jours passent entre deux pluies, on sonne immédiatement, car c’est un signe de sécheresse.
Mishnah · Moed · Taanit
Mishnah Taanit — chapitre 3
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.
Si la pluie est suffisante pour les plantes mais non pour les arbres, ou pour les arbres mais non pour les plantes, ou pour les deux mais pas pour remplir citernes, fosses et grottes, on sonne immédiatement l’alarme.
De même, si une ville ne reçoit pas de pluie, selon le verset : « Je faisais pleuvoir sur une ville et sur une autre je ne faisais pas pleuvoir », cette ville jeûne et sonne l’alarme. Les villes voisines jeûnent mais ne sonnent pas. Rabbi Aqiva dit : elles sonnent mais ne jeûnent pas.
De même, une ville frappée par une épidémie ou des effondrements jeûne et sonne l’alarme ; les villes voisines jeûnent mais ne sonnent pas. Rabbi Aqiva dit : elles sonnent mais ne jeûnent pas. Qu’appelle-t-on épidémie ? Dans une ville pouvant fournir cinq cents hommes, si trois personnes meurent en trois jours consécutifs, on considère qu’il y a épidémie ; moins que cela n’est pas classé ainsi.
Pour certaines catastrophes, on sonne l’alarme partout : maladie des récoltes, jaunissement des plantes, invasion de sauterelles ou de criquets, animaux dangereux et guerre, parce que ce sont des fléaux capables de se déplacer d’un lieu à l’autre.
Il arriva que des anciens descendirent de Jérusalem vers leurs villes et décrétèrent un jeûne parce qu’une petite zone de culture, de la taille de l’ouverture d’un four, avait été atteinte par la maladie près d’Ashkelon. Ils décrétèrent aussi un jeûne parce que des loups avaient attaqué deux enfants en Transjordanie. Rabbi Yossi dit : non parce qu’ils les avaient mangés, mais parce que les loups avaient été vus dans cette situation menaçante.
Pour certaines urgences on sonne même le sabbat : une ville encerclée par des troupes ou menacée par une rivière, et un navire en détresse en mer. Rabbi Yossi dit : on appelle à l’aide mais sans utiliser toutes les formes de cri rituel. Shimon le Timnite ajoute l’épidémie ; les sages ne lui donnèrent pas leur accord.
Pour toute détresse qui puisse venir sur la communauté, on sonne l’alarme, sauf pour une pluie trop abondante. On demanda un jour à Honi le Traceur de cercle de prier pour la pluie. Il dit d’abord : « Sortez et mettez à l’abri les fours de Pessah afin qu’ils ne se dissolvent pas. » Il pria, mais la pluie ne vint pas. Il traça alors un cercle, s’y tint et dit : « Maître du monde, tes enfants se tournent vers moi parce que je suis devant toi comme un familier de ta maison. Je jure par ton grand Nom que je ne sortirai pas d’ici avant que tu aies compassion de tes enfants. » La pluie commença à tomber en gouttes légères. Il dit : « Ce n’est pas ce que j’ai demandé, mais une pluie capable de remplir citernes, fosses et grottes. » Elle se mit alors à tomber avec violence. Il dit : « Ce n’est pas ce que j’ai demandé, mais une pluie de faveur, de bénédiction et de générosité. » Elle tomba alors normalement, jusqu’à ce que les habitants de Jérusalem montent sur le mont du Temple à cause des eaux. On lui demanda de prier pour qu’elle cesse. Il répondit qu’on ne prie pas contre une abondance reçue comme bénédiction, puis demanda qu’on vérifie si la Pierre des objets perdus était déjà recouverte. Shimon ben Shetah lui envoya ce message : « Si tu n’étais pas Honi, je prononcerais contre toi l’excommunication. Mais que puis-je faire ? Tu te conduis devant Dieu comme un fils gâté auprès de son père et il accomplit ta volonté. » Il appliqua à Honi le verset : « Que ton père et ta mère se réjouissent, et que celle qui t’a enfanté exulte. »
Si la communauté jeûne et que la pluie tombe avant le lever du soleil, elle n’achève pas le jeûne ; si elle tombe après le lever du soleil, elle l’achève. Rabbi Eliezer dit : avant midi, on n’achève pas ; après midi, on achève. Il arriva qu’un jeûne fut décrété à Lod et que la pluie tomba avant midi. Rabbi Tarfon leur dit : « Allez manger, boire et faire de ce jour un jour de fête. » Ils mangèrent et burent, puis revinrent l’après-midi et récitèrent le grand Hallel.
Passerelles
Pour situer, approfondir ou revenir au texte.