À trois périodes de l’année, les prêtres élèvent leurs mains pour la bénédiction quatre fois par jour : le matin, au Moussaf, à Minha et à Neïla. Cela se produit lors des jeûnes publics, des maamadot et de Yom Kippour.
Mishnah · Moed · Taanit
Mishnah Taanit — chapitre 4
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.
Que sont les maamadot ? Puisque la Torah ordonne : « Mon offrande, mon pain… vous veillerez à me l’offrir », comment le sacrifice d’une personne ou du peuple pourrait-il être présenté sans que ceux qu’il représente soient présents ? Les premiers prophètes instituèrent donc vingt-quatre gardes. À chaque garde sacerdotale correspondait un maamad à Jérusalem composé de prêtres, lévites et Israélites. Lorsque venait la semaine d’une garde, les prêtres et lévites montaient à Jérusalem ; les Israélites associés à cette garde se rassemblaient dans leurs villes et lisaient les récits de la création.
Les membres du maamad jeûnaient quatre jours par semaine, du lundi au jeudi. Ils ne jeûnaient pas le vendredi en l’honneur du sabbat, ni le dimanche afin de ne pas passer brutalement du repos et de la joie du sabbat à l’effort du jeûne. Le premier jour on lisait « Au commencement » et « Qu’il y ait une étendue » ; le deuxième, « Qu’il y ait une étendue » et « Que les eaux se rassemblent » ; le troisième, « Que les eaux se rassemblent » et « Qu’il y ait des luminaires » ; le quatrième, « Qu’il y ait des luminaires » et « Que les eaux foisonnent » ; le cinquième, « Que les eaux foisonnent » et « Que la terre produise » ; le sixième, « Que la terre produise » et « Ainsi furent achevés les cieux ». Une grande section est lue par deux lecteurs et une petite par un seul. Le matin et au Moussaf, la lecture se fait dans le rouleau ; à Minha, ils récitent les passages par cœur comme on récite le Shema. Le vendredi à Minha ils ne se réunissent pas, en l’honneur du sabbat.
Tout jour comportant le Hallel n’a pas de maamad le matin. Lorsqu’il y a un sacrifice supplémentaire, il n’y a pas de maamad à Neïla. Lorsqu’il y a une offrande de bois, il n’y a pas de maamad à Minha, selon Rabbi Aqiva. Ben Azzai lui dit que Rabbi Josué enseignait l’inverse pour ces deux derniers cas : sacrifice supplémentaire, pas de maamad à Minha ; offrande de bois, pas de maamad à Neïla. Rabbi Aqiva adopta finalement la transmission de Ben Azzai.
Il y avait neuf dates d’offrande de bois pour les prêtres et le peuple : le premier Nisan, les fils d’Arah fils de Yehouda ; le vingt Tammouz, les fils de David fils de Yehouda ; le cinq Av, les fils de Parosh fils de Yehouda ; le sept Av, les fils de Yonadav fils de Rekhav ; le dix Av, les fils de Senaa fils de Binyamin ; le quinze Av, les fils de Zattu fils de Yehouda, avec des prêtres, des lévites, ceux qui avaient perdu la mémoire de leur tribu et les familles dites « voleurs de pilon » et « coupeurs de figues » ; le vingt Av, les fils de Pahat-Moav fils de Yehouda ; le vingt Eloul, les fils d’Adin fils de Yehouda ; le premier Tevet, les fils de Parosh revenaient une seconde fois. Le premier Tevet, il n’y avait pas de maamad parce que ce jour cumulait Hallel, sacrifice supplémentaire et offrande de bois.
Cinq événements atteignirent nos pères le dix-sept Tammouz et cinq le neuf Av. Le dix-sept Tammouz : les tables de la Loi furent brisées, le sacrifice quotidien cessa, la ville fut forcée, Apostomos brûla la Torah et une idole fut dressée dans le sanctuaire. Le neuf Av : il fut décrété que la génération du désert n’entrerait pas dans le pays ; le premier Temple fut détruit, puis le second ; Beitar fut prise et la ville fut labourée. Lorsque commence le mois d’Av, on diminue la joie.
Pendant la semaine où tombe le neuf Av, on ne se coupe pas les cheveux et on ne lave pas les vêtements ; le jeudi, cela redevient permis lorsqu’il faut honorer le sabbat. La veille du neuf Av, on ne mange pas deux plats cuisinés, on ne mange pas de viande et on ne boit pas de vin. Rabban Shimon ben Gamliel dit qu’on modifie simplement ses habitudes. Rabbi Yehouda exige aussi de renverser le lit ou de dormir dans une position de deuil ; les sages ne lui donnèrent pas leur accord.
Rabban Shimon ben Gamliel dit : Israël n’avait pas de jours plus joyeux que le quinze Av et Yom Kippour. Les filles de Jérusalem sortaient alors vêtues de vêtements blancs empruntés, afin de ne pas humilier celle qui n’en possédait pas. Tous ces vêtements étaient immergés rituellement. Elles sortaient danser dans les vignes et disaient : « Jeune homme, lève les yeux et regarde ce que tu choisis. Ne fixe pas tes yeux sur la beauté ; regarde la famille et le caractère. » Elles citaient : « Trompeuse est la grâce et vaine la beauté ; la femme qui craint le Seigneur, voilà celle qui sera louée. Donnez-lui du fruit de ses mains, et que ses œuvres la louent aux portes. » Et encore : « Sortez, filles de Sion, voyez le roi Salomon avec la couronne dont sa mère l’a couronné au jour de ses noces et au jour de la joie de son cœur. » « Au jour de ses noces » est interprété comme le don de la Torah ; « au jour de la joie de son cœur » comme la construction du Temple — qu’il soit rebâti rapidement en nos jours. Amen.
Passerelles
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