Celui qui dort sous un lit à l’intérieur de la soukka n’accomplit pas son obligation. Rabbi Yehouda dit : « Nous avions l’habitude de dormir sous les lits devant les anciens et ils ne nous disaient rien. » Rabbi Shimon rapporte que Tavi, esclave de Rabban Gamliel, dormait sous le lit ; Rabban Gamliel dit aux anciens : « Voyez Tavi, mon esclave : c’est un disciple sage et il sait que les esclaves sont exempts de la soukka, c’est pourquoi il dort sous le lit. » De cette remarque, on apprit indirectement que celui qui est tenu de la soukka et dort sous un lit n’accomplit pas son obligation.
Mishnah · Moed · Sukkah
Mishnah Sukkah — chapitre 2
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.
Une soukka dont le sekhakh repose sur les montants d’un lit est valide. Rabbi Yehouda dit qu’elle est invalide si elle ne peut pas tenir indépendamment du lit. Une soukka dont le sekhakh est irrégulier reste valide si son ombre est plus abondante que le soleil. Une soukka tellement épaisse qu’on ne voit pas les étoiles à travers le sekhakh reste néanmoins valide.
Une soukka construite sur un chariot ou un bateau est valide et on peut y monter le jour de fête. Construite dans un arbre ou sur un chameau, elle est valide comme soukka mais on ne peut pas y monter le jour de fête en raison de l’usage de l’arbre ou de l’animal. Si certaines parois reposent sur l’arbre et d’autres sur des supports humains, on vérifie si, en retirant l’arbre, la structure peut encore tenir : si oui, elle est valide et utilisable le jour de fête.
Une soukka construite entre des arbres dont les troncs servent de parois est valide. Les personnes envoyées pour accomplir une mitsva sont exemptes de la soukka pendant leur mission. Les malades et ceux qui les soignent sont exemptés. On peut manger ou boire une petite quantité de manière occasionnelle hors de la soukka.
On apporta un jour à Rabban Yohanan ben Zakkaï un peu d’un plat à goûter, et à Rabban Gamliel deux dattes avec un seau d’eau ; tous deux dirent : « Montez-les dans la soukka. » Mais lorsque l’on donna à Rabbi Tsadoq moins du volume d’un œuf de nourriture, il le prit dans un linge, le mangea hors de la soukka et ne prononça pas la bénédiction finale.
Rabbi Eliezer dit qu’une personne doit manger quatorze repas dans la soukka pendant les sept jours, un le jour et un la nuit. Les sages disent qu’aucun nombre n’est imposé, sauf le repas de la première nuit de la fête. Rabbi Eliezer ajoute que celui qui a manqué le repas de la première nuit peut le compenser lors de la dernière nuit de fête. Les sages disent qu’il n’y a pas de compensation, appliquant : « Ce qui est tordu ne peut être redressé, et ce qui manque ne peut être compté. »
Celui dont la tête et la majeure partie du corps sont dans la soukka mais dont la table reste dans la maison : la maison de Shammaï invalide cette manière de manger ; la maison de Hillel la permet. Hillel invoqua le cas de Rabbi Yohanan ben Hahorani, visité par des anciens des deux écoles alors qu’il était installé ainsi. Shammaï répondit que ces anciens lui avaient précisément dit : « Si tu as toujours agi ainsi, tu n’as jamais correctement accompli la mitsva de soukka. »
Les femmes, les esclaves et les mineurs sont exempts de la soukka selon les catégories juridiques de la Mishnah. Un enfant qui n’a plus constamment besoin de sa mère doit être éduqué à la soukka. Lorsque la belle-fille de Shammaï l’Ancien accoucha, il retira une partie du plafond et plaça du sekhakh au-dessus du lit pour que même le nouveau-né se trouve sous une soukka.
Pendant les sept jours, une personne fait de la soukka sa demeure fixe et de sa maison un logement provisoire. Si la pluie tombe, à partir de quand peut-on quitter la soukka ? Lorsque la pluie commence à gâter un plat épais servi à table. Les sages donnent cette image : cela ressemble à un serviteur venu verser une coupe à son maître et dont le maître lui jette la cruche au visage.
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