Celui qui met sa femme en garde contre un homme : Rabbi Eliezer dit que l’avertissement doit être établi devant deux témoins, mais que l’isolement qui déclenche la procédure peut être attesté par un seul témoin ou reconnu par le mari lui-même. Rabbi Josué exige deux témoins aussi bien pour l’avertissement que pour l’isolement.
Comment l’avertissement est-il formulé ? Le mari dit devant deux témoins : « Ne t’isole pas avec untel. » Si elle lui parle seulement, elle reste permise à son mari et, si elle est femme de prêtre, peut encore manger la terouma. Si elle s’isole avec cet homme pendant un temps suffisant pour qu’une relation soit possible, elle devient interdite à son mari et à la terouma jusqu’à l’issue de la procédure. Si le mari meurt avant clarification, elle accomplit halitsa mais non yibbum.
Sont privées de terouma : celle qui dit « je me suis rendue impure pour toi », celle contre qui des témoins attestent l’adultère, celle qui refuse de boire les eaux, celle dont le mari refuse la procédure, et celle avec qui le mari a lui-même eu une relation en chemin avant l’épreuve. Dans ce dernier cas, il l’emmène d’abord au tribunal local, qui lui adjoint deux disciples des sages pour le trajet afin d’éviter une relation qui rendrait la procédure impossible. Rabbi Yehouda dit que le mari suffit comme garant.
On la fait monter devant le grand tribunal de Jérusalem et on lui adresse des avertissements comparables à ceux adressés aux témoins dans les affaires capitales. On lui dit : « Ma fille, le vin peut conduire à beaucoup de choses, de même le rire, la jeunesse ou de mauvais voisins. Reconnais la vérité par respect pour le grand Nom écrit en sainteté, afin qu’il ne soit pas effacé dans l’eau. » On peut lui rappeler des fautes humaines et des exemples destinés à favoriser un aveu plutôt que l’effacement du Nom.
Si elle dit : « Je suis impure », elle renonce à sa ketouba et sort du mariage. Si elle dit : « Je suis pure », on la conduit à la Porte orientale, près de la Porte de Nicanor, où avaient lieu aussi certains rites de purification des accouchées et des lépreux. Le prêtre défait ses vêtements selon le rite jusqu’à découvrir la poitrine et dénoue ses cheveux. Rabbi Yehouda dit que si son apparence risque d’attirer le regard, on ne la découvre pas de cette manière.
Note philologique. La procédure de la sota appartient au droit rituel du Temple antique ; sa présentation est historique et philologique, non prescriptive.
Si elle porte des vêtements blancs, on lui met des vêtements sombres. On lui retire bijoux d’or, colliers, boucles et anneaux afin de supprimer l’apparat. On lui met ensuite autour du corps une corde égyptienne. Les personnes qui veulent assister peuvent venir, sauf ses propres esclaves et servantes, dont la présence pourrait lui donner de l’assurance. Les femmes sont admises à voir selon l’interprétation du verset d’Ézéchiel : « Toutes les femmes seront averties. »
La Mishnah énonce le principe : « De la mesure dont une personne mesure, on la mesure. » Elle s’est parée pour la faute : son apparat est retiré. Elle s’est découverte : elle est découverte. Le rite est présenté comme une correspondance symbolique entre l’acte soupçonné et la sanction. Le texte décrit ensuite la cuisse et le ventre selon la formulation biblique des eaux amères.
Le même principe de mesure pour mesure est illustré par Samson et Absalom. Samson « suivit ses yeux » ; les Philistins lui crevèrent les yeux. Absalom s’enorgueillit de sa chevelure ; il resta suspendu par elle. Pour les dix concubines de son père, la tradition met en parallèle les dix hommes de Joab ; pour les « cœurs » qu’il avait détournés — son père, le tribunal et Israël — elle met en parallèle les trois traits qui le frappèrent.
Le principe vaut aussi pour le bien. Miriam attendit Moïse un moment près du Nil ; Israël l’attendit sept jours dans le désert. Joseph s’occupa de l’enterrement de son père ; Moïse s’occupa ensuite des ossements de Joseph. Moïse n’eut personne de plus grand en Israël pour s’occuper de lui : le texte attribue son ensevelissement à Dieu. La Mishnah étend finalement ce principe aux justes en citant Isaïe : « Ta justice marchera devant toi, la gloire du Seigneur te recueillera. »