En règle générale, ceux qui jurent selon la Torah jurent pour être exempts de payer. Mais certains jurent et reçoivent ensuite paiement : le salarié, la personne dépouillée par un voleur, la personne blessée, celui dont l’adversaire est suspect en matière de serment, et le commerçant s’appuyant sur son registre. Pour le salarié : il réclame son salaire ; l’employeur dit avoir payé, le salarié dit ne rien avoir reçu. Le salarié jure et reçoit. Rabbi Yehouda exige un aveu partiel de l’employeur.
Mishnah · Nezikin · Shevuot
Mishnah Shevuot — chapitre 7
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Provenance : texte hébreu de la Mishnah via Wikisource hébraïque, copie figée le 19 septembre 2026. Aucune traduction moderne n’a servi de pivot.
Pour la personne dépouillée : des témoins ont vu quelqu’un entrer chez elle afin de prendre un gage sans autorisation. Elle affirme : « Tu as pris mes objets » et l’autre nie. Elle jure et reçoit selon le premier avis. Rabbi Yehouda exige un aveu partiel, par exemple deux objets réclamés et un reconnu.
Pour la personne blessée : des témoins attestent qu’elle est entrée saine sous la main d’une autre personne et en est sortie blessée. Elle dit : « Tu m’as blessée », l’autre nie. Elle jure et reçoit. Rabbi Yehouda exige un aveu partiel quant au nombre ou à l’étendue des blessures.
Lorsque la personne normalement tenue de prêter serment est elle-même suspecte en matière de serment, l’adversaire jure et reçoit. Le soupçon peut provenir d’un serment de témoignage, d’un serment de dépôt ou même d’un serment vain, ou de statuts tels que joueur professionnel, prêteur à intérêt, parieur aux pigeons ou commerçant de produits de l’année sabbatique. Si les deux sont suspects, Rabbi Yossi dit que le serment revient à son emplacement initial ; Rabbi Meïr dit qu’ils partagent.
Le commerçant s’appuyant sur son registre n’est pas simplement quelqu’un qui dit : « Mon livre indique que tu me dois deux cents zouz. » Le cas est celui où le propriétaire lui dit de donner du blé à son fils ou de l’argent à ses ouvriers. Le commerçant affirme avoir payé ; les destinataires disent n’avoir rien reçu. Selon le premier avis, le commerçant jure et reçoit du propriétaire, et les destinataires jurent et reçoivent eux aussi. Ben Nanas objecte que cela pourrait nécessairement conduire l’un des deux groupes à un faux serment et propose qu’ils reçoivent sans serment.
Quelqu’un reçoit des fruits d’un commerçant contre un dinar. Si les fruits ont déjà été remis et que le commerçant réclame ensuite la pièce tandis que le client affirme l’avoir payée, le propriétaire de la maison prête serment selon le premier avis. Si la pièce a été donnée et que le commerçant nie avoir livré les fruits, le commerçant prête serment. Rabbi Yehouda préfère suivre la possession concrète des fruits. Une règle parallèle vaut chez le changeur pour monnaie et pièces, avec un argument particulier de Rabbi Yehouda sur l’usage professionnel du changeur.
Une femme qui reconnaît qu’une partie de sa ketouba a déjà été payée ne peut réclamer le reste qu’après serment. Il en va de même si un témoin unique atteste que la dette est déjà payée, si elle recouvre sur des biens déjà engagés ou sur des biens d’orphelins, ou si elle se fait payer en l’absence du débiteur. De même, des héritiers ne recouvrent une créance de leur père qu’après avoir juré qu’il ne leur a pas laissé d’instruction de paiement et qu’ils n’ont trouvé aucune quittance. Rabbi Yohanan ben Beroka permet même à un fils né après la mort du père de prêter ce serment. Rabban Shimon ben Gamliel dispense du serment lorsqu’il existe des témoins que le père a déclaré au moment de mourir que l’acte n’était pas payé.
Certains jurent même sans demande précise : associés, métayers, tuteurs, femme qui gère les affaires de la maison et membre de la maisonnée chargé de la gestion. Si l’autre dit : « Je n’ai pas de demande précise, mais je veux que tu me jures », le serment peut être imposé. Après partage des biens ou fin de l’association, on ne peut plus normalement l’exiger. Mais si un autre serment naît pour une autre raison, on peut y rattacher toutes les anciennes questions. L’année sabbatique remet aussi l’obligation de ce serment selon le texte.
Passerelles
Pour situer, approfondir ou revenir au texte.