La septième année remet une dette, qu’elle soit constatée par écrit ou non. Un compte courant chez un commerçant n’est pas remis ; s’il est transformé en prêt, il l’est. Rabbi Yehouda dit : chaque nouvelle dette inscrite remet la précédente. Le salaire dû à un ouvrier n’est pas remis ; s’il est transformé en prêt, il l’est. Rabbi Yossi dit : une rémunération correspondant à un travail achevé avant la fin de la septième année est remise ; si le travail se poursuit au-delà, elle ne l’est pas.
Mishnah · Zeraïm · Sheviit
Mishnah Sheviit — chapitre 10
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique, terminologie agricole et annotation halakhique à poursuivre avant tout statut supérieur.
Celui qui abat une vache et en vend les parts à crédit à Rosh Hashana : si le mois précédent a été déclaré intercalaire de sorte que la dette appartient encore à la septième année, elle est remise ; sinon, non. Les indemnités dues par le violeur, le séducteur ou celui qui a diffamé une jeune femme, ainsi que toute créance résultant d’une décision judiciaire, ne sont pas remises. Un prêt garanti par un gage, et des actes de dette remis au tribunal, ne sont pas remis.
Un prosboul empêche la remise de la dette. C’est l’une des institutions établies par Hillel l’Ancien : lorsqu’il vit que les gens s’abstenaient de se prêter les uns aux autres et transgressaient ce qui est écrit dans la Torah — « Garde-toi d’avoir dans ton cœur une pensée mauvaise… » — Hillel institua le prosboul.
Voici la formule essentielle du prosboul : « Je vous remets, à vous, untel et untel, juges de tel lieu, toutes les créances que je possède, afin que je puisse les recouvrer quand je le voudrai. » Les juges signent au-dessous, ou les témoins.
Un prosboul antidaté est valable ; un prosboul postdaté est invalide. Pour les actes de dette, c’est l’inverse : un acte antidaté est invalide et un acte postdaté valable. Si une personne a emprunté à cinq créanciers, chacun rédige son prosboul séparément. Si cinq personnes ont emprunté à un seul créancier, un seul prosboul suffit pour toutes.
On ne rédige un prosboul que lorsque le débiteur possède un droit sur une terre. S’il n’en possède pas, le créancier peut lui faire acquérir même une infime parcelle de son propre champ. Si le débiteur possède en ville un champ hypothéqué, on peut rédiger le prosboul sur cette base. Rabbi Houtspit dit : on peut rédiger un prosboul pour un mari sur les biens de sa femme, et pour des orphelins sur les biens de leurs tuteurs.
Une ruche d’abeilles : Rabbi Eliezer dit qu’elle est assimilée à la terre ; on peut donc rédiger un prosboul sur cette base, elle ne reçoit pas l’impureté tant qu’elle reste à sa place, et celui qui en retire du miel le sabbat est responsable. Les sages disent qu’elle n’est pas assimilée à la terre : on ne rédige pas de prosboul sur cette base, elle peut recevoir l’impureté à sa place, et celui qui en retire du miel le sabbat est exempt.
Si un débiteur vient rembourser une dette après que la septième année l’a remise, le créancier doit lui dire : « Je la remets. » Si le débiteur répond : « Malgré cela, je veux te payer », le créancier peut recevoir le paiement, car il est dit : « Voici la parole de la remise. » De même, un homicide involontaire exilé dans une ville de refuge, si les habitants veulent l’honorer, doit leur dire : « Je suis un meurtrier. » S’ils répondent : « Malgré cela », il peut accepter leur honneur, car il est dit : « Voici la parole du meurtrier. »
Celui qui rembourse volontairement une dette remise par la septième année est approuvé par les sages. Celui qui avait emprunté à un converti dont les fils se sont convertis avec lui n’est pas tenu de leur rembourser après la mort du père ; s’il le fait, les sages l’approuvent. Les biens meubles s’acquièrent par traction ; et toute personne qui tient parole est approuvée par les sages.
Passerelles
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