Mishnah · Nashim · Nedarim

Mishnah Nedarim — chapitre 5

Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.

S0 · édition évolutive6 mishnayotHébreu · français

Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.

Nedarim 5,1
הַשֻּׁתָּפִין שֶׁנָּדְרוּ הֲנָאָה זֶה מִזֶּה, אֲסוּרִין לִכָּנֵס לֶחָצֵר. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר, זֶה נִכְנָס לְתוֹךְ שֶׁלּוֹ וְזֶה נִכְנָס לְתוֹךְ שֶׁלּוֹ. וּשְׁנֵיהֶם אֲסוּרִים לְהַעֲמִיד שָׁם רֵחַיִם וְתַנּוּר וּלְגַדֵּל תַּרְנְגוֹלִים. הָיָה אֶחָד מֵהֶם מֻדָּר הֲנָאָה מֵחֲבֵרוֹ, לֹא יִכָּנֵס לֶחָצֵר. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר, יָכוֹל הוּא לוֹמַר לוֹ, לְתוֹךְ שֶׁלִּי אֲנִי נִכְנָס וְאֵינִי נִכְנָס לְתוֹךְ שֶׁלָּךְ. וְכוֹפִין אֶת הַנּוֹדֵר לִמְכֹּר אֶת חֶלְקוֹ:

Deux associés qui se sont mutuellement interdit tout bénéfice ne peuvent, selon l’opinion anonyme, entrer dans leur cour commune, car chacun utilise aussi la part de l’autre. Rabbi Eliezer ben Yaakov dit que chacun peut dire : « J’entre dans ma propre part », la jouissance de la cour ayant été implicitement répartie entre eux. Tous reconnaissent cependant qu’ils ne peuvent y installer pour leur usage exclusif une meule, un four ou y élever des poules si cela empiète sur la part commune. Si un seul associé a interdit à l’autre de bénéficier de lui, même débat sur l’entrée ; le tribunal peut contraindre celui qui a créé cette situation durablement conflictuelle à vendre sa part.

Nedarim 5,2
הָיָה אֶחָד מִן הַשּׁוּק מֻדָּר מֵאֶחָד מֵהֶם הֲנָאָה, לֹא יִכָּנֵס לֶחָצֵר. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר, יָכוֹל הוּא לוֹמַר לוֹ, לְתוֹךְ שֶׁל חֲבֵרְךָ אֲנִי נִכְנָס, וְאֵינִי נִכְנָס לְתוֹךְ שֶׁלָּךְ:

Si une personne extérieure à la cour s’est interdit tout bénéfice de l’un des deux associés, l’opinion anonyme lui interdit d’entrer dans la cour commune. Rabbi Eliezer ben Yaakov lui permet de dire au propriétaire concerné : « J’entre dans la part de ton associé, non dans la tienne. »

Nedarim 5,3
הַמֻּדָּר הֲנָאָה מֵחֲבֵרוֹ, וְיֶשׁ לוֹ מֶרְחָץ וּבֵית הַבַּד מֻשְׂכָּרִים בָּעִיר, אִם יֶשׁ לוֹ בָהֶן תְּפִיסַת יָד, אָסוּר. אֵין לוֹ בָהֶן תְּפִיסַת יָד, מֻתָּר. הָאוֹמֵר לַחֲבֵרוֹ, קוֹנָם לְבֵיתְךָ שֶׁאֲנִי נִכְנָס וְשָׂדְךָ שֶׁאֲנִי לוֹקֵחַ, מֵת אוֹ שֶׁמְּכָרוֹ לְאַחֵר, מֻתָּר. קוֹנָם לְבַיִת זֶה שֶׁאֲנִי נִכְנָס, שָׂדֶה זוֹ שֶׁאֲנִי לוֹקֵחַ, מֵת אוֹ שֶׁמְּכָרוֹ לְאַחֵר, אָסוּר:

Celui qui est interdit de bénéfice d’un homme dont un bain public ou un pressoir est loué à d’autres peut l’utiliser si le propriétaire n’y conserve aucun droit d’intervention ou part économique ; s’il conserve une prise effective sur le revenu ou l’usage, c’est interdit. Celui qui dit : « Konam que j’entre dans ta maison » ou « que j’achète ton champ » vise le bien tant qu’il est réellement à cette personne : si elle meurt ou le vend, l’interdit cesse. S’il dit : « cette maison » ou « ce champ-ci », l’interdit demeure attaché à l’objet même après vente ou décès du propriétaire.

Nedarim 5,4
הֲרֵינִי עָלֶיךָ חֵרֶם, הַמֻּדָּר אָסוּר. הֲרֵי אַתְּ עָלַי חֵרֶם, הַנּוֹדֵר אָסוּר. הֲרֵינִי עָלֶיךָ וְאַתְּ עָלַי, שְׁנֵיהֶם אֲסוּרִין. וּשְׁנֵיהֶם מֻתָּרִין בְּדָבָר שֶׁל עוֹלֵי בָבֶל, וַאֲסוּרִין בְּדָבָר שֶׁל אוֹתָהּ הָעִיר:

S’il dit à son prochain : « Je suis herem pour toi », c’est celui qui reçoit l’interdiction qui ne peut bénéficier du déclarant. S’il dit : « Tu es herem pour moi », c’est le déclarant qui ne peut bénéficier de l’autre. S’ils se l’interdisent réciproquement, les deux sont interdits de bénéfice personnel l’un de l’autre. Tous deux peuvent cependant utiliser les biens appartenant collectivement à l’ensemble des pèlerins montés de Babylone, mais non les biens appartenant spécifiquement à leur ville.

Nedarim 5,5
וְאֵיזֶהוּ דָבָר שֶׁל עוֹלֵי בָבֶל, כְּגוֹן הַר הַבַּיִת וְהָעֲזָרוֹת וְהַבּוֹר שֶׁבְּאֶמְצַע הַדֶּרֶךְ. וְאֵיזֶהוּ דָבָר שֶׁל אוֹתָהּ הָעִיר, כְּגוֹן הָרְחָבָה וְהַמֶּרְחָץ, וּבֵית הַכְּנֶסֶת וְהַתֵּבָה וְהַסְּפָרִים. וְהַכּוֹתֵב חֶלְקוֹ לַנָּשִׂיא. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, אֶחָד כּוֹתֵב לַנָּשִׂיא וְאֶחָד כּוֹתֵב לְהֶדְיוֹט. מַה בֵּין כּוֹתֵב לַנָּשִׂיא לְכוֹתֵב לְהֶדְיוֹט, שֶׁהַכּוֹתֵב לַנָּשִׂיא אֵינוֹ צָרִיךְ לְזַכּוֹת. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים, אֶחָד זֶה וְאֶחָד זֶה צְרִיכִין לְזַכּוֹת. לֹא דִבְּרוּ בַנָּשִׂיא אֶלָּא בַהֹוֶה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, אֵין אַנְשֵׁי גָלִיל צְרִיכִין לִכְתֹּב, שֶׁכְּבָר כָּתְבוּ אֲבוֹתֵיהֶם עַל יְדֵיהֶם:

Font partie des biens communs des pèlerins de Babylone, par exemple, le mont du Temple, les cours sacrées et certains puits publics le long des routes. Les biens propres d’une ville comprennent la place, le bain, la synagogue, l’arche et les rouleaux communautaires. Pour éviter qu’un vœu privé bloque l’usage, une personne peut transférer juridiquement sa part communautaire au nasi ou à une autre personne. Rabbi Yehouda distingue les modalités de ce transfert ; les sages expliquent que le nasi n’est qu’un exemple pratique fréquent. Rabbi Yehouda ajoute qu’en Galilée certains droits communautaires avaient déjà été transférés collectivement par les ancêtres.

Nedarim 5,6
הַמֻּדָּר הֲנָאָה מֵחֲבֵרוֹ וְאֵין לוֹ מַה יֹּאכַל, נוֹתְנוֹ לְאַחֵר לְשׁוּם מַתָּנָה, וְהַלָּה מֻתָּר בָּהּ. מַעֲשֶׂה בְאֶחָד בְּבֵית חוֹרוֹן שֶׁהָיָה אָבִיו מֻדָּר הֵימֶנּוּ הֲנָאָה, וְהָיָה מַשִּׂיא אֶת בְּנוֹ, וְאָמַר לַחֲבֵרוֹ, חָצֵר וּסְעוּדָה נְתוּנִים לְךָ בְמַתָּנָה, וְאֵינָן לְפָנֶיךָ אֶלָּא כְדֵי שֶׁיָּבֹא אַבָּא וְיֹאכַל עִמָּנוּ בַּסְּעוּדָה. אָמַר לוֹ, אִם שֶׁלִּי הֵם, הֲרֵי הֵם מֻקְדָּשִׁין לַשָּׁמָיִם. אָמַר לוֹ, לֹא נָתַתִּי אֶת שֶׁלִּי שֶׁתַּקְדִּישֵׁם לַשָּׁמָיִם. אָמַר לוֹ, לֹא נָתַתָּ לִּי אֶת שֶׁלְּךָ אֶלָּא שֶׁתְּהֵא אַתָּה וְאָבִיךָ אוֹכְלִים וְשׁוֹתִים וּמִתְרַצִּים זֶה לָזֶה, וִיהֵא עָוֹן תָּלוּי בְּרֹאשׁוֹ. וּכְשֶׁבָּא דָבָר לִפְנֵי חֲכָמִים, אָמְרוּ, כָּל מַתָּנָה שֶׁאֵינָהּ שֶׁאִם הִקְדִּישָׁהּ אֵינָהּ מְקֻדֶּשֶׁת, אֵינָהּ מַתָּנָה:

Celui qui est interdit de bénéfice de son père ou d’un autre homme peut parfois transférer un bien en véritable cadeau à un tiers, permettant ensuite à l’interdit d’en bénéficier. Mais le cadeau doit être réel. À Beit Horon, un homme dont le père était interdit de bénéficier de lui voulait néanmoins le faire participer au mariage de son fils. Il donna cour et repas à un ami en disant implicitement que c’était seulement afin que son père vienne manger. L’ami répondit : « Si le bien est réellement à moi, je le consacre au Ciel. » Le donateur protesta qu’il ne lui avait pas donné pour cela. Les sages conclurent : tout cadeau qui ne donne pas au bénéficiaire la liberté réelle de consacrer le bien n’est pas un véritable cadeau.

Note philologique. L’épisode de Beit Horon sert à distinguer un véritable cadeau d’un transfert fictif destiné seulement à contourner un vœu.

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