Mishnah · Nashim · Nedarim

Mishnah Nedarim — chapitre 4

Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.

S0 · édition évolutive8 mishnayotHébreu · français

Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.

Nedarim 4,1
אֵין בֵּין הַמֻּדָּר הֲנָאָה מֵחֲבֵרוֹ לַמֻּדָּר הֵימֶנּוּ מַאֲכָל אֶלָּא דְרִיסַת הָרֶגֶל וְכֵלִים שֶׁאֵין עוֹשִׂין בָּהֶן אֹכֶל נֶפֶשׁ. הַמֻּדָּר מַאֲכָל מֵחֲבֵרוֹ, לֹא יַשְׁאִילֶנּוּ נָפָה וּכְבָרָה וְרֵחַיִם וְתַנּוּר, אֲבָל מַשְׁאִיל לוֹ חָלוּק וְטַבַּעַת וְטַלִּית וּנְזָמִים, וְכָל דָּבָר שֶׁאֵין עוֹשִׂין בּוֹ אֹכֶל נֶפֶשׁ. מְקוֹם שֶׁמַּשְׂכִּירִין כַּיּוֹצֵא בָהֶן, אָסוּר:

Entre celui qui s’est interdit tout bénéfice provenant de son prochain et celui qui s’est interdit seulement sa nourriture, la différence concerne notamment le droit de passage et l’usage d’objets sans rapport avec la préparation des aliments. Celui qui s’est interdit uniquement la nourriture ne peut emprunter tamis, crible, meule ou four, qui servent directement à produire de la nourriture ; il peut emprunter vêtement, anneau, manteau, boucles d’oreilles et autres objets sans cette fonction. Dans un lieu où même ces objets sont habituellement loués contre paiement, leur prêt gratuit constitue aussi un bénéfice interdit.

Nedarim 4,2
הַמֻּדָּר הֲנָאָה מֵחֲבֵרוֹ, שׁוֹקֵל אֶת שִׁקְלוֹ, וּפוֹרֵעַ אֶת חוֹבוֹ, וּמַחֲזִיר לוֹ אֶת אֲבֵדָתוֹ. מְקוֹם שֶׁנּוֹטְלִין עָלֶיהָ שָׂכָר, תִּפֹּל הֲנָאָה לַהֶקְדֵּשׁ:

Celui qui est interdit de bénéfice de son prochain peut néanmoins, selon la Mishnah, payer à sa place le demi-shekel dû au Temple, acquitter une dette dont le paiement n’apporte pas un avantage direct interdit, et lui restituer un objet perdu. Là où le restituteur aurait normalement droit à un salaire, ce salaire ne revient pas au bénéficiaire du vœu mais est affecté au sanctuaire afin d’éviter qu’un avantage interdit lui soit transféré.

Nedarim 4,3
וְתוֹרֵם אֶת תְּרוּמָתוֹ וּמַעַשְׂרוֹתָיו לְדַעְתּוֹ. וּמַקְרִיב עָלָיו קִנֵּי זָבִין, קִנֵּי זָבוֹת, קִנֵּי יוֹלְדוֹת, חַטָּאוֹת וַאֲשָׁמוֹת, וּמְלַמְּדוֹ מִדְרָשׁ, הֲלָכוֹת וְאַגָּדוֹת, אֲבָל לֹא יְלַמְּדֶנּוּ מִקְרָא. אֲבָל מְלַמֵּד הוּא אֶת בָּנָיו וְאֶת בְּנוֹתָיו מִקְרָא, וְזָן אֶת אִשְׁתּוֹ וְאֶת בָּנָיו אַף עַל פִּי שֶׁהוּא חַיָּב בִּמְזוֹנוֹתֵיהֶם. וְלֹא יָזוּן אֶת בְּהֶמְתּוֹ, בֵּין טְמֵאָה בֵּין טְהוֹרָה. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר, זָן אֶת הַטְּמֵאָה, וְאֵינוֹ זָן אֶת הַטְּהוֹרָה. אָמְרוּ לוֹ, מַה בֵּין טְמֵאָה לִטְהוֹרָה. אָמַר לָהֶן, שֶׁהַטְּהוֹרָה נַפְשָׁהּ לַשָּׁמַיִם וְגוּפָהּ שֶׁלּוֹ, וּטְמֵאָה נַפְשָׁהּ וְגוּפָהּ לַשָּׁמָיִם. אָמְרוּ לוֹ, אַף הַטְּמֵאָה נַפְשָׁהּ לַשָּׁמַיִם וְגוּפָהּ שֶׁלּוֹ, שֶׁאִם יִרְצֶה, הֲרֵי הוּא מוֹכְרָהּ לְגוֹיִם אוֹ מַאֲכִילָהּ לִכְלָבִים:

Il peut, avec l’accord du propriétaire, prélever sa terouma et ses dîmes pour lui ; il peut apporter en son nom certains sacrifices obligatoires d’oiseaux ou sacrifices pour le péché et de réparation lorsque le paiement n’est pas traité comme un bénéfice personnel direct. Il peut lui enseigner midrash, halakhot et aggadot sans salaire, mais non lui enseigner gratuitement l’Écriture là où cet enseignement est normalement rémunéré ; il peut enseigner l’Écriture à ses fils et filles. Il peut nourrir son épouse et ses enfants même si celui-ci est juridiquement tenu de les nourrir, puisque l’avantage est reçu par eux. Il ne nourrit pas ses animaux, parce que leur maintien accroît directement son patrimoine. Rabbi Eliezer voulait distinguer l’animal impur de l’animal pur en raison de sa destination sacrificielle ou alimentaire ; les sages répondent que même l’animal impur possède une valeur économique pour son propriétaire.

Nedarim 4,4
הַמֻּדָּר הֲנָאָה מֵחֲבֵרוֹ וְנִכְנַס לְבַקְּרוֹ, עוֹמֵד, אֲבָל לֹא יוֹשֵׁב. וּמְרַפְּאֵהוּ רְפוּאַת נֶפֶשׁ, אֲבָל לֹא רְפוּאַת מָמוֹן. וְרוֹחֵץ עִמּוֹ בְאַמְבַּטִיָא גְדוֹלָה, אֲבָל לֹא בִקְטַנָּה. וְיָשֵׁן עִמּוֹ בְמִטָּה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, בִּימוֹת הַחַמָּה, אֲבָל לֹא בִימוֹת הַגְּשָׁמִים, מִפְּנֵי שֶׁהוּא מְהַנֵּהוּ. וּמֵסֵב עִמּוֹ עַל הַמִּטָּה, וְאוֹכֵל עִמּוֹ עַל הַשֻּׁלְחָן, אֲבָל לֹא מִן הַתַּמְחוּי, אֲבָל אוֹכֵל הוּא עִמּוֹ מִן הַתַּמְחוּי הַחוֹזֵר. לֹא יֹאכַל עִמּוֹ מִן הָאֵבוּס שֶׁלִּפְנֵי הַפּוֹעֲלִים, וְלֹא יַעֲשֶׂה עִמּוֹ בְאֻמָּן, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים, עוֹשֶׂה הוּא בְרִחוּק מִמֶּנּוּ:

Celui qui s’est interdit de bénéficier de son prochain peut lui rendre visite lorsqu’il est malade, mais il reste debout et ne s’assied pas si le fait de demeurer plus longtemps constitue un service normalement rémunéré ou avantageux. Il peut le soigner lorsque le soin vise directement sa personne, mais non gratuitement ses biens ou son bétail lorsque cela représente un avantage économique. Ils peuvent se baigner ensemble dans un grand bain où l’un ne chauffe pas sensiblement l’eau de l’autre, mais non dans un petit bain. Ils peuvent partager un lit selon certaines conditions ; Rabbi Yehouda distingue l’été de l’hiver lorsque la chaleur du corps procure un avantage. Ils peuvent s’asseoir à la même table sans manger d’un même plat individuel lorsque cela créerait un échange de bénéfice. Les sages permettent aussi certains travaux effectués à distance où aucun avantage direct n’est transmis.

Nedarim 4,5
הַמֻּדָּר הֲנָאָה מֵחֲבֵרוֹ לִפְנֵי שְׁבִיעִית, לֹא יוֹרֵד לְתוֹךְ שָׂדֵהוּ, וְאֵינוֹ אוֹכֵל מִן הַנּוֹטוֹת. וּבַשְּׁבִיעִית אֵינוֹ יוֹרֵד לְתוֹךְ שָׂדֵהוּ, אֲבָל אוֹכֵל הוּא מִן הַנּוֹטוֹת. נָדַר הֵימֶנּוּ מַאֲכָל לִפְנֵי שְׁבִיעִית, יוֹרֵד לְתוֹךְ שָׂדֵהוּ, וְאֵינוֹ אוֹכֵל מִן הַפֵּרוֹת. וּבַשְּׁבִיעִית, יוֹרֵד וְאוֹכֵל:

Quelqu’un s’est interdit tout bénéfice de son prochain avant l’année sabbatique : il ne descend pas dans son champ et ne mange pas les fruits qui penchent depuis ce champ. Pendant la septième année, il ne descend toujours pas dans le champ si l’accès au terrain lui-même constitue un bénéfice privé, mais il peut manger les fruits devenus sans propriétaire. S’il s’était interdit seulement la nourriture provenant de son prochain, il peut entrer dans le champ mais ne mange pas ses fruits avant la septième année ; pendant la septième année, il peut à la fois entrer selon les droits publics reconnus et manger les produits abandonnés.

Nedarim 4,6
הַמֻּדָּר הֲנָאָה מֵחֲבֵרוֹ, לֹא יַשְׁאִילֶנּוּ וְלֹא יִשְׁאַל מִמֶּנּוּ, לֹא יַלְוֶנּוּ וְלֹא יִלְוֶה מִמֶּנּוּ, וְלֹא יִמְכֹּר לוֹ וְלֹא יִקַּח מִמֶּנּוּ. אָמַר לוֹ, הַשְׁאִילֵנִי פָרָתֶךָ. אָמַר לוֹ, אֵינָהּ פְּנוּיָה. אָמַר קוֹנָם שָׂדִי שֶׁאֲנִי חוֹרֵשׁ בָּהּ לְעוֹלָם, אִם הָיָה דַרְכּוֹ לַחֲרֹשׁ, הוּא אָסוּר וְכָל אָדָם מֻתָּרִין. אִם אֵין דַּרְכּוֹ לַחֲרֹשׁ, הוּא וְכָל אָדָם אֲסוּרִין:

Deux personnes sont liées par un vœu interdisant tout bénéfice entre elles : elles ne se prêtent ni n’empruntent des objets, ni argent, ni ne vendent ou achètent l’une de l’autre lorsqu’un avantage commercial peut résulter de l’échange. Un homme demande à son prochain de lui prêter sa vache ; l’autre répond qu’elle n’est pas disponible. Le demandeur dit alors sous forme de vœu que son champ soit interdit s’il le laboure un jour avec cette vache. Si son habitude était réellement de labourer lui-même, l’interdit vise seulement son usage ; si ce n’était pas son habitude et que sa formulation désigne plus largement le labour avec la vache, d’autres personnes peuvent aussi se trouver incluses selon l’intention des mots.

Nedarim 4,7
הַמֻּדָּר הֲנָאָה מֵחֲבֵרוֹ וְאֵין לוֹ מַה יֹּאכַל, הוֹלֵךְ אֵצֶל הַחֶנְוָנִי וְאוֹמֵר, אִישׁ פְּלוֹנִי מֻדָּר מִמֶּנִּי הֲנָאָה וְאֵינִי יוֹדֵעַ מָה אֶעֱשֶׂה, וְהוּא נוֹתֵן לוֹ וּבָא וְנוֹטֵל מִזֶּה. הָיָה בֵיתוֹ לִבְנוֹת, גְּדֵרוֹ לִגְדֹּר, שָׂדֵהוּ לִקְצֹר, הוֹלֵךְ אֵצֶל הַפּוֹעֲלִים וְאוֹמֵר, אִישׁ פְּלוֹנִי מֻדָּר מִמֶּנִּי הֲנָאָה וְאֵינִי יוֹדֵעַ מָה אֶעֱשֶׂה. הֵם עוֹשִׂין עִמּוֹ, וּבָאִין וְנוֹטְלִין שָׂכָר מִזֶּה:

Celui qui a interdit tout bénéfice à un ami mais apprend que celui-ci n’a rien à manger peut aller chez un épicier et dire : « Untel est interdit de bénéficier de moi et je ne sais que faire. » L’épicier peut alors choisir de lui donner de la nourriture, puis venir demander un remboursement au premier homme sans qu’il y ait eu ordre contractuel direct de nourrir. De même pour une maison à construire, une clôture à réparer ou un champ à moissonner : il peut exposer la situation aux ouvriers ; ceux-ci travaillent pour l’homme dans le besoin puis viennent librement réclamer leur salaire au premier.

Nedarim 4,8
הָיוּ מְהַלְּכִין בַּדֶּרֶךְ, וְאֵין לוֹ מַה יֹּאכַל, נוֹתֵן לְאַחֵר לְשׁוּם מַתָּנָה וְהַלָּה מֻתָּר בָּהּ. אִם אֵין עִמָּהֶם אַחֵר, מַנִּיחַ עַל הַסֶּלַע אוֹ עַל הַגָּדֵר וְאוֹמֵר, הֲרֵי הֵן מֻפְקָרִים לְכָל מִי שֶׁיַּחְפֹּץ, וְהַלָּה נוֹטֵל וְאוֹכֵל. וְרַבִּי יוֹסֵי אוֹסֵר:

Deux hommes voyagent et l’un, interdit de bénéfice de l’autre, n’a rien à manger. Le propriétaire peut donner les aliments en cadeau à une troisième personne ; le bénéficiaire du vœu peut alors les recevoir de cette troisième personne. S’il n’y a personne d’autre, il peut les déposer sur un rocher ou une clôture et déclarer : « Ils sont abandonnés à quiconque les veut » ; l’autre les prend et mange. Rabbi Yossi interdit cette dernière construction, estimant que l’abandon reste trop directement lié au bénéficiaire.

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