Certaines comparaisons ne créent pas de vœu, parce qu’elles renvoient à des interdits déjà imposés par la Torah plutôt qu’à une chose rendue interdite par un vœu : viande de porc, idolâtrie, peaux utilisées dans un culte, carcasses, animaux terefah, reptiles, hallah d’Aaron ou terouma. Un homme dit à son épouse : « Tu es pour moi comme ma mère » ; on lui ouvre une autre voie d’annulation afin qu’il ne prenne pas l’habitude de traiter les vœux avec légèreté. Pour des formules portant sur dormir, parler, marcher ou sur les relations conjugales, la Mishnah distingue ce qu’un vœu peut rendre objet d’interdiction et ce qui relève plutôt d’un serment portant sur l’action de la personne.
Mishnah · Nashim · Nedarim
Mishnah Nedarim — chapitre 2
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.
Certaines séquences négatives autour du mot qorban n’ont pas valeur de vœu lorsque le sens grammatical exprime précisément l’absence d’interdiction ; les séquences parallèles avec « serment » peuvent, selon leur structure, engager davantage. C’est une rigueur du serment par rapport au vœu. Inversement, le vœu peut porter sur un objet lié à une mitsva — par exemple une soukka, un lulav ou des tefillin — parce qu’il interdit l’objet à soi ; le serment ne peut pas valablement obliger à transgresser une mitsva en interdisant l’acte qui est déjà commandé.
Un vœu peut s’ajouter à un vœu, contrairement à un serment identique ajouté à un serment. Par exemple : « Je serai nazir si je mange », répété deux fois, puis il mange : les deux engagements peuvent produire chacun leur conséquence. « Je jure de ne pas manger », répété deux fois, puis il mange : il n’est tenu qu’une fois, puisque le premier serment avait déjà interdit l’acte.
En cas de vœu formulé sans précision, on adopte d’abord l’interprétation rigoureuse ; lorsqu’il explique ensuite clairement son intention, on peut retenir l’interprétation plus légère si elle correspond réellement aux mots. Ainsi « viande salée » peut désigner une viande consacrée ou une viande de culte idolâtre ; « vin de libation » une libation sacrée ou idolâtre ; « herem » celui destiné à Dieu ou aux prêtres ; « dîme » la dîme du bétail ou celle de l’aire ; « terouma » le prélèvement de la chambre ou la terouma agricole. Rabbi Meïr traite l’ambiguïté avec rigueur. Rabbi Yehouda tient compte des usages régionaux : en Judée, « terouma » pouvait évoquer le prélèvement du Temple ; en Galilée, cette signification n’était pas familière. L’inverse pouvait se produire pour herem.
Quelqu’un a employé un mot qui ressemblait à une formule de vœu puis explique qu’il visait une expression profane : « herem » au sens d’un filet marin, « qorban » au sens d’un cadeau royal, « mon propre os soit sacrifice » en parlant d’un os qu’il conservait, ou « konam que ma femme bénéficie de moi » en prétendant avoir visé une ancienne épouse divorcée. Rabbi Meïr ne traite pas ces personnes comme de simples demandeurs ordinaires d’annulation : il leur impose une démarche plus sévère afin de décourager la légèreté. Les sages permettent d’ouvrir pour eux une autre voie d’annulation et de les instruire afin qu’ils prennent les vœux au sérieux.
Passerelles
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