Les vœux d’une jeune fille fiancée peuvent être annulés conjointement par son père et son fiancé. Si le père annule mais pas le fiancé, ou le fiancé mais pas le père, le vœu n’est pas annulé. À plus forte raison, si l’un des deux l’a explicitement confirmé, l’autre ne peut à lui seul le supprimer.
Si le père meurt, son pouvoir ne passe pas au fiancé. Si le fiancé meurt, en revanche, le pouvoir revient au père dans les limites du statut de la jeune fille. En cela le pouvoir du père est plus fort. À l’inverse, le mari possède un pouvoir après la majorité matrimoniale que le père n’a plus une fois la fille devenue bogeret.
Une jeune fille fiancée prononce un vœu, divorce le même jour, puis se fiance de nouveau le même jour, même plusieurs fois. Tant qu’elle n’a pas été un seul instant entièrement indépendante de l’autorité paternelle et matrimoniale, son père et le dernier fiancé peuvent ensemble annuler les vœux prononcés dans cette période.
L’usage des disciples des sages était que le père, avant que sa fille ne quitte sa maison, lui dise : « Tous les vœux que tu as prononcés dans ma maison sont annulés. » De même, le mari, avant son entrée complète sous son autorité, pouvait annuler les vœux antérieurs encore susceptibles de l’être.
Une bogeret dont le délai de douze mois de préparation au mariage est achevé, ou une veuve après trente jours, peut être entretenue par son futur mari selon certaines règles. Rabbi Eliezer dit que, puisqu’il est désormais tenu de son entretien, il peut aussi annuler ses vœux. Les sages disent qu’il n’acquiert ce pouvoir qu’après l’entrée effective de la femme sous son autorité matrimoniale.
Une shomeret yavam attend un ou plusieurs yevamim. Rabbi Eliezer dit que le yavam peut annuler ses vœux ; Rabbi Josué limite cette possibilité au cas d’un seul yavam ; Rabbi Aqiva la refuse même dans ce cas. Rabbi Eliezer raisonne que celui qui reçoit une femme par le lien léviratique devrait avoir au moins le pouvoir du mari. Rabbi Aqiva répond que le lien léviratique n’est pas un mariage achevé et peut encore impliquer d’autres frères.
Un homme dit à sa femme : « Tous les vœux que tu prononceras d’ici mon retour sont confirmés » : cela n’a pas d’effet anticipé. S’il dit : « ils sont annulés », Rabbi Eliezer tient l’annulation anticipée pour valable ; les sages la refusent, en s’appuyant sur Nombres 30 : seul ce qui est déjà susceptible d’être confirmé peut être annulé.
L’annulation des vœux doit se faire le jour où ils sont entendus. Si elle fait le vœu au début de la nuit, le père ou le mari peut l’annuler jusqu’à la nuit suivante. Si elle le prononce juste avant la nuit, il ne reste que ce bref intervalle. Une fois le jour achevé sans annulation, le délai est passé.