Quels vœux le mari peut-il annuler ? Ceux qui comportent une affliction personnelle importante. La Mishnah donne comme exemples des vœux relatifs au fait de se laver ou de ne pas se laver, de se parer ou non. Rabbi Yossi conteste que ces exemples soient réellement des vœux d’affliction de l’âme au sens strict.
Mishnah · Nashim · Nedarim
Mishnah Nedarim — chapitre 11
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.
Exemples plus clairs d’affliction : « Konam, tous les fruits du monde me sont interdits » ; le mari peut annuler. « Les fruits de tel pays me sont interdits » : on peut lui en apporter d’un autre pays, donc le mari ne peut pas nécessairement annuler. « Les fruits de tel commerçant me sont interdits » : il ne peut normalement pas annuler, sauf si ce commerçant constitue en pratique sa seule source d’approvisionnement ; alors Rabbi Yossi admet l’annulation.
Une femme dit : « Konam, je ne tirerai aucun bénéfice des créatures. » Le mari ne peut pas nécessairement annuler, car elle peut encore bénéficier de leqet, shikheha et peah. Si elle interdit à tous les prêtres ou lévites de bénéficier d’elle, ils peuvent malgré tout prélever ce qui leur revient selon l’obligation légale. Si elle vise seulement certains prêtres ou lévites, d’autres reçoivent les dons.
Elle dit : « Konam, je ne travaillerai pas pour mon père, ton père, mon frère ou ton frère » : le mari ne peut pas annuler, car ce travail n’est pas une obligation envers lui. Si elle dit : « Je ne travaillerai pas pour toi », une opinion estime qu’il n’a pas besoin d’annuler ; Rabbi Aqiva dit qu’il doit annuler de peur qu’un surplus de travail ne devienne interdit ; Rabbi Yohanan ben Nouri dit qu’il doit annuler parce qu’en cas de divorce futur le vœu deviendrait pleinement effectif.
L’épouse a fait un vœu et le mari croit que c’est sa fille ; la fille a fait le vœu et il croit que c’est son épouse ; elle a fait un vœu de naziréat et il croit qu’il s’agit d’un vœu sacrificiel, ou inversement ; elle s’est interdite les figues et il croit qu’il s’agit des raisins, ou inversement. Son annulation fondée sur une identification erronée ne suffit pas : il doit recommencer et annuler le vœu réellement prononcé.
Elle dit : « Konam, je ne goûterai ni ces figues ni ces raisins. » S’il confirme la partie concernant les figues, l’ensemble du vœu est confirmé selon cette structure. S’il n’annule que la partie concernant les figues, l’ensemble n’est pas encore annulé : il doit annuler aussi la partie concernant les raisins. Si elle a formulé deux vœux séparés, chacun est juridiquement distinct.
Il savait qu’il existait des vœux mais ignorait qu’il existait un pouvoir d’annulation : lorsqu’il l’apprend, il peut encore annuler dans le cadre du délai pertinent. Il savait qu’on pouvait annuler des vœux mais ne savait pas que cette déclaration précise constituait un vœu : Rabbi Meïr dit qu’il ne peut plus annuler ; les sages disent qu’il le peut.
Un père est interdit de bénéfice de son gendre mais veut donner de l’argent à sa fille. Il peut lui dire : « Cet argent t’est donné en cadeau à condition que ton mari n’ait aucun droit sur lui ; il ne servira qu’à ton besoin personnel. » Le cadeau doit ainsi être structuré pour ne pas devenir un bénéfice indirect du gendre.
Une femme dit, alors qu’elle est indépendante : « Je serai nazir dans trente jours » ; même si elle se marie entre-temps, le nouveau mari ne peut pas annuler rétroactivement ce vœu. Inversement, si elle fait le vœu alors qu’elle est encore sous l’autorité de son mari et qu’il l’annule ce jour-là, l’annulation subsiste même si elle devient veuve ou divorcée avant le début différé du naziréat. Si elle fait le vœu, divorce et est reprise le même jour, le mari ne peut plus l’annuler, car elle a été un instant sous sa propre autorité.
La Mishnah énumère neuf situations où les vœux d’une jeune femme restent en vigueur parce qu’elle est devenue juridiquement indépendante du père par majorité ou décès du père. Rabbi Yehouda ajoute le cas d’une fille que son père avait mariée mineure, devenue veuve ou divorcée puis revenue chez lui : même encore jeune, elle ne revient pas sous son ancien pouvoir d’annulation.
Elle dit : « Konam, je ne bénéficierai pas de mon père ou de ton père si je travaille pour toi », ou : « je ne bénéficierai pas de toi si je travaille pour mon père ou ton père. » Le mari peut annuler ces vœux, car ils font dépendre d’une activité ordinaire du mariage un interdit qui pourrait affecter directement leur vie commune.
À l’origine, on disait que trois femmes pouvaient demander à sortir du mariage avec leur ketouba sur leur seule déclaration : celle qui disait « Je suis devenue interdite à toi », celle qui disait « Le Ciel sait ce qu’il y a entre toi et moi », et celle qui disait « Je suis retirée de tous les Juifs » par vœu. Les sages revinrent ensuite sur cette pratique, de peur qu’une femme désireuse d’un autre homme n’utilise ces déclarations pour rompre facilement son mariage. Celle qui dit « Je suis impure pour toi » doit désormais apporter une preuve. Pour « le Ciel est entre toi et moi », on cherche une solution par conciliation. Celle qui s’est interdite à tous les Juifs voit son mari annuler seulement la part du vœu qui le concerne ; elle reste son épouse mais demeure interdite aux autres hommes selon son propre vœu.
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