Trois catégories sont interdites au nazir : l’impureté liée aux morts, la coupe des cheveux et les produits de la vigne. Tous les produits de la vigne peuvent s’additionner entre eux pour atteindre la quantité interdite. Pour les raisins, la mesure mentionnée est le volume d’une olive. Une ancienne mishnah donnait pour le vin un quart de log. Rabbi Aqiva dit que même du pain trempé dans le vin peut rendre responsable si le vin absorbé et l’aliment atteignent ensemble la mesure requise selon son analyse.
Mishnah · Nashim · Nazir
Mishnah Nazir — chapitre 6
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.
Le nazir peut être responsable séparément pour le vin, les raisins, les pépins et les peaux. Rabbi Elazar ben Azaria exige, pour la catégorie particulière des pépins et peaux, deux pépins et une peau. La Mishnah discute aussi le sens des mots harzanim et zagim. Rabbi Yehouda donne une identification ; Rabbi Yossi propose comme moyen mnémotechnique la clochette d’un animal : la partie extérieure est comme la cloche et la partie intérieure comme son battant.
Un naziréat ordinaire dure trente jours. Si le nazir se rase ou si des brigands le rasent, il doit laisser repousser sa chevelure pendant trente jours avant le rasage terminal. Celui qui coupe ses cheveux avec ciseaux, rasoir ou les arrache même en petite quantité transgresse l’interdit selon les conditions prévues. Il peut toutefois laver et séparer ses cheveux avec les doigts, mais ne les peigne pas avec un instrument qui les arrache. Rabbi Yishmaël interdit certains nettoyages à la terre susceptibles de faire tomber les cheveux.
Un nazir boit du vin toute la journée : sans avertissements distincts, il n’encourt qu’une violation pour la continuité de l’acte. Si on l’avertit à plusieurs reprises « ne bois pas » et qu’il boit après chaque avertissement, chaque acte peut constituer une violation séparée. Même règle pour des coupes répétées de cheveux et pour des contacts répétés avec les morts.
Les trois interdits du nazir sont donc impureté, rasage et produits de la vigne. Impureté et rasage sont plus sévères que le vin en ce qu’ils peuvent annuler une partie ou tout le compte du naziréat, alors que boire du vin n’annule pas les jours déjà comptés. Les produits de la vigne ont cependant une rigueur propre : aucune exception rituelle ne les autorise, tandis que l’impureté peut être permise pour un met mitsva, et le rasage dans certaines obligations rituelles. L’impureté est encore plus sévère que le rasage : elle peut annuler tout le compte et oblige à un sacrifice ; le rasage ne fait reprendre que trente jours et n’entraîne pas ce sacrifice.
Comment se déroule le rasage après impureté ? Le nazir reçoit l’aspersion de purification le troisième et le septième jour, se rase le septième et apporte ses sacrifices le huitième. S’il se rase seulement le huitième, Rabbi Aqiva lui permet d’apporter ses sacrifices ce même jour. Rabbi Tarfon demande pourquoi il diffère du lépreux. Rabbi Aqiva répond : la purification du nazir dépend principalement de l’écoulement des jours, tandis que celle du lépreux dépend de son rasage et exige encore l’attente du coucher du soleil avant ses sacrifices.
Comment se déroule le rasage de pureté à l’achèvement du naziréat ? Il apporte trois animaux : sacrifice pour le péché, holocauste et sacrifice de paix. Rabbi Yehouda dit qu’il abat le sacrifice de paix puis se rase en lien avec lui. Rabbi Elazar préfère le sacrifice pour le péché, qui a priorité habituelle. Mais si le nazir s’est rasé en lien avec l’un quelconque des trois sacrifices valides, il est quitte.
Rabban Shimon ben Gamliel dit : s’il apporte trois animaux sans préciser leur destination, celui qui convient au sacrifice pour le péché devient sacrifice pour le péché, celui qui convient à l’holocauste devient holocauste, et celui qui convient au sacrifice de paix devient sacrifice de paix. Le nazir prend les cheveux de son naziréat et les place sous le chaudron où cuit le sacrifice. S’il s’est rasé hors du Temple, il peut encore envoyer ses cheveux sous le chaudron selon cette procédure pour le rasage de pureté. Pour le rasage d’impureté, l’opinion anonyme ne le fait pas. Rabbi Meïr étend davantage cette pratique, sauf au nazir impur rasé hors du sanctuaire.
On cuit ou fait bouillir le sacrifice de paix. Le prêtre prend l’épaule cuite du bélier, une miche sans levain et une galette sans levain du panier, les place sur les mains du nazir et effectue le balancement. Après cela, selon l’opinion anonyme, le nazir est libéré et peut boire du vin ou devenir impur pour les morts. Rabbi Shimon avance ce moment : dès qu’un des sangs des sacrifices a été aspergé valablement, il peut reprendre ces actes.
Si le nazir se rase en se fondant sur un sacrifice qui se révèle invalide, son rasage est invalide et ce sacrifice ne compte pas. S’il s’est rasé sur un sacrifice pour le péché offert sous une désignation incorrecte, puis apporte les sacrifices corrects, son rasage reste invalide. Même difficulté pour un holocauste ou sacrifice de paix offert sous une désignation erronée. Rabbi Shimon distingue : seul le sacrifice invalide ne compte pas, les autres sacrifices valablement offerts restent acquis. Si le rasage a été lié aux trois et qu’au moins l’un est valide, le rasage est valide et il complète seulement les sacrifices manquants.
Le sang de l’un de ses sacrifices a déjà été aspergé puis le nazir devient impur. Rabbi Eliezer dit qu’il annule tout le compte terminal et doit recommencer selon son analyse. Les sages disent qu’il apporte les autres sacrifices après purification et achève la procédure. Ils citent Miriam de Tarmod : après l’aspersion d’un des sangs, on lui annonça que sa fille était dangereusement malade ; elle partit et la trouva morte, devenant impure. Les sages lui dirent d’apporter les autres sacrifices et de se purifier, sans recommencer tout le naziréat.
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