La maison de Shammaï dit qu’une consécration faite par erreur peut malgré tout être une consécration ; Hillel dit qu’elle ne l’est pas. Exemple : « Le premier bœuf noir qui sortira de ma maison sera consacré. » Si un bœuf blanc sort d’abord, Shammaï estime qu’une consécration peut néanmoins s’attacher selon l’intention globale ; Hillel refuse puisque la condition explicitement formulée n’est pas réalisée.
Mishnah · Nashim · Nazir
Mishnah Nazir — chapitre 5
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.
Même débat : « Le premier dinar d’or qui me viendra en main sera consacré », mais il reçoit d’abord un dinar d’argent ; ou « le premier tonneau de vin », mais il prend un tonneau d’huile. Shammaï maintient une consécration dans la logique de l’erreur ; Hillel dit qu’il n’y a pas de consécration puisque l’objet nommé n’est pas celui qui s’est présenté.
Quelqu’un a pris un naziréat puis consulte un sage. Si le sage refuse l’annulation, il compte le naziréat depuis le moment où il l’a prononcé. Si le sage l’annule, un animal déjà désigné pour les sacrifices perd sa consécration et retourne au troupeau. Hillel demande à Shammaï : n’est-ce pas une consécration qui reposait sur une erreur et disparaît pourtant ? Shammaï répond par le cas de la dîme du bétail : celui qui appelle par erreur le neuvième « dixième », le dixième « neuvième » et le onzième « dixième » peut sanctifier plusieurs animaux. Hillel répond que ce résultat vient d’une règle biblique spécifique de la dîme et non du simple fait qu’une erreur sanctifierait tout objet.
Quelqu’un prend le naziréat en pensant disposer d’un animal nécessaire à ses sacrifices ; lorsqu’il va le chercher, il découvre qu’il avait déjà été volé. S’il avait prononcé le vœu avant le vol, il demeure nazir : l’événement nouveau n’annule pas rétroactivement son engagement. S’il avait prononcé le vœu après le vol mais en ignorant celui-ci, l’erreur existait déjà à la racine et peut annuler le vœu. Nahoum le Mède se trompa sur ce principe lorsque des naziréens arrivèrent de l’exil après la destruction du Temple. Il leur demanda s’ils auraient fait leur vœu en sachant le Temple détruit ; ils répondirent non, et il les libéra. Les sages rectifièrent : celui qui avait pris le naziréat avant la destruction reste nazir, car la destruction fut un événement nouveau ; celui qui l’avait pris après la destruction dans l’ignorance pouvait invoquer une erreur déjà existante.
Des hommes marchent sur la route et voient quelqu’un venir vers eux. L’un dit : « Je serai nazir si c’est untel », un autre : « si ce n’est pas untel » ; d’autres ajoutent des conditions : « si l’un de vous est nazir », « si aucun ne l’est », « si vous deux l’êtes », « si vous tous l’êtes ». La maison de Shammaï considère que tous les engagements conditionnels prennent effet dans ce dispositif. La maison de Hillel ne rend nazir que celui dont la parole n’a pas été confirmée exactement selon la logique particulière de leur lecture du vœu conditionnel. Rabbi Tarfon dit qu’aucun n’est nazir, car au moment du vœu nul ne pouvait savoir avec certitude la condition sur laquelle reposait son engagement.
Si l’homme observé se retourne et disparaît avant qu’on puisse l’identifier, l’opinion anonyme considère qu’aucun naziréat certain ne peut être établi. Rabbi Shimon propose une formulation conditionnelle qui évite le doute : « Si les faits correspondaient à mes paroles, mon naziréat est obligatoire ; sinon, qu’il soit un naziréat volontaire. »
Quelqu’un voit un koy, animal dont le classement exact entre bête domestique et bête sauvage est douteux, et prononce successivement : « Je suis nazir si ceci est une bête sauvage », « si ce n’en est pas une », « si c’est un animal domestique », « si ce n’en est pas un », « si c’est à la fois l’un et l’autre », « si ce n’est ni l’un ni l’autre » ; d’autres personnes ajoutent encore des conditions portant sur les déclarants. Parce que chacune des formulations rencontre un aspect du doute juridique entourant le koy, la Mishnah considère ici que tous deviennent naziréens.
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