Si les habitants d’une ville vendent la place publique, ils achètent avec son prix une synagogue. S’ils vendent une synagogue, ils achètent une arche. S’ils vendent une arche, ils achètent des enveloppes de rouleaux ; celles-ci, des livres ; des livres, un rouleau de Torah. On ne descend pas dans l’échelle inverse de sainteté. La même règle vaut pour les surplus d’argent. Rabbi Yehouda dit qu’on ne vend pas un bien communautaire à un particulier, car on diminuerait sa sainteté. On lui objecta qu’alors on ne pourrait pas non plus le vendre d’une grande ville à une petite.
Note philologique. Le passage établit une hiérarchie de sainteté entre place publique, synagogue, arche, enveloppes, livres et rouleau de Torah.
Rabbi Meïr dit qu’on ne vend une synagogue qu’à condition de pouvoir la reprendre si la communauté le souhaite. Les sages permettent une vente définitive, sauf pour certains usages dégradants : bain public, tannerie, lieu d’immersion ou latrines. Rabbi Yehouda dit : on peut la vendre comme simple cour, puis l’acheteur en fait ce qu’il veut.
Rabbi Yehouda dit encore : une synagogue détruite conserve sa sainteté. On n’y prononce pas d’éloge funèbre, on n’y tresse pas des cordes, on n’y tend pas de pièges, on n’étend pas de fruits sur son toit et on ne l’utilise pas comme raccourci. Si des herbes y poussent, on ne les arrache pas, afin que l’aspect abandonné suscite le souvenir et la tristesse.
Si Rosh Hodesh Adar tombe un sabbat, on lit la section des shekels. S’il tombe en semaine, on avance cette lecture au sabbat précédent puis on interrompt l’ordre régulier au sabbat suivant. Le deuxième sabbat, on lit « Souviens-toi » ; le troisième, la vache rousse ; le quatrième, « Ce mois-ci sera pour vous ». Au cinquième, on revient au cycle normal. Les lectures ordinaires sont également interrompues pour les nouvelles lunes, Hanoucca, Pourim, les jeûnes, les maamadot et Yom Kippour.
À Pessah on lit la section des fêtes dans le Lévitique. À Shavouot : « Sept semaines ». À Rosh Hashanah : la section du premier jour du septième mois. À Yom Kippour : « Après la mort ». Au premier jour de Soukkot : la section des fêtes du Lévitique ; les autres jours, les sacrifices de la fête dans les Nombres.
À Hanoucca, on lit la section des princes ; à Pourim, « Amalec vint » ; aux nouvelles lunes, « Aux commencements de vos mois » ; lors des maamadot, les récits de la création ; lors des jeûnes, les bénédictions et malédictions. On ne divise pas la lecture des malédictions entre plusieurs lecteurs : une seule personne lit l’ensemble. Le lundi, le jeudi et le sabbat à Minha, on lit dans l’ordre hebdomadaire sans que ces lectures soient déduites du nombre des sections du sabbat suivant. Les temps fixés doivent être lus chacun dans sa saison.