Comment les témoins deviennent-ils zomemim ? S’ils témoignent qu’Untel est fils d’une femme divorcée ou d’une femme ayant subi la halitsa, on ne leur impose pas de devenir eux-mêmes de ce statut à sa place ; ils reçoivent quarante coups selon le régime du texte. S’ils témoignent qu’Untel est condamné à l’exil, ils ne partent pas en exil à sa place ; ils reçoivent quarante coups. S’ils témoignent qu’Untel a divorcé sa femme sans lui payer sa ketouba, alors qu’il aurait de toute façon dû finir par la payer, on évalue la valeur actuelle de cette ketouba en fonction du risque qu’elle devienne payable par divorce ou veuvage, ou qu’au contraire le mari en hérite si elle meurt avant lui. S’ils témoignent qu’Untel doit mille zouz à son prochain payables dans trente jours, alors qu’il affirme disposer de dix ans, on évalue la valeur de l’avantage financier représenté par la différence entre un paiement sous trente jours et un paiement dans dix ans.
Mishnah · Nezikin · Makkot
Mishnah Makkot — chapitre 1
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Provenance : texte hébreu de la Mishnah via Wikisource hébraïque, copie figée le 19 septembre 2026. La page source et ses conditions de réutilisation restent la référence de provenance. Aucune traduction moderne n’a servi de pivot.
S’ils témoignent qu’Untel doit deux cents zouz à son prochain et sont ensuite reconnus comme zomemim, Rabbi Meïr dit qu’ils reçoivent à la fois les coups et le paiement, car les deux sanctions proviennent de fondements juridiques différents. Les sages disent : celui qui paie ne reçoit pas les coups pour la même affaire.
S’ils témoignent qu’Untel est passible de quarante coups et sont reconnus zomemim, Rabbi Meïr dit qu’ils reçoivent quatre-vingts coups : quarante pour « tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain » et quarante pour « vous lui ferez comme il avait projeté de faire à son frère ». Les sages disent qu’ils ne reçoivent que quarante coups. Lorsqu’une condamnation pécuniaire doit être reportée sur plusieurs faux témoins, la somme se partage entre eux ; les coups, eux, ne se divisent pas : si leur faux témoignage aurait valu quarante coups, chacun reçoit la peine entière.
Les témoins ne deviennent zomemim que si la réfutation porte sur leur propre présence au lieu et au moment allégués. S’ils disent : « Nous avons vu Untel tuer », et d’autres répondent : « La victime était avec nous ailleurs » ou « l’accusé était avec nous ailleurs », le premier groupe n’est pas encore techniquement zomemim. Mais si les nouveaux témoins disent : « Comment pouvez-vous témoigner ? Vous étiez avec nous ce jour-là à tel autre endroit », alors le premier groupe est qualifié de zomemim et subit le régime correspondant.
Si un groupe vient réfuter le premier, puis un autre groupe réfute celui-là, et ainsi de suite, même cent groupes peuvent être concernés selon le premier avis. Rabbi Yehouda dit qu’une telle succession devient suspecte et qu’on ne met à mort que le premier groupe.
Des témoins zomemim ne sont mis à mort que si le jugement contre l’accusé avait déjà été conclu, mais avant son exécution. Les Sadducéens disaient qu’il fallait attendre que l’accusé ait effectivement été mis à mort, en s’appuyant sur « vie pour vie ». Les sages répondent : il est aussi écrit « vous lui ferez comme il avait projeté de faire à son frère », ce qui suppose que son frère est encore vivant. « Vie pour vie » vient donc exclure une mise à mort des faux témoins avant la conclusion du jugement.
La Torah dit : « Sur la parole de deux témoins ou de trois témoins le condamné sera mis à mort. » Si deux suffisent, pourquoi mentionner trois ? Pour assimiler trois à deux : de même que trois peuvent rendre deux zomemim, deux peuvent rendre trois zomemim. Et même cent témoins peuvent être ainsi réfutés. Rabbi Shimon dit : de même que les deux ne sont mis à mort que si tous deux sont rendus zomemim, trois ne le sont que si tous les trois le sont ; la même règle vaut pour cent. Rabbi Aqiva dit que le troisième témoin a surtout été ajouté pour montrer que celui qui s’associe à des transgresseurs reçoit le même régime qu’eux ; à plus forte raison, celui qui s’associe à ceux qui accomplissent un commandement reçoit une récompense avec eux.
De même que, parmi deux témoins, si l’un est proche parent ou juridiquement inapte le témoignage est annulé, ainsi en va-t-il de trois, et même de cent selon le texte. Rabbi Yossi limite cette règle aux affaires capitales ; dans les affaires pécuniaires, le témoignage peut subsister par les autres. Rabbi Yehouda l’étend aux deux domaines lorsque les témoins ont réellement participé comme groupe au témoignage ; sinon, on ne peut pas invalider tous ceux qui ont simplement vu l’événement, comme deux frères qui auraient assisté ensemble à un meurtre.
Deux témoins voient un acte depuis une fenêtre et deux autres depuis une autre, avec une personne au milieu qui avertit l’auteur. Si une partie des témoins peut voir l’autre partie, ils forment un seul témoignage. Sinon, ce sont deux témoignages distincts. Par conséquent, si l’un des groupes est rendu zomem, l’accusé et ce groupe subissent les conséquences prévues tandis que l’autre groupe reste distinct. Rabbi Yossi dit qu’une personne ne peut être mise à mort que si ses deux témoins eux-mêmes l’ont avertie, d’après « sur la parole de deux témoins ». Une autre lecture du même verset enseigne que le Sanhédrin ne doit pas entendre le témoignage par l’intermédiaire d’un interprète.
Une personne dont le jugement a été conclu et qui s’est enfuie puis revient devant le même tribunal n’obtient pas un nouveau procès. Partout où deux témoins attestent qu’Untel a été condamné par tel tribunal et nomment ses témoins, le jugement peut être exécuté selon le texte. Le Sanhédrin fonctionne en terre d’Israël et hors de la terre d’Israël dans le cadre décrit. Un Sanhédrin qui met à mort une personne une fois en sept ans est qualifié de destructeur ; Rabbi Éléazar ben Azaria dit : une fois en soixante-dix ans. Rabbi Tarfon et Rabbi Aqiva disent : si nous avions siégé au Sanhédrin, personne n’aurait jamais été exécuté. Rabban Shimon ben Gamliel répond qu’une telle attitude aurait aussi pu augmenter le nombre de meurtriers en Israël.
Passerelles
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