Celui qui fait passer des figues par sa cour afin de les sécher : ses enfants et les membres de sa maison peuvent en manger sans dîme. Ses ouvriers aussi, s’il ne leur doit pas leur nourriture. S’il doit les nourrir, ils ne peuvent en manger sans prélèvement.
Mishnah · Zeraïm · Maaserot
Mishnah Maaserot — chapitre 3
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.
Celui qui envoie ses ouvriers au champ : s’il ne leur doit pas leur nourriture, ils peuvent manger sans dîme. S’il la leur doit, ils peuvent manger des figues une par une directement de l’arbre, mais non depuis un panier, une corbeille ou un dépôt.
Celui qui engage un ouvrier pour travailler aux olives et lui dit qu’il peut en manger : il en mange une par une sans dîme ; s’il les rassemble, il devient soumis. Celui qui travaille à désherber des oignons et reçoit l’autorisation de manger des légumes peut détacher feuille après feuille ; s’il les réunit, il est soumis.
Des morceaux de figues sèches trouvés sur le chemin, même près d’un champ où l’on en prépare, ou des figues tombées sous un figuier qui penche sur le chemin, sont libres de tout soupçon de vol et exemptes des dîmes. Pour des olives ou des caroubes trouvées de la même manière, on les considère toutefois comme soumises. Des figues sèches trouvées sont soumises si la majorité des gens de la région les ont déjà tassées ; sinon, exemptes. Des morceaux de galettes de figues sont soumis, car ils proviennent manifestement d’un produit achevé. Pour les caroubes, avant qu’on ne les rassemble sur le toit, on peut encore en descendre pour les donner aux animaux sans dîme, car le surplus peut être remis dans le tas.
Quelle cour fixe l’obligation des dîmes ? Rabbi Yishmaël dit : une cour de type tyrien, où les objets laissés sont gardés. Rabbi Aqiva dit : une cour que plusieurs personnes peuvent ouvrir et fermer reste exempte. Rabbi Nehemia dit : une cour où une personne n’aurait pas honte de manger est soumise. Rabbi Yossi dit : une cour dans laquelle on entre sans qu’on vous demande « que cherchez-vous ? » est exempte. Rabbi Yehouda dit : lorsque deux cours sont l’une derrière l’autre, l’intérieure est soumise et l’extérieure exempte.
Les toits sont exempts, même ceux d’une cour soumise. Une loge d’entrée, un portique et une galerie suivent le statut de la cour : si la cour est soumise, ils le sont ; si elle est exempte, ils le sont.
Les cabanes, postes de garde et abris temporaires sont exempts. Une cabane de Gennésareth est exempte même si elle contient des meules et des volailles. Dans une cabane de potiers à deux espaces, l’intérieur est soumis et l’extérieur exempt. Rabbi Yossi dit : toute construction qui ne sert pas d’habitation aussi bien en été qu’en saison des pluies est exempte. Une soukka utilisée pendant la fête : Rabbi Yehouda la soumet, les sages l’exemptent.
Un figuier situé dans une cour : on peut manger les figues une à une sans dîme ; si on les rassemble, on devient soumis. Rabbi Shimon dit : on peut en prendre une dans la main droite, une dans la gauche et une dans la bouche. Si l’on monte dans l’arbre, on peut remplir son giron et manger.
Pour une vigne plantée dans une cour, Rabbi Tarfon permet de prendre une grappe entière ; de même pour une grenade ou une pastèque. Rabbi Aqiva dit : on détache les raisins grain par grain, la grenade arille par arille, la pastèque morceau par morceau. Pour de la coriandre semée dans la cour, on détache feuille après feuille ; si on les réunit, on est soumis. La siah, l’hysope et la qoranit poussant dans la cour sont soumises si elles sont gardées comme culture.
Un figuier enraciné dans la cour mais dont les branches penchent vers le jardin : on peut manger normalement du côté du jardin. S’il est enraciné dans le jardin et penche vers la cour, on mange une figue à la fois sans dîme ; si on les réunit, on est soumis. Pour un arbre enraciné en terre d’Israël et penchant hors du pays, ou inversement, on suit la racine. Dans les maisons des villes fortifiées, on suit la racine ; dans les villes de refuge, on suit la ramure ; à Jérusalem aussi, on suit la ramure.
Passerelles
Pour situer, approfondir ou revenir au texte.