Le lien matrimonial d’une femme se forme de trois manières, et elle retrouve son indépendance matrimoniale de deux manières. Il se forme par argent, par acte écrit ou par union sexuelle. Pour l’argent, la maison de Shammaï exige un dinar ou sa valeur ; la maison de Hillel, une perouta ou sa valeur. Combien vaut une perouta ? Un huitième d’un issar italien. Elle retrouve son indépendance par un acte de divorce ou par la mort du mari. La belle-sœur soumise au lévirat est liée par l’union sexuelle ; elle est libérée par la halitsa ou par la mort du lévir.
Mishnah · Nashim · Kiddushin
Mishnah Kiddushin — chapitre 1
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Provenance : Torat Emet 357 via une copie locale figée issue de Sefaria. Traduction française originale établie directement sur l’hébreu ; aucune traduction moderne n’a servi de pivot.
Un esclave hébreu s’acquiert par argent ou par acte écrit ; il recouvre sa liberté au terme des années de service, au Jubilé ou par remboursement du solde de son prix. La servante hébraïque possède en plus la possibilité de sortir lorsque paraissent les signes de maturité. Celui dont l’oreille a été percée est acquis par ce percement et recouvre sa liberté au Jubilé ou à la mort du maître.
Un esclave cananéen s’acquiert par argent, par acte écrit ou par prise de possession. Selon Rabbi Meïr, il recouvre sa liberté par de l’argent remis par d’autres ou par un acte qu’il reçoit lui-même. Les sages disent : par de l’argent qui lui est remis à lui-même, ou par un acte reçu par d’autres, à condition que l’argent provienne d’autrui.
Le gros bétail s’acquiert par remise, et le petit bétail par soulèvement, selon Rabbi Meïr et Rabbi Éliézer. Les sages disent que le petit bétail s’acquiert par traction.
Les biens immobiliers s’acquièrent par argent, par acte écrit ou par prise de possession. Les biens mobiliers ne s’acquièrent que par traction. Des biens mobiliers peuvent être acquis avec des biens immobiliers par argent, par acte écrit ou par prise de possession. Ils peuvent aussi entraîner, avec les biens immobiliers, l’obligation de prêter serment à leur sujet.
Tout objet pouvant servir de valeur d’échange pour un autre oblige, dès que l’un des contractants en a pris possession, l’autre à livrer la contrepartie. Ainsi, si l’on échange un taureau contre une vache ou un âne contre un taureau, l’acquisition de l’un oblige l’autre à remettre ce qui a été échangé. Pour ce qui appartient au Très-Haut, l’effet juridique se produit par l’argent ; pour un particulier, par la prise de possession. Une simple déclaration en faveur du Très-Haut vaut comme la remise effective à un particulier.
Les devoirs qu’un père a envers son fils obligent les hommes et non les femmes ; les devoirs qu’un enfant a envers son père obligent aussi bien les hommes que les femmes. Pour les commandements positifs liés à un moment déterminé, les hommes sont obligés et les femmes exemptées ; pour les commandements positifs qui ne dépendent pas d’un moment déterminé, hommes et femmes sont obligés. Les interdictions valent pour les hommes comme pour les femmes, qu’elles dépendent ou non du temps, sauf l’interdiction de détruire les coins de la barbe, de raser les tempes et, pour les prêtres, de se rendre impur au contact des morts.
L’imposition des mains, les mouvements d’offrande, la présentation à l’autel, la prise de la poignée de farine, la combustion sur l’autel, la rupture de la nuque des oiseaux, les aspersions et la réception du sang sont des rites accomplis par les hommes et non par les femmes, sauf pour l’offrande de la sota et celle de la naziréenne, où les femmes effectuent le mouvement d’offrande.
Tout commandement dépendant de la terre ne s’applique que dans le pays ; tout commandement qui n’en dépend pas s’applique aussi bien dans le pays qu’en dehors, à l’exception de l’orla et des mélanges interdits. Rabbi Éliézer ajoute aussi l’interdiction du grain nouveau.
Celui qui accomplit un commandement reçoit du bien, voit ses jours prolongés et hérite du pays ; celui qui n’accomplit pas ce commandement ne reçoit pas ce bien, ne voit pas ses jours prolongés et n’hérite pas du pays. Celui qui est versé dans l’Écriture, dans la Mishnah et dans une conduite convenable ne tombe pas facilement dans le péché, car il est dit : « Le cordon triple ne se rompt pas vite. » Celui qui n’a ni Écriture, ni Mishnah, ni conduite convenable n’appartient pas pleinement à la vie civilisée.
Passerelles
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