Mishnah · Nashim · Ketubot

Mishnah Ketubot — chapitre 6

Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.

S0 · édition évolutive7 mishnayotHébreu · français

Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.

Ketubot 6,1
מְצִיאַת הָאִשָּׁה וּמַעֲשֵׂה יָדֶיהָ, לְבַעְלָהּ. וִירֻשָּׁתָהּ, הוּא אוֹכֵל פֵּרוֹת בְּחַיֶּיהָ. בָּשְׁתָּהּ וּפְגָמָהּ, שֶׁלָּהּ. רַבִּי יְהוּדָה בֶן בְּתֵירָא אוֹמֵר, בִּזְמַן שֶׁבַּסֵּתֶר, לָהּ שְׁנֵי חֲלָקִים, וְלוֹ אֶחָד. וּבִזְמַן שֶׁבַּגָּלוּי, לוֹ שְׁנֵי חֲלָקִים, וְלָהּ אֶחָד. שֶׁלּוֹ, יִנָּתֵן מִיָּד. וְשֶׁלָּהּ, יִלָּקַח בָּהֶן קַרְקַע, וְהוּא אוֹכֵל פֵּרוֹת:

Les objets trouvés par l’épouse et les revenus de son travail reviennent au mari selon le régime patrimonial ancien ; sur les biens qu’elle hérite, il a droit aux fruits pendant sa vie sans devenir propriétaire du capital. Les indemnités pour sa honte ou son dommage corporel lui appartiennent selon l’opinion anonyme. Rabbi Yehouda ben Betera partage certaines de ces indemnités entre elle et son mari selon que l’atteinte est cachée ou publique ; la part de l’épouse est investie en terrain dont le mari perçoit les fruits.

Ketubot 6,2
הַפּוֹסֵק מָעוֹת לַחֲתָנוֹ, וּמֵת חֲתָנוֹ, אָמְרוּ חֲכָמִים, יָכוֹל הוּא שֶׁיֹּאמַר, לְאָחִיךָ הָיִיתִי רוֹצֶה לִתֵּן, וּלְךָ אִי אֶפְשִׁי לִתֵּן:

Un père s’était engagé à donner une somme à son futur gendre ; le gendre meurt et le frère devient yavam. Les sages disent que le père peut répondre : « C’est à ton frère que je voulais donner cette somme, pas nécessairement à toi. »

Ketubot 6,3
פָּסְקָה לְהַכְנִיס לוֹ אֶלֶף דִּינָר, הוּא פוֹסֵק כְּנֶגְדָּן חֲמִשָּׁה עָשָׂר מָנֶה. וּכְנֶגֶד הַשּׁוּם, הוּא פוֹסֵק פָּחוֹת חֹמֶשׁ. שׁוּם בְּמָנֶה וְשָׁוֶה מָנֶה, אֵין לוֹ אֶלָּא מָנֶה. שׁוּם בְּמָנֶה, הִיא נוֹתֶנֶת שְׁלֹשִׁים וְאֶחָד סֶלַע וְדִינָר. וּבְאַרְבַּע מֵאוֹת, הִיא נוֹתֶנֶת חֲמֵשׁ מֵאוֹת. מַה שֶּׁחָתָן פּוֹסֵק, הוּא פוֹסֵק פָּחוֹת חֹמֶשׁ:

Une femme s’engage à apporter mille dinars de dot ; le mari inscrit en contrepartie une valeur supérieure selon les conventions matrimoniales anciennes. Pour les biens évalués en nature, il inscrit une valeur réduite d’un cinquième afin de tenir compte des évaluations gonflées. Le passage donne plusieurs exemples comptables de ces pratiques de dot et d’évaluation.

Ketubot 6,4
פָּסְקָה לְהַכְנִיס לוֹ כְסָפִים, סֶלַע כֶּסֶף נַעֲשֶׂה שִׁשָּׁה דִינָרִים. הֶחָתָן מְקַבֵּל עָלָיו עֲשָׂרָה דִינָרִין לַקֻּפָּה, לְכָל מָנֶה וּמָנֶה. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר, הַכֹּל כְּמִנְהַג הַמְּדִינָה:

Lorsqu’elle apporte de l’argent liquide, le calcul matrimonial peut porter un sela à six dinars selon la convention. Le mari accepte aussi une obligation supplémentaire de dix dinars pour la caisse ou les dépenses personnelles par maneh apportée. Rabban Shimon ben Gamliel conclut que ces évaluations suivent l’usage local.

Ketubot 6,5
הַמַּשִּׂיא אֶת בִּתּוֹ סְתָם, לֹא יִפְחֹת לָהּ מֵחֲמִשִּׁים זוּז. פָּסַק לְהַכְנִיסָהּ עֲרֻמָּה, לֹא יֹאמַר הַבַּעַל כְּשֶׁאַכְנִיסָהּ לְבֵיתִי אֲכַסֶּנָּה בִכְסוּתִי, אֶלָּא מְכַסָּהּ וְעוֹדָהּ בְּבֵית אָבִיהָ. וְכֵן הַמַּשִּׂיא אֶת הַיְתוֹמָה, לֹא יִפְחֹת לָהּ מֵחֲמִשִּׁים זוּז. אִם יֵשׁ בַּכִּיס, מְפַרְנְסִין אוֹתָהּ לְפִי כְבוֹדָהּ:

Celui qui marie sa fille sans avoir fixé de dot ne lui donne pas moins de cinquante zouz de vêtements et équipement. S’il avait promis de la remettre sans vêtements, le mari ne peut pas attendre son arrivée chez lui pour l’habiller : le père doit l’habiller avant qu’elle quitte sa maison. La communauté qui marie une orpheline lui fournit elle aussi au moins cinquante zouz ; si le fonds de charité est plus riche, on la dote conformément à sa dignité.

Ketubot 6,6
יְתוֹמָה שֶׁהִשִּׂיאַתָּה אִמָּהּ אוֹ אַחֶיהָ מִדַּעְתָּהּ, וְכָתְבוּ לָהּ בְּמֵאָה אוֹ בַחֲמִשִּׁים זוּז, יְכוֹלָה הִיא מִשֶּׁתַּגְדִּיל לְהוֹצִיא מִיָּדָן מַה שֶּׁרָאוּי לְהִנָּתֵן לָהּ. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, אִם הִשִּׂיא אֶת הַבַּת הָרִאשׁוֹנָה, יִנָּתֵן לַשְּׁנִיָּה כְדֶרֶךְ שֶׁנָּתַן לָרִאשׁוֹנָה. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים, פְּעָמִים שֶׁאָדָם עָנִי וְהֶעֱשִׁיר אוֹ עָשִׁיר וְהֶעֱנִי, אֶלָּא שָׁמִין אֶת הַנְּכָסִים וְנוֹתְנִין לָהּ:

Une orpheline a été mariée avec son consentement par sa mère ou ses frères, qui lui ont attribué une petite dot. Devenue majeure, elle peut réclamer aux biens paternels la part qui aurait dû normalement lui être attribuée. Rabbi Yehouda propose de prendre comme référence la dot donnée par le père à une sœur aînée. Les sages répondent que la fortune familiale peut avoir changé : on évalue donc les biens et les usages au moment pertinent.

Ketubot 6,7
הַמַּשְׁלִישׁ מָעוֹת לְבִתּוֹ, וְהִיא אוֹמֶרֶת נֶאֱמָן בַּעְלִי עָלָי, יַעֲשֶׂה הַשָּׁלִישׁ מַה שֶׁהֻשְׁלַשׁ בְּיָדוֹ, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר, וְכִי אֵינָהּ אֶלָּא שָׂדֶה וְהִיא רוֹצָה לְמָכְרָהּ, הֲרֵי הִיא מְכוּרָה מֵעַכְשָׁיו. בַּמֶּה דְבָרִים אֲמוּרִים, בִּגְדוֹלָה. אֲבָל בִּקְטַנָּה, אֵין מַעֲשֵׂה קְטַנָּה כְלוּם:

Un père remet de l’argent à un tiers pour sa fille en donnant des instructions précises, tandis qu’elle dit : « J’ai confiance en mon mari. » Rabbi Meïr oblige le tiers à suivre les instructions du père. Rabbi Yossi compare l’argent à un terrain qui, une fois la fille majeure, pourrait être vendu par elle : il considère donc qu’elle peut disposer du bien. Le débat concerne une majeure ; les actes patrimoniaux d’une mineure ne produisent pas le même effet.

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